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constitution2017Le rejet par le Parlement de la révision de la Constitution est un piège pour l’opposition. Le mandat unique qui est l’une des mesures phares contenues dans ce projet n’est plus opposable au président sortant en 2021.

L’opposition doit être en train de se mordre le doigt. Depuis samedi dernier, le verbe « aviser » fait l’objet de toutes les attentions. En effet, il a été employé par le président de la République, lors de l’émission « A bâtons rompus » sur trois chaînes de télévision du pays. Hier lundi 10 avril 2017, le chef de l’Etat a employé le même verbe lors que son intervieweur, Christophe Boisbouvier lui demandait sur Rfi, s’il sera candidat en 2021. « En politique, les variantes sont nombreuses. Et pour parfois tenir parole, il faut absolument se soumettre aux exigences des lois », a-t-il répondu. Talon a voulu que la constitutionnalisation du mandat unique s’impose à lui-même. A cet effet, il a affirmé hier ce qui suit : « Je propose un mandat unique. Je propose qu’il n’y ait pas de renouvellement. J’ai dit que cela s’appliquerait à moi-même, dès maintenant ». Mais, la réforme n’est pas passée. Alors, la Constitution du 11 décembre 1990 demeure plus que jamais en vigueur. A la question de savoir si le président de la République sera candidat en 2021, Patrice Talon a affirmé sur Rfi : « Ma proposition n’est pas passée, je ne veux pas m’extirper de ce qui est la règle générale. Donc, j’aviserai en 2021, je verrai bien ce que je ferai ». Puis ça donne de la trouille. Les commentaires vont bon train. Plus loin, le journaliste de Rfi, voulant plus de précisions, a fait savoir au chef de l’Etat si sa réponse « j’aviserai en 2021 » n’était pas, en réalité, destinées à ses adversaires politiques en ces termes : « d’accord, vous me faites reculer sur le mandat unique, mais du coup, vous aurez peut-être Patrice Talon au pouvoir pendant deux mandats, c’est-à-dire pendant dix ans » ? Après un sourire, le Chef de l’Etat répond : « Ce sera le revers de la médaille ou bien le change que je leur ferai, pourquoi pas ? Cela m’amuserait même, bien que ce soit triste. Mais ce qui est sûr aujourd’hui, pour moi, c’est que 2021 c’est loin. Ça devient une affaire personnelle, ce n’est plus une affaire de réforme. Je verrai bien ce que je ferai. » Au total, tout le monde savait que même dans l’option du mandat unique transcrite dans la Constitution, le président Talon devrait avoir son mot à dire. Mais en étant constant sur le fait qu’il avisera, son discours place des éléphants sur des pieds d’argile.

JCK