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Gilbert-Togbonon2L’une des promesses phares de campagne de Patrice Talon, était de faire la politique autrement. Beaucoup de Béninois, sachant ce que cet opérateur économique s’est faire tout seul, ont espéré qu’il imprime l’intégrité et la morale à la gestion de la chose publique. Le retour de l’affaire Icc sous les feux de la rampe, permettra aux Béninois de se convaincre définitivement qu’il est l’homme de la situation.

L’actualité nationale risque de s’agiter un peu plus  les prochaines semaines avec la résurgence de l’affaire Icc-services. La Criet devrait s’en saisir à partir du 17 décembre 2018. On sait que,  c’est l’un des dossiers scandaleux les plus sales de la gestion des Fcbe et qui ale plus secoué le régime du Prince de Tchaourou. Dans cette affaire qui ressemble purement et simplement à du gangstérisme organisé, les deniers de nombreux Béninois étaient partis en fumée. A l’issue de cette rocambolesque histoire qui avait duré quatre années au moins, 15O 000 clients de Icc-services ont placé leurs économies, espérant avoir des gains extraordinaires. Depuis que cette affaire a défrayé la chronique en 2011, l’eau a coulé sous le pont et les responsabilités n’ont été jamais situées. Toute la partie visible de l’iceberg, a été le mémorandum commis par l’ex-Procureur général Amoussou. Il y a donné sa version des faits, écornant sérieusement au passage le pouvoir d’Etat. Ministre de l’intérieur à l’époque, Armand Zinzindohoué, a lui aussi livré sa part de vérité, mettant en cause également le régime d’alors.  Et plus rien. On avait, entre-temps, espéré que l’Agent judiciaire du Trésor, Séverin Lawson puisse aider à recenser les biens des protagonistes et dédommager les spoliés. Mais, rien n’y fit. Le flou total persiste autour de cette nébuleuse. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme pourra-t-elle aider à y voir un peu plus clair. Ce qui est sûr,  Icc-services n’a pas pu prospérer sans des failles ou complicités au sommet de l’Etat. Peut-être que la Criet n’aidera pas à y voir aussi loin. Mais, tout au plus, le citoyen lambda cherche à comprendre ce qui s’est passé, et ce qui est advenu des près de 150 milliards de francs Cfa selon l’enquête diligentée par la Banque mondiale. Ce qui est sûr, le régime Talon n’a pas habitué les Béninois à l’impunité, et la kyrielle de crimes économiques commis sous le régime Fcbe ne restera pas impunie. Il en va de crédibilité des hommes politiques.

Jean-Paul Mahugnon