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Patrice-Talon2018On savait que la réforme du système partisan, telle que voulue par le président de la République, ne se fera pas sans difficultés. Après la suspension des discussions par le Parti du renouveau démocratique (Prd), l’arbitrage du chef de l’Etat, Patrice Talon, est vivement attendu.
Depuis que le communiqué du Prd a émaillé les réseaux sociaux, les regards sont tournés vers Patrice Talon. Il est notamment attendu de lui, de trouver les  mots rassembleurs idoines et approriés, pour ramener les uns et les autres à la raison dans le camp républicain. En effet, si tout semble aller pour le mieux au niveau du Bloc progressiste, depuis quelques semaines, l’autre bloc semblait miné par des dissensions et querelles byzantines. La perfection n’étant pas de ce monde, on savait que la mise en place des blocs serait laborieuse. Mais, l’histoire et surtout le chef de l’Etat, semblent condamner la classe politique béninoise au regroupement. Mais, vu la dernière actualité du  Prd, selon toutes vraisemblances, les congrès constitutifs des deux grands blocs ne se tiendront plus le weekend prochain. Prévu pour les 23 et 24 novembre, le congrès constitutif du bloc progressiste est reporté au vendredi 30 novembre et celui du bloc républicain, reporté au samedi 1er décembre 2018. Ce sont, selon un analyste, des reports stratégiques, histoire de bien peaufiner les tactiques mises en œuvre, mais surtout pour profiter du temps pour colmater les brèches. Car, nul n’ignore que dans la constitution des blocs, les discussions sont ardues. La raison en simple : les différents partis se regroupant actuellement sous la bannière du chef de l’Etat,  viennent d’horizons divers et ont différentes histoires. C’est pourquoi,  la suspension de la participation du Prd aux discussions préalables à la constitution du Bloc républicain ne devrait pas étonner. D’ailleurs, le parti réitère,  mordicus, son soutien aux actions du chef de l’Etat.Certes, l’histoire du « logo » a miné les discussions, et renforcé les clivages. Mais, au-delà, rien de définitif et d’irrémédiable n’est encore fait. La direction du Prd, sentant et craignant d’être laissée sur le quai de l’histoire, a d’ailleurs  tôt fait de se défendre et en a appelé à l’arbitrage du chef de l’Etat. « Le PRD se retire provisoirement du processus de création du bloc « Républicain … Le PRD soutient l’action du Gouvernement du Président Talon, et est membre du Bloc de la Majorité Parlementaire », déclare le communiqué. Avant d’ajouter sans doute sous forme de prétexte : «  On constate que les accords se font et se défont, sans qu’aucun document écrit ne vienne les corroborer. Il y a là une source d’instabilité et de désordre ». Comme qui dirait, une fois encore, le parti d’Adrien Houngbédji, semble au pied du mur et ses responsabilités devant l’histoire sont immenses.

Jean-Paul Mahugnon