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boniyayi1[1]Après le vote du rejet de la levée de l’immunité parlementaire de Barthélémy Kassa par les députés, tous les regards sont allés en direction des Fcbe et leurs alliés qui ont sauvé l’ancien ministre en charge du secteur de l’Energie et de l’eau. Mais, à vrai dire, il faut y voir l’œuvre de Yayi Boni qui vient de réaliser un coup double en un seul jeu.

La stratégie du gouvernement de Yayi Boni à l’égard de l’un de ses anciens membres poursuivi pour mauvaise gestion des fonds hollandais devant servir à donner de l’eau potable aux populations suscitait déjà des interrogations. On se demandait si la fermeté et la volonté affichées par le président de la République à l’encontre du député Barthélémy Kassa, ancien ministre en charge du secteur de l’eau et de l’énergie, avaient réellement pour objectif de le coincer afin de sauver la face devant la communauté internationale. On se demandait également si Yayi Boni allait s’impliquer personnellement dans ce vote à l’Assemblée devant déboucher sur la levée de l’immunité de son ancien disciple, l’un des plus obéissants et dociles. Ceux qui s’interrogeaient de cette manière laissaient place au doute sur la sincérité du gouvernement. Beaucoup étaient convaincus qu’il faisait un faux-semblant en voulant coincer Barthélémy Kassa afin de l’amener à s’expliquer devant la Haute Cour de justice contre la promesse de normaliser les relations avec le Partenaire hollandais dont l’argent a évaporé dans la nature. Et Yayi Boni vient de leur donner raison.

 Premier coup réussi

 Le fait de voir échouer au Parlement, la procédure que le président de la République a personnellement engagée contre l’ancien ministre en charge de l’eau, parce que rejetée en bloc par les députés de son camp, révèle que les actions entreprises par son gouvernement pour donner suite au dossier Ppea II n’étaient fondées sur aucune sincérité. Dans le contexte actuel où on soupçonne que des sommes faramineuses provenant d’aides extérieures ont servi à d’autres choses ou ont été mal gérées, et où la communauté internationale, plus particulièrement les Pays-Bas, exercent une pression sur son gouvernement, Yayi Boni a fait recours à une stratégie pour faire croire que sa fermeté vise à demander des comptes à son ancien ministre. Le chef de l’Etat a tendance à montrer qu’il a tout fait pour livrer Barthélémy Kassa, mais très tôt, la tournure qu’ont prise les événements à l’Assemblée nationale a montré sa vraie position. Dans ce Parlement où il peut compter sur 41 députés qui se plient facilement à ses exigences, il n’a obtenu aucune voix favorable à la levée de l’immunité de Barthélémy Kassa. Il y a problème ! La logique qui devrait accompagner toutes les initiatives prises par le chef du gouvernement dans cette affaire de Ppea II, c’était de voir Yayi Boni donner des consignes de vote claires à ses poulains qui n’ont pas l’habitude de lui résister à des occasions sans grande importance. Mais, il n’en a pas été question. Que cette demande du président de la République soit rejetée par son propre camp qui a réussi à avoir le soutien de quatre députés de l’opposition, amène à conclure que le roi du palais de la Marina a mené le jeu jusqu’à montrer à la Communauté internationale qu’il a joué sa partition pour que triomphe la vérité.

 Deuxième coup    

 Cette politique développée par Yayi Boni dans le dossier Ppea II cache une malveillante manœuvre dirigée contre l’Assemblée nationale et, par conséquent, son président, Me Adrien Houngbédji. Le chef de l’Etat connu pour sa passion déchirante à faire porter aux autres la responsabilité de ses erreurs, même si ces dernières sont établies, a voulu utiliser ce dossier brûlant pour noircir l’image du Parlement béninois. Il a monté toutes les séquences de sa pièce de théâtre, sachant qu’une fois arrivée à l’Assemblée nationale, ses laudateurs vont la réduire en morceaux. Dans la procédure de la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien ministre, l’étape cruciale du Parlement n’a pas été franchise. Yayi Boni savait qu’on allait parvenir à un tel résultat. Seule l’opposition ne pourra parvenir à recueillir les 2/3 des voix pour lever l’immunité du mis en cause. Tout le reste n’est que du cinéma. De provocation en provocation dans les échanges de courriers entre les deux institutions, et puis de contradiction en contradiction par la mise en place de différentes missions d’enquêtes pour blanchir l’ancien ministre de l’eau, d’aucuns craignaient que cette stratégie ne mette l’Assemblée nationale au pied du mur. Car, demain, il sera dit que Yayi Boni a tout mis en œuvre, mais qu’il s’est heurté au refus de l’Assemblée nationale. Ainsi, les accusations contre sa personne et son gouvernement vont se retourner contre l’Institution parlementaire dirigée par un opposant qui a subtilement traité ce pouvoir de malpropre par le truchement de son anecdote relative aux télécommandes non vertueuses. De toutes les façons, ce rejet écorne l’image du Parlement. C’est le but du chef de l’Etat !

 FN