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cccccLe rejet par l’Assemblée nationale  du projet de révision de la Constitution ne plonge pas le gouvernement de Patrice Talon  dans un silence assourdissant. Bien au contraire. Lors de son conclave hebdomadaire tenu hier jeudi, au lieu de mercredi, il évoque le  sujet en soulignant au passage que malgré le résultat du vote, il faut en tirer deux points positifs.

De retour de la France, mercredi 05 avril 2017, le chef de l’Etat a présidé, hier jeudi 06 avril 2017, le Conseil des ministres dans un contexte particulier et inhabituel. Cette réunion hebdomadaire décalée de 24 heures, pour  raison d’absence du président de la République du territoire,  s’est tenue 48 heures après le rejet par l’Assemblée nationale du projet de révision de la Constitution. A l’évidence, l’ambiance était pesante, même si les visages s’efforçaient de camoufler cette situation imprévue. Et, en pareille circonstance, beaucoup se demandaient comment allait réagir le gouvernement pour oublier cette parenthèse, évoquant  les craintes que le ministre de la justice, qui a conduit le projet, fasse les frais du mécontentement du chef de l’Etat. Heureusement, ces craintes ont été dissipées, comme l’illustre la teneur du compte rendu  du conclave gouvernemental dirigé par le président Patrice Talon. En effet, au moment où l’opinion continue de s’interroger sur la suite à donner à ce dossier, et pendant que les antirévisionnistes jubilent pour avoir réussi leur coup,  le gouvernement souligne que c’est la première fois  qu’un projet de révision, d’initiative  gouvernementale, atteint ce niveau de débat au Parlement, puisqu’il a passé  l’étape  de l’étude en Commission des lois pour être soumis à la plénière. Autre élément important à signaler, la majorité des députés (60/83) ont adhéré au projet qui reste perfectible. « Le Conseil note positivement la large adhésion des députés à la prise en considération du projet », a signifié l’Exécutif. Mais, il reste que la majorité qualifiée de ¾ des députés n’a pu être obtenue pour engager la discussion quant au fond et aboutir à la modification de la Constitution. Au lieu de 63 voix, comme majorité qualifiée pour accepter  le projet, l’Assemblée nationale n’est pas allée au-delà de 60. Il manquait trois suffrages pour que le projet soit accepté. En clair, le gouvernement n’était pas loin de passer cette étape après avoir réussi à obtenir le « oui » de la Commission des lois. Différents présidents à savoir Mathieu Kérékou et Yayi Boni ont tenté, mais n’ont jamais atteint cette étape. Patrice Talon avait donc presque réussi là où les autres ont échoué. Il a démontré qu’il avait le contrôle du Parlement, mais aussi une majorité pour faire passer ses projets. N’eut été les exigences de la loi, les choses allaient se passer autrement. Ensuite, contrairement à ses prédécesseurs, l’actuel locataire de la Marina a envoyé au Parlement un texte que personne n’a jugé opportuniste. Le chef de l’Etat et son équipe s’en réjouissent avant de prendre acte des délibérations de l’Assemblée nationale. De même, à écouter le ministre de la justice sur les ondes de Rfi, il est à retenir que le projet ne souffrait pas autant de ce qu’on lui reprochait, mais le résultat auquel l’on a abouti est illustratif d’une trahison au sein de la mouvance présidentielle.

 FN