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ASSEMBLEE-2Cent jours déjà que le président Patrice Talon est au Pouvoir. Curieuse anecdote, ses actions ne rencontrent aucune opposition à l’Assemblée nationale. Ce qui est la preuve d’une parfaite collaboration avec la Représentation nationale.
Aucune voix ne s’élève encore pour s’opposer ouvertement à la gestion du pouvoir du compétiteur-né, Patrice Athanase Guillaume Talon, élu par les Béninois à 65.39 %. Dès sa prise de pouvoir, il a mis de côté son égo, pour prendre langue avec le président de l’Assemblée Nationale, aux fins de lui faire comprendre sa nouvelle vision et lui présenter ses projets de réformes. C’est sans hésiter que le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, qui avait déclaré son soutien, au président élu, a apprécié la démarche du chef de l’Etat. Ainsi commence l’idylle d’après élection présidentielle. Ayant appelé au gouvernement, ses soutiens de taille au Parlement, les actuels ministres de la Justice, Me Joseph Djogbénou, de la défense Candide Azannaï, et de l’Intérieur Sacca Lafia, le Président Talon a, sans gêne, bénéficié du soutien de la majorité pour encore repositionner ses partisans à des postes stratégiques, dans le bureau de l’Institution, l’honorable, Dakpè Sossou, 2è secrétaire parlementaire, à la commission des lois, l’honorable Alexis Agbéléssessi, président de la commission, et à la Haute Cour de Justice, Guy Mitokpè. Au bout des 100 jours d’exercice du pouvoir, l’opinion peut se rendre compte que le N°1 et N°2 filent le parfait amour. Quand bien même rien ne présage de ce que l’après 100 jours réserve, il est à noter qu’au sein du Parlement, aucun député n’a encore levé son petit doigt pour critiquer vertement la politique du gouvernement. Même l’actuelle configuration politique du parlement, en dit long. Tous les élus du peuple semblent unir leurs voix pour soutenir le compétiteur-né. C’est dire donc que tous les députés sont dans la dynamique de la majorité parlementaire. La preuve, lors de l’examen du rapport de la désignation des membres de l’Assemblée Nationale au Conseil d’Orientation et de Supervision, et à la Commission Communale d’Actualisation, la commission des lois est restée dans l’embarras quant à la clarification de l’actuelle configuration politique. Pourquoi cet état de choses ?
Les raisons
Les députés, quand bien même ils ont des choses à dire sur la gouvernance des 100 jours de l’actuel occupant de la Marina, ils hésitent et se contrôlent comme si parler va leur porter préjudices. D’autres savent bien qu’entre la classe politique et le Président Talon, c’est deux vases communicantes. Alors, pourquoi critiquer vertement et violemment la gestion de celui qui vous connaît ? Le politologue Francis Lalèye semble résumer le silence des politiques, après 100 jours de gouvernance de Patrice Talon. « C’est quelqu’un qui était déjà dans les coulisses (…). Le président tient la plupart des acteurs politiques et des acteurs sociaux de notre pays ».
L’étrange attitude des députés Fcbe
Voulant prendre le pouls de l’opinion des parlementaires sur les 100 jours de l’exercice du pouvoir du Président Talon, nous nous sommes butés sur le silence de certains députés, notamment les députés Fcbe, surtout les caciques de l’ancien régime. Ce qui ne permet pas de savoir ce qu’ils mijotent. Sont-ils pour ou contre la gestion le nouveau pouvoir ? Impossible de le savoir pour l’instant. « No comment », rétorque le député Arifari Bako. Plus tard, il répond à d’autres confrères, « Nous avons une discipline de groupe, et notre groupe n’a rien à dire, nous observons ». C’est à croire qu’une consigne a été donnée, puisque la plupart des députés Fcbe ayant soutenu le régime défunt, n’ont pas voulu piper mot sur les 100 jours. En revanche, le président de la commission du Plan de l’Equipement et de la Production, ancien député Fcbe s’est autorisé à porter son regard sur les 100 jours de l’exercice du pouvoir du Président Talon. Pour l’élu du peuple, le Président Patrice Talon, en 100 jours de gestion du pouvoir, a donné des signaux forts. A l’en croire, les 100 jours sont l’amorce d’une nouvelle gouvernance, la preuve d’une façon de gérer les choses, de gouverner. Pour lui, le chef de l’Etat a donné la preuve qu’il tient à la lutte contre la corruption, et contre l’insécurité des personnes et des biens. Inviter à émettre une seule critique sur la gouvernance des 100 jours, il dit que rien n’est parfait dans la vie et que le faire. Il garde simplement une bonne impression des 100 jours de Talon, à la tête du pays.
Martin Aïhonnou (Coll)