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Boni Yayi va t'il réussir à calmer la colère des producteurs de coton?

Quarante mille tonnes du coton béninois iront vers l’extérieur pour l’égrenage. C’est ce qui ressort de la rencontre, du mardi 10 mars 2015 à Parakou entre les acteurs de la filière coton et le chef de l’Etat. Le processus est irrémédiable et pour éviter la mouille du coton, qui s’annonce dans les prochains mois, Yayi Boni confirme, dans ses propos, que la seule solution qui s’offre, reste l’envoi de l’or blanc béninois à l’extérieur.

Le coton béninois est en souffrance. C’est pourquoi, tous ses acteurs se sont retrouvés hier mardi pour se pencher sur la crise qui secoue ladite filière. A cette occasion, le chef de l’Etat a écouté chaque acteur pour comprendre et résoudre une crise qui n’a fait que trop durer de l’avis même des différents maillons de la gestion du coton. D’abord, les producteurs qui s’indignent du fait qu’environ 190 mille tonnes de coton restent encore à évacuer des marchés autogérés. Selon les propos du président des producteurs de coton, Nagayo Chabi Boni, « l’opération zéro coton dans les champs doit être réalisée dès fin mars, au risque que le coton subisse la mouille ». Certains problèmes liés à la lenteur dans le paiement des fonds de coton et la question de ‘’zonage ‘’ ont été soulevés par ce dernier. Pour les producteurs, la réforme du secteur est désormais une nécessité. Les transporteurs ont dit leur amertume parce que le gouvernement à travers la Sonapra leur doit des sous des campagnes de 2011-20012 et 2013-2014. Le porte-parole des transporteurs, Moctar Boukari, est revenu sur la promesse non tenue du gouvernement, quant aux réfections des pistes rurales pour l’évacuation du coton. Il reste encore 180 mille tonnes de coton à égrener, indique le ministre de l’agriculture. Mais, seules 80 mille tonnes peuvent être égrenées en tenant compte de la capacité actuelle des 19 usines qui fonctionnent pour la campagne en cours, a fait noter le ministre Azizou Issa. Dans un développement de technicien et de connaisseur de la filière coton, Eustache Kotigan, le président des égreneurs du Bénin a fait le diagnostic de ce qui mine ladite filière. « Si nous voulons parler du coton, il faut enlever la dimension politique ».

 Concentration sous tutelle de la Sonapra

 Deux problèmes minent la campagne a fait savoir ce dernier. Il s’agit, communique-t-il, de la logistique qui n’a pas suivi et de la concentration industrielle restée sous la seule tutelle de la Sonapra. Eustache Kotigan n’a pas fait langue morte pour signifier que les pistes rurales n’ont pas été ouvertes. Ensuite rappelle-t-il, « la maintenance des usines n’a pas été correctement faite ». Selon le président des égreneurs du Bénin, le plus grand problème du coton, c’est le non-paiement des acteurs, producteurs-transporteurs et égreneurs. Il ajoute que ‘’personne ne peut faire du mal’’ au coton comme le font croire des gens. Mais le coton continuera son chemin de croix vers son agonie tant que l’égrenage à façon ne va pas s’arrêter. Sur l’égrenage du coton à l’extérieur, Kotigan rappelle que cela fait plus de charges pour l’Etat. Dans son message, Yayi Boni est revenu sur le dialogue qui devrait être le maître mot au sein des acteurs de la filière et qui selon ses propos a manqué. Le chef de l’Etat qui a tenu à répondre personnellement au président des égreneurs a dit: « c’est une honte de nous retrouver à parler tout le temps de coton. Il faut aller à la diversification de l’agriculture béninoise » Et, à cet effet, il faut trouver une solution définitive au problème du coton qui divise, selon Yayi Boni, les acteurs et les Béninois. Ainsi, les initiatives pour sauver le coton pour cette campagne sont en cours. Trois cent militaires sont appelés pour le ramassage, des marchés autogérés vers les usines et le génie militaire est à pied d’œuvre pour accélérer la réfection des pistes de desserte rurale, prévient le chef de l’état. « Il faut sauver le coton béninois » et cela passe, insiste Yayi Boni par l’unité. L’information de l’égrenage du coton à l’extérieur sera donnée, après plusieurs théories et diplomaties du président de la République. L’imminence de la mouille du coton et la difficulté des usines sont les arguments sur lesquels se base le chef de l’état pour indiquer de façon voilée que le coton béninois sera convoyé vers le Burkina Faso avec 30 mille tonnes à égrener. Le Togo recevra 13 mille tonnes et le Niger aura 3.000 tonnes. La seule solution qui s’offre afin de ne pas perdre ces 40 mille tonnes de cette campagne reste l’envoi du coton à égrener à l’extérieur, selon Yayi Boni. Mais des spécialistes du secteur informent que cette façon de faire est un plan savamment planifié qui dénote de l’incapacité du gouvernement à gérer la filière depuis qu’il en a pris le monopole au détriment du privé.

 Clément Dognon (Br Borgou-Alibori)