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La crise que traverse la Rb ne date pas d’aujourd’hui

Malgré la rencontre entre Candide Azannaï et Léhady Soglo ce week-end, la scission  au sein de la Renaissance de Bénin (Rb) est effective et consommée. Car, la cause  de ce schisme vient de loin. Inutile alors de vouloir colmater les brèches maintenant. Le mal est fait.

Le calice est plein. Il faudra le boire jusqu’à la lie. Après le coup de massue asséné à Léhady Soglo, par le Bureau politique de la Rb, l’on n’aurait pu être tenté de faire la politique de l’autruche. On aurait pu adopter la posture indifférente de ne pas « regarder »dans ce qui ne nous regarde pas. Tant cette crise  lancinante a duré trop longtemps. Tant la saignée a été longue, et la liste des  victimes, dinosaures politiques,  sacrifiées sur l’autel interminable. Que de temps perdu pour les  renaissants, de Cotonou à Abomey, en passant par les autres grandes villes ! Et pour cause.Pour avoir été les géniteurs de ce parti politique, le président Soglo et son épouse, ont, à juste titre,  voulu en faire leur chose. C’est-à-dire,  une chasse-gardée, et presque une arrière-cour politique privée. Et depuis, ils ont fermé à double-tour et jeté dans la mer, les clés de la destinée de la Renaissance du Bénin. Heureusement, selon le célèbre mot d’Abraham Lincoln, « on peut tromper une partie du peuple tout le temps,  et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. » Car,  il est amer et triste de constater qu’à force d’imposer  leur progéniture à la tête de ce parti politique, d’année en année, l’influence et le champ d’action de ce parti politique, ce sont irréversiblement réduits comme peau de chagrin sur l’échiquier politique national.Conséquence logique. Par exemple, par un passé récent dans les années 90, la Rb disposait de près de 27 députés au Parlement. Ils ne sont aujourd’hui que 05,  depuis les législatives de  2015. Par ailleurs, les Communes et fiefs auparavant considérés comme bastions inextinguibles du  parti, ont purement et carrément été mis à sac, par de petits partis satellites. La faute, certainement à une mauvaise stratégie politique, Léhady Soglo, préférant s’enfermer, aux dires de tous, dans ses certitudes personnelles. Résultat, la descente aux enfers. A  chaque fois, c’est Soglo père, l’ancien président de la République, qui venait à la rescousse, pour colmater les brèches et, surtout, sauver son rejeton des eaux mouvantes. Mais, jusqu’à quand ce cirque devrait-il durer ? L’honneur de père et mère Soglo, c’est d’avoir dirigé le Bénin, et d’avoir rendu d’immenses services, à son peuple. Mais, au nom de ce glorieux passé, devrait-on aujourd’hui jeter le bébé avec  l’eau de son bain ? Car, en protégeant, contre vents et marées leur fils des coups politiques, ils en ont fait, à tort, non un monstre politique au charisme craint et légitime, mais un négligeable poids plume. Car en fait, disons-le sans autre forme de procès,  devant  Luc Atrokpo, Abraham Zinzindohoué, Georges Bada, Ahanhanzo-Glèlè, le leadership aussi léger qu’insignifiant de Léhady Soglo, ne représentait pas grand-chose. Sinon comment comprendre que ce leader échoue à être élu député  et, contradiction extrême, est quand-même maintenu à la tête de ce parti ?
 La goutte d’eau…
   Ce n’est d’ailleurs plus qu’un secret de polichinelle, que depuis des lustres, ce leadership est contesté au sein de la Rb. Pendant la dernière élection présidentielle, la scission était presque palpable, et beaucoup avaient demandé à d’autres jeunes au sein du conseil du parti, de prendre leurs responsabilités. Léhady Soglo ne pèse pas lourd politiquement, a-t-on l’habitude d’entendre ici et là dans les officines politiques.  Mieux, par sa légendaire myopie politique,  le néo-déchu président de la Rb, n’a pas toujours fait des choix payants et gagnants pour son parti. L’épisode Zinsou est à ce propos illustratif, des errements et torsions étranges que le leader de la Rb a fait faire à ses mandants. On aurait pu penser qu’il en tirerait toutes les conséquences, en jetant le tablier, pour l’honneur et la fierté. Malheureusement non. Mais, au moins, il aurait dû s’en servir comme leçon, pour davantage mûrir à l’avenir,  ses réflexes et choix politiques. Au contraire, mû par ses intérêts personnels, et englué dans de petits calculs politiques mesquins et mercantiles, il s’efforce de persister dans l’erreur. Léhady Soglo ne devrait donc  pas espérer autre chose. Il fait les frais de ses nombreuses incohérences.
 
W.N