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Des décennies après la colonisation, la préfecture d’Abomey ne mérite plus ce spectacle

Lancés en 2014 pour durer trois mois, les travaux de réhabilitation de la préfecture d’Abomey peinent à s’achever malgré les multiples correspondances de relance. Cette situation met ainsi l’autorité de tutelle et ses collaborateurs dans des conditions de travail peu commode.
Les agents de la préfecture d’Abomey ont perdu leur sourire au travail. Et pour cause. La bâtisse coloniale abritant les bureaux du préfet, du Secrétaire général du département du Zou et de quelques uns des services techniques de la préfecture est en souffrance depuis bientôt trois ans. Les travaux de réhabilitation de cet héritage  prévus pour une durée de trois mois, ont été lancés sur le Programme d’investissements publics (Pip) sous le précédent  régime à la grande satisfaction de tous les usagers de cette institution. Mais des années après, les travaux tardent à s’achever.  Le chantier est abandonné. Ni le chef du chantier, ni les ouvriers n’y ont plus fait signe de vie. L’infrastructure inachevée trône au milieu de la cour et offre un spectacle désolant à la limite humiliant  quand on sait que la préfecture est le siège de la représentation de l’Etat au niveau du département. Cette image que reflète  l’état de désuétude de la préfecture ou l’héritage colonial  n’honore guère la ville qui l’abrite au regard de son passé glorieux. Abomey, la capitale historique du Bénin est la vitrine du pays à l’international à travers son nom Danxomè et les œuvres de ses souverains. Fort de ces considérations, les travailleurs de la préfecture d’Abomey ne se sentent pas fiers d’y travailler. Déjà, l’enseigne, encore métallique, est indigne d’être celle d’une préfecture comme celle d’Abomey. Ce qui parfois intrigue et irrite  les usagers. La cour, n’a rien à envier à une forêt équatoriale où les reptiles, les chauves-souris et les rats palmistes dictent leurs lois aux agents. Tout ceci parce la préfecture ne dispose pas d’assez de ressources pour gérer efficacement les charges liées à l’entretien. Face à ce triste constat, les travailleurs ont fait part de leur amertume à l’Etat central par le biais du préfet. Vincent Hêhomey, représentant les agents, n’est pas allé du dos de la cuillère pour faire remarquer à l’autorité préfectorale que l’état de décrépitude de leur cadre de travail déteint négativement sur le rendement. Ainsi, il invite le préfet Firmin Aimé Kouthon à œuvrer pour l’assainissement de la préfecture et la reprise et l’achèvement des travaux.
La bonne nouvelle du préfet Kouthon
Prenant acte des doléances de ses collaborateurs, le préfet du département du Zou,  Firmin Aimé Kouthon a estimé que leurs  revendications sont fondées et légitimes parce que convaincu de ce que, si toutes les conditions de travail ne sont pas réunies, l’agent n’est pas en mesure de donner le meilleur de lui-même. Toutefois, il leur a expliqué que les travaux de la réhabilitation en question est un projet du gouvernement. De ce fait, la préfecture n’y est pas impliquée. Cependant, le préfet n’est pas resté insensible  au retard qu’accusent les travaux. « Nous avons adressé plusieurs correspondances à notre ministre de tutelle et à l’entreprise adjudicataire dans le but de faire  relancer les travaux. Mais jusque-là, rien n’a bougé», regrette  Firmin Aimé Kouthon qui ajoute qu’avec les nouvelles autorités l’espoir est permis. A en croire l’autorité de tutelle des Communes du Zou, il est prévu dans le Programme d’actions du gouvernement, la réhabilitation imminente de toutes les anciennes préfectures dont celle d’Abomey et la construction d’une cité administrative pour les nouvelles préfectures. « C’est dire donc que le Président de la République Patrice Talon a, à cœur vos préoccupations à travers l’amorce de la modernisation de l’administration publique». Pour Firmin Aimé Kouthon, la réhabilitation de la préfecture dont les travaux démarrent dans les tout-prochains jours, implique le pavage et l’assainissement de la cour et même la reprise de la clôture. Un mécanisme d’entretien régulier sera aussi mis en place pour la pérennité des ouvrages existants et des nouvelles constructions prévues dans la réhabilitation. En attendant tout ceci, le préfet invite ses collaborateurs à plus d’entrain au travail, car c’est la seule manière pour eux d’encourager le gouvernement à atteindre ses objectifs de développement durable.

Zéphirin Toasségnitché