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fikaraLe président du parti Mds, Sacca Fikara s’est prononcé le jeudi 3 décembre 2015, à Porto-Novo sur l’attitude du chef de l’Etat à ne pas appliquer les décisions de justice. Face à un tel comportement aux antipodes des pratiques admises dans un Etat de droit, Sacca Fikara ne comprend pas le silence de ses camarades politiques.

« Mon indignation s’exprime à l’endroit de la classe politique et de tous les démocrates engagés, pour leur silence face aux différentes dérives de l’Exécutif, notamment en matière judiciaire. Et je voudrais rappeler ici que l’une des principales cibles du président de la République, au cours de ces deux mandats, outre les acteurs politiques, a été le système judiciaire qu’il a essayé de contrôler en vain. Nous nous devons d’être solidaires avec ce dernier surtout en ces derniers moments où le pouvoir délité, semble prêt à tout. » Tel est le sentiment qui anime Sacca Fikara après avoir observé le silence que s’est imposée la classe politique suite aux décisions de justice non exécutées par le gouvernement du président Yayi Boni. Sacca Fikara rappelle que le communiqué du conseil des ministres des 23 et 25 « a balayé du revers de la main la sentence de la Ccja au sujet de l’affaire de Programme de vérification des importations. Il a récidivé devant les travailleurs de l’Ocbn (devenu Bénirail) et des représentants du Groupe Bolloré dans le dossier les opposant au Groupe Pétrolin de Samuel Dossou. »  Malgré cela, constate Fikara, pas de réaction de la classe politique. Aucun parti politique n’a réagi. « Même l’Union fait la Nation à laquelle j’appartiens », fustige l’ex député qui fait ainsi sa rentrée politique. Pour Fikara, « ce comportement du premier des Béninois doit être analysé et perçu, au-delà de la simple violation de son serment, comme un appel à la rébellion contre notre institution judiciaire et même dans cette excitation militante de son parti, les FCBE, un appel à la violence contre notre système judiciaire. » Il a saisi l’occasion pour s’adresser à certains ministres, s’il est vrai qu’ils ont décidé de se rebeller officiellement contre la décision de justice de la CCJA. « Je voudrais particulièrement adresser la question à Monsieur Lionel Zinsou, Premier ministre, s’il a pu valider les différents éléments évoqués plus tôt et énoncés dans le communiqué du Conseil des ministres ; à Monsieur François Abiola, le Professeur, l’intellectuel, s’il est solidaire de telles déclarations ; et à Madame Evelyne da Silva Ahouanto, Avocate, si elle adhère à de telles pratiques. »

 Abdourhamane Touré