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talon-pLe paysage politique béninois sera clarifié les jours à venir. De grands blocs de partis politiques sont annoncés.

Le système partisan béninois est une machine très lourde. A la date d’aujourd’hui, le Bénin compte plus de 250 partis politiques enregistrés au ministère de l’Intérieur. L’objectif de ces regroupements politiques est de  participer à l’animation de la vie politique nationale. Malheureusement, le nombre pléthorique des partis politiques aujourd’hui ne permet pas d’évaluer l’impact de leurs actions sur le terrain. Beaucoup d’entre eux n’ont pas une idéologie à l’instar des grandes formations politiques sous d’autres cieux. D’ailleurs, sur l’échiquier politique national, on ne sent pas l’influence de cette machine lourde sur la vie politique. Des 250 partis, seulement 10 sont actifs sur le terrain et le reste se cherche. Certains sont mort-nés, mais sont ressuscités le jour de leur enterrement. Pas de chefs de parti, et aucun  président de la République issu d’un parti politique depuis l’ère du Renouveau démocratique ! Bref, le système partisan au Bénin n’est pas au top de sa forme.Chaque jour que Dieu fait, des partis continuent d’être créés. Chaque région, voire chaque village veut avoir son parti. L’ambition du président Patrice Talon est d’assainir ce paysage politique béninois, avec un système partisan performant, apte à répondre aux exigences du moment, nonobstant l’option  du multipartisme intégral, mentionné dans la loi fondamentale. Ce n’est pas pour autant qu’il faille créer 1000 partis pour le petit pays qu’est le Bénin. Il y a longtemps que 4/5 des 250 environs de partis existant au Bénin ne respectent plus les clauses contenus dans la charte des partis politiques du 21 février 2003. Selon les dispositions de ladite charte « Tout parti politique doit respecter un certain nombre de critères à savoir: promouvoir et défendre des projets de société et des programmes politiques dans le cadre de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 ; dans leur vocation de conquérir le pouvoir d’État ou de participer à la représentation du peuple au niveau local et national. Les partis politiques doivent contribuer à la formation de la volonté politique et à l’expression du suffrage universel par des moyens démocratiques et pacifiques ; avoir un nombre de membres fondateurs d’au moins trois par région administrative, soit 120 au total.Un parti politique perd son statut juridique s’il ne présente pas, seul ou en alliance, de candidats à deux élections législatives consécutives », etc. Les deux ou cinq partis d’envergure nationale qui émergent ont, d’année en année, perdu leur cote de popularité, réduisant le nombre de députés obtenus, et perdant des sièges dans les circonscriptions dans lesquelles ils faisaient des percées. Il urge donc de réformer.

 De nouveaux blocs

 Pour toute réforme, il y a toujours des sacrifices à faire. C’est ce à quoi nous allons assister les jours à venir, lorsque la nouvelle charte sera votée. Le Président de l’Assemblée nationale, lors de son discours d’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2018, avait fait allusion à de tels changements : « Notre session, la première de l’année 2018, est une session capitale, à un an des prochaines élections législatives. Ouverte pour se pencher essentiellement sur les dossiers qui engagent l’avenir de notre démocratie, notamment la réforme du système partisan (…) C’est donc clair que l’ancienne charte, celle de 2003, sera mise sur tapis et les dispositions qui permettent la floraison des partis politiques sans boussole, seront revisitées. Les micros ou pseudo-partis vont laisser place à de grands ensembles. Selon les réformes envisagées, il y aura, à l’avenir, quatre grands blocs de partis politiques sur l’échiquier national. L’analyse de la perspicacité des partis actuellement actifs donnera pour le Bloc 1 : l’And, Bloc 2 Prd, Bloc 3 Abt, Bloc 4 Un-Rb. Ces 4 blocs seront comme des hélix autour desquels vont graviter les autres partis selon leur choix. Avec cette réforme, le système partisan béninois écrira ses lettres de noblesse.

 Martin Aïhonnou

(Coll)