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haacLa transparence électorale lors du scrutin de renouvellement des conseillers à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) préoccupe les professionnels des médias. Dans une déclaration rendue publique le 18 décembre 2018, le comité de réflexion et de veille pour la transparence électorale exige que des dispositions soient prises en vue d’un bon déroulement du scrutin et de la transparence électorale. Lire ladite déclaration

Déclaration

A six (06) mois des prochaines élections professionnelles en vue de la désignation des trois (03) représentants des médias au sein de la future mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), il est permis de constater que les tractations à divers niveaux ont commencé aussi bien dans la presse écrite que dans l’audiovisuel. En effet, il convient de commencer à réfléchir pour prendre des dispositions nécessaires non seulement en vue d’un bon déroulement du scrutin mais surtout pour la transparence électorale.

Avant d’aller à l’essentiel, il faut rappeler que la Haac étant une institution républicaine investie du pouvoir de régulation de l’espace médiatique constitue le bras opérationnel de l’Etat en matière de gestion du secteur de l’information. ‘’La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a pour mission de garantir et d’assurer la liberté et à la protection de la presse, ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la loi. Elle veille au respect de la déontologie en matière d’information et à l’accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d’information et de communication’’ indique l’article 142 de la Constitution du 11 décembre 1990. De toutes les instances institutionnelles et décisionnelles crées au lendemain de la Conférence nationale, elle est la seule institution dont le mandat n’est pas renouvelable au regard du caractère sensible de sa mission et pour les besoins d’indépendance. Avec les enjeux et défis sectoriels de l’heure, il est de notre devoir d’œuvrer pour la désignation sans faille de confrères dont la représentativité et la légitimité sont valablement établies pour représenter la corporation.

En raison de l’engouement plus en plus prononcé pour le poste de Conseiller à la Haac, les prochaines consultations électorales sont appelées à se tenir dans un contexte particulier car marqué par une probable candidature de membres d’associations professionnelles dont les intentions ne cessent de se préciser. Puisque c’est les institutions corporatistes faitières qui sont appelées à se constituer en Assemblée spéciale pour désigner la plupart des confrères devant siéger dans l’équipe de coordination et de supervision des opérations de vote, il est alors impérieux de s’organiser pour mieux suivre le processus. Du moment où c’est pour la première fois que se présente un tel cas de figure où des membres en exercice d’associations professionnelles affichent leur volonté de candidature, il nous faut analyser cet état de chose et prendre des initiatives pour rassurer toutes les forces en présence.

C’est donc pour assurer la veille permanente et stratégique en vue d’une élection réussie qu’un groupe de professionnels des médias s’est constitué en comité pour travailler dans l’intérêt supérieur de la corporation. Il nous paraît opportun d’encourager les différents confrères qui ambitionnent de participer à cette compétition. Car dans tous les cas les trois Conseillers qui seront désignés à la fin du processus ne seront que des confrères et ce sera la corporation qui y gagnera. Par ailleurs, il n’est pas superflu de rappeler les conditions fondamentales de candidature fixées par la loi organique N°93-018 du 27 avril 1994 portant amendement de la loi organique N°92-021 du 21 août 1992 relative à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication dont l’article 15 dispose :  » Nul ne peut être membre de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication :

– S’il n’est de nationalité béninoise.

– S’il ne jouit de ses droits civils et politiques.

– S’il ne réside sur le territoire de la république du Bénin depuis au moins (01) an au moins.

– S’il n’est de bonne moralité et d’une grande probité.

– S’il ne justifie d’une expérience professionnelle d’au moins dix (10) ans qu’il soit encore en activité ou non. « 

En attendant la mise en marche de la procédure devant aboutir à la désignation des prochains Conseillers à la Haac, il a été jugé utile de polariser l’attention des diverses parties prenantes sur certains impératifs catégoriques qu’il faut au préalable observer afin de faciliter le bon déroulement du vote annoncé pour avoir lieu probablement en mai 2019. En effet, il est vivement souhaitable que la commission électorale devant piloter les travaux soit installée au moins 45 jours avant le scrutin conformément à un rapport moral antérieur afin d’éviter des déconvenues comme par le passé.

Tout d’abord, nos premières observations s’adressent au comité technique de la carte de presse que nous appelons à la prudence et à la vigilance dans le cadre de l’étude des dossiers en instance surtout avec l’explosion des cas de première demande. Parce que la fiabilité du fichier électoral dépendra de la qualité du travail effectué par les membres de cette commission paritaire.

Ensuite, nos remarques portent également sur la situation de conflit d’intérêt dans laquelle évoluent les membres d’associations professionnelles désireux de candidater pour le poste lorsqu’on sait que c’est l’assemblée spéciale à laquelle ils appartiennent, qui est appelée à désigner des membres de la Cea Haac. Ainsi, nous invitons alors les potentiels candidats qui sont des membres et responsables d’associations professionnelles de la presse à démissionner sans délai de leurs fonctions pour les besoins de la transparence électorale. S’ils tiennent à leurs aspirations, il va donc dans leur intérêt et surtout pour leur crédibilité de se décider le plus tôt pour éviter un cumul préjudiciable à leurs nobles ambitions. Par ailleurs, nous exhortons les candidats à postuler rigoureusement dans leurs catégories professionnelles respectives avant d’éviter d’éventuelles malcompréhensions ou polémiques autour des concepts de journalistes et de techniciens.

Enfin, nous n’allons pas terminer cette déclaration sans formuler une suggestion en direction des décideurs politiques en l’occurrence l’Exécutif et le législatif qui sont fortement impliqués dans le processus de configuration de la Haac. Ainsi, nous souhaitons que le chef de l’Etat et le bureau de l’Assemblée nationale fassent une interprétation plus objective du concept de communicateur en désignant à ce titre des journalistes en tant compte de la définition proposée par l’article 21 de la loi 2015-07 du 20 mars 2015 portant Code de l’information.

 Fait à Cotonou, le 14 décembre 2018

 Le porte-parole

 Ont lu et approuvé