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benjamin-hounkpatinLe ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin était hier, jeudi 20 septembre 2018, l’invité du journal de la chaîne Tv5 monde. L’autorité ministérielle a précisé les priorités des réformes engagées dans le secteur de la santé au Bénin.

Tv5 monde : Quelle est l’axe prioritaire de votre réforme : faire des économies et de repenser le système de santé ?

 Benjamin Hounkpatin : L’axe prioritaire de notre réforme est de repenser le système de santé. Même s’il n’est pas performant, comme on le voit dans les pays occidentaux, nous avons un système sanitaire qui est très loin de la vision apocalyptique décrite par certains. Nous avons des plateaux techniques qui ne sont pas avec une couverture en infrastructures qui tourne autour de 90%, 92%. Lorsqu’on a un système sanitaire de ce type, avec ses infrastructures, il est important que les prestataires de services puissent être présents au poste pour assurer la continuité des soins aux populations.

 Cette situation inquiète beaucoup de Béninois qui estiment que l’offre est précaire. Que leur répondez-vous ?

 Nous avons engagé une réforme pour nous assurer que le personnel de santé est présent au poste. Il se fait que les fonctionnaires de l’Etat qui sont payés par le service public, vont, par des moyens détournés, officier, soit à domicile ou à travers des installations privés et personnels et, de fait, détournent les malades du secteur public. A un moment donné, les populations venaient à l’hôpital et ne trouvaient pas des prestataires pour leur offrir des services de qualité. Ainsi, le gouvernement a pris ses responsabilités et a décidé de séparer l’exercice en clientèle privée du public.

 Vous êtes d’accord que les établissements privés sont moins accessibles et  mieux lotis que ceux du public ?

 Actuellement, je peux vous garantir que le secteur public n’est pas mal loti, aussi bien en termes de ressources humaines que de ressources matérielles. C’est bien pour cela que la majorité du secteur privé est animé par les médecins du public qui malheureusement délaissaient leur travail au niveau du public pour aller s’occuper du secteur privé. La réforme hardie que nous avons engagée va permettre d’assainir l’exercice en clientèle privée, mais également de garantir la qualité des soins par les prestataires des soins qui sont des fonctionnaires de l’Etat.

 Et vous n’avez pas peur de monter les inégalités de soins entre le public et le privé ?

 Pas du tout. C’est une réforme qui profite également au secteur privé parce qu’il va se réorganiser. Concomitamment, le gouvernement s’est engagé à assainir le secteur privé par la fermeture des structures sanitaires illégales qui se sont installées tous azimuts et qui contribuent en grande majorité à la mortalité. Donc, le fait de permettre au secteur public d’avoir les prestataires, le plateau technique et d’assurer des soins de qualité aux populations et d’assainir le secteur privé va forcément contribuer à améliorer les indicateurs de notre système sanitaire.

 On sait que le Bénin est un grand pourvoyeur de médecins dans le monde, notamment en France. Est-ce qu’il y a suffisamment de médecins au Bénin aujourd’hui ?

 Il y a suffisamment de médecins au Bénin aujourd’hui. C’est vrai que dans le Programme ambitieux que le gouvernement est en train de déployer, nous avons prévu la possibilité, et ça se fera très bientôt, de la construction d’un hôpital de référence. Une fois construit, il est bien entendu que nos compatriotes pourront être sollicités parce qu’ils ont des compétences à  faire valoir pour nous appuyer au niveau de cet hôpital. Par ailleurs, le gouvernement entend construire d’autres hôpitaux, pas parce que ce n’est pas mal ce que nous avons. Mais nous comptons couvrir 100% du territoire et de ce fait, toutes les compétences seront nécessaires. Ce qui est là n’est pas mal. Il faut juste régler une question d’équité. Assurer une répartition équitable de tout le personnel qui existe et je pense que tout ira bien pour le peuple béninois.  

 Transcrits par Donald Kévin Gayet  et Mohamed Amoussa

(Stag)