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Le chef de l'Etat perd de plus en plus le contrôle de sa troupe
Le chef de l’Etat perd de plus en plus le contrôle de sa troupe

Yayi Boni avait donné rendez-vous aux députés le vendredi 26 décembre 2014 au Palais des gouverneurs. Mais contre toute attente, de retour du septentrion où il a été déçu par l’accueil qui lui a été réservé, il a annulé ce rendez-vous sans autres motifs. A l’analyse de la situation, on s’aperçoit que le président n’avait pas le moral pour prononcer un discours devant les députés.

Le président de la République peut encore reporter son rendez-vous à l’Assemblée nationale pour se refaire le moral. Jusqu’au 31 décembre 2014 à vingt-trois heures, il est dans le délai constitutionnel. Mais tôt ou tard, il devra s’exécuter. C’est une exigence constitutionnelle. En effet, au terme de l’article 72 de la Constitution,il est prescrit que « le président de la République adresse une fois par an, un message à l’Assemblée nationale sur l’état de la Nation. Il peut aussi, à tout moment, adresser des messages à l’Assemblée nationale. Ces messages ne donnent lieu à aucun débat ; ils peuvent toutefois inspirer les travaux de l’Assemblée. » C’est dire, qu’à n’importe quel moment de l’année, ce discours peut se tenir. Dans la pratique, les chefs d’Etat ont préféré les derniers moments de chaque année civile pour s’acquitter de ce devoir constitutionnel non contradictoire. C’est dans cette optique que le président Yayi Boni, a programmé s’adresser aux députés le vendredi 26 décembre 2014. Mais contre toute attente, il a annoncé nuitamment le report pour mardi 30 décembre. Beaucoup se sont demandé la raison de ce report sans pouvoir trouver la réponse. Mais à la réalité, après avoir jaugé sa cote de popularité dans le septentrion au cours de la semaine écoulée, notamment à Kandi, Banikoara, Bembèrèkè et Nikki, il s’est rendu compte que « l’Alliance Soleil » lui avait ravi la vedette. Les « siens » ont abandonné le prince de Tchaourou. C’est au regard de ce qui apparaît aux yeux de Yayi Boni comme inadmissible, qu’il a visiblement perdu ses forces de se présenter au Parlement. Les populations du septentrion ont fini par avoir marre de l’image de Yayi Boni. Par ailleurs, beaucoup d’entre elles qui étaient à Cotonou le 11 décembre 2014 pour la marche commémorative des 24 ans de la Constitution, organisée par les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), déplorent le traitement qui leur avait été fait. Ainsi se justifie leur refus à l’appel de Yayi Boni. Pour sauver les meubles par endroit, les services du président de la République ont dû avoir recours à la traditionnelle pratique de recrutement de paysans qu’ils ont convoyé sur les lieux où le chef de l’Etat devrait rencontrer des citoyens. La cérémonie de lancement de la bretelle Biro-Pèrèrè n’a pas enregistré l’affluence habituelle quand le locataire de la Marina préside les lancements de travaux publics. Au lycée Mathieu Bouké à Parakou, c’était la catastrophe à l’occasion du 50ème anniversaire auquel Yayi a pris part.Pour l’ensemble de ces raisons, le chef de l’Etat n’avait pas le moral pour prononcer son discours sur l’état de la nation devant les députés dont la majorité se trouve dans le camp adverse.

Jean-Claude Kouagou