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Les Fcbe en perte de vitesse

En lieu et place de regards croisés sur la gouvernance de Talon, il s’est agi de regards d’une seule et même chapelle. Les situations décriées par l’alliance Fcbe ne sont rien d’autre que des faits qui ont connu leur apothéose sous le régime Yayi. Une analyse comparative de la gouvernance Yayi et celle de la Rupture s’impose.

Lynx pour Talon et taupe pour Yayi. L’alliance Fcbe semble avoir oublié les nombreux scandales et horreurs sous l’ère de Yayi Boni. Selon l’alliance, l’acharnement contre la vision qui a prévalu dans le pays à l’ère de Yayi Boni, et la répression brutale des mouvements de protestation seraient la preuve que les actions de l’actuel président sont centrées sur sa propre personne. Apparemment, l’alliance Fcbe aurait voulu que le président Patrice Talon poursuive la gestion calamiteuse de l’ancien régime dont les preuves sont aujourd’hui palpables : concours frauduleux, faux diplômes dans l’administration, désordre dans la gestion des affaires de l’Etat, création d’institutions budgétivores…, trop de dégâts. Non seulement il faut s’acharner contre une telle vision, mais aussi en sanctionner les auteurs. Par ailleurs, les propos du président Talon tirés de l’interview avec le journal Le Monde, n’ont rien de condamnable. Il n’y a aucun dirigeant politique au monde qui agisse sans penser à son image de marque. De plus, Patrice Talon ne fait que reconnaître son génie et s’engager à le mettre au service de la nation. Quoi de plus noble ! Et parlant d’actions centrées sur soi, Yayi Boni n’a-t-il pas fait pire lorsque pour des questions personnelles, il s’est acharné contre les hommes d’affaires dont Sébastien Ajavon, Issa Salifou, El-hadj Sassif, et sans oublier  Patrice Talon, le contraignant à l’exil, faisant fermer ses usines, avec comme conséquence d’énormes manques à gagner aux « cotonculteurs », et par ricochet, à l’économie nationale juste par souci d’assouvir sa soif ? Dans un autre registre, l’alliance Fcbe s’aventure à condamner la gestion de la crise universitaire et des mouvements de protestation par le gouvernement de la Rupture.

Les Fcbe ont-elles oublié la répression sanglante de la marche estudiantine en 2015 ?

Primo, l’alliance devrait comprendre que, contrairement à l’ancien régime qui n’a d’égard pour les textes en vigueur, le gouvernement de la Rupture respecte l’autorité rectorale. Secundo, l’alliance semble avoir oublié qu’il y a eu pire sous l’ancien régime en matière de répression de mouvements syndicaux, politiques et estudiantins. Sous Yayi Boni, la gestion des troubles sociaux n’a pas toujours été faite sans atteintes aux libertés publiques. Parmi les cas les plus récents, le soulèvement populaire du lundi 4 mai 2015 lors de la tentative d’arrestation politique du député Candide Azannaï avec comme suite, le bras de fer entre les populations qui sont sorties soutenir le député contre les forces de l’ordre, la répression sanglante de la marche des syndicalistes le 27 décembre 2013 à Cotonou à la Bourse du travail par les forces de l’ordre sous l’autorité du Commissaire central de Cotonou et du Préfet Atlantique-Littoral avec un bilan lourd de blessés dans le camp des syndicalistes. Ceux-ci avaient d’ailleurs lancé un mouvement de débrayage généralisé pour exiger que les responsables  de ces atteintes aux libertés syndicales soient punis. Cette grève qui a duré plus de trois mois a provoqué une paralysie complète de l’administration, faisant ainsi courir aux élèves et étudiants le risque d’une année blanche.

L’ère Yayi: le foyer de la crise universitaire

Faut-il rappeler les réguliers bras de fer entre forces de l’ordre et étudiants. Les échauffourées au Campus universitaire d’Abomey-Calavi sous Yayi Boni étaient monnaie courante. En mai 2012, c’est un policier qui en a fait les frais. Puis, le 4 novembre 2013, alors que les étudiants protestaient contre la décision rectorale de rendre la double inscription payante, les forces de l’ordre ont semé la terreur, blessant grièvement des innocents. Depuis lors s’est instauré un antagonisme flagrant entre les autorités rectorales et les fédérations estudiantines. Un antagonisme qui s’est encore ravivé en 2015 lors de la marche de protestation contre la décision soudaine du rectorat de suspendre la session de rattrapage. Cette fois encore, le bras de fer a été caustique. Le véhicule du directeur de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature a été incendié, des modules de classes saccagés, et des étudiants ont été mis en détention. C’est ce même vent chaud que le gouvernement de Yayi Boni n’a pas su calmer qui continue de souffler sur le campus. Sur quelle base va-t-on alors condamner la gestion des mouvements de protestation par le gouvernement de la Rupture ? On peut en dire autant de la sécurité.

Sous quelle ère 6 policiers ont été tués en moins de 3 mois ?

Peut-on comparer l’insécurité sous Yayi à celle constatée sous le régime de la Rupture ? Doit-on rappeler les personnes mystérieusement disparues dans des situations confuses, jamais élucidées ? Les Fcbe ne se souviennent-elles pas des crimes de sang commis sur Mme Bernadette Sohoundji, Axel Mitchodjèhoun ou d’attaques et de brimades  d’une kyrielle de personnes dont les plus connus sont Urbain Dangnivo, Lionel Agbo, Dieu-donnée Lokossou, Martin Assogba…). Les Fcbe ont-elles oublié que de nombreuses banques et institutions financières ont été dévalisées sans suites, que de braquages de grand banditisme ont été perpétrés contre des forces de l’ordre tuées sous le superman Philippe Houndégnon… ?

Un héritage miné

Que veut-on reprocher au système sécuritaire sous la Rupture : les ressources humaines, matérielles, le statut des forces de l’ordre ? Dans tout cela, le gouvernement actuel a hérité des carences managériales de l’ancien régime. Sous l’ère Talon, il n’y a pas encore eu un seul recrutement dans l’armée. Les forces de l’ordre ont été recrutées en masse par l’ancien régime qui ne s’est même pas soucié de mettre à leur disposition les ressources matérielles et les outils technologiques nécessaires à la défense et à la protection des populations. Après de nombreux plaidoyers, le statut des agents de la sécurité et assimilés promulgué au soir  du régime Yayi contient de nombreux pièges laissés à l’actuel pouvoir. De nombreuses défaillances que le gouvernement actuel s’évertue à corriger. Par ailleurs, il n’existe au monde aucun pays sans insécurité. Les États-Unis qui sont réputés pour leur système de défense connaissent de pires actes. La France vit constamment dans la psychose des attentats. Le Nigéria, le Niger, en connaissent autant. Bref, les Fcbe, à travers leurs interventions, ont donné l’impression de ne pas connaître les réalités de la gestion d’un État. Pourtant, ils l’ont géré pendant 10 ans. Un pays peut-il devenir immaculé et sain de toutes souillures en 4 mois ? Surtout quand on sait que le régime précédent a dérouté l’État et qu’il faille faire des réajustements colossaux pour limiter les dégâts. Tout laisse à croire que la sortie des Fcbe a été incitée, sinon exigée. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est que cette sortie n’a pas atteint son objectif, celui de jeter du discrédit sur Patrice Talon et ses collaborateurs.

Pascal Aguéhoundé