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LEHADY-SOG
La réelection de Léhady Soglo arrangerait plus l’opposition

Il y a trop de doute. Mais, en réalité, cela ne devrait pas durer longtemps. La municipalité de Cotonou devrait revenir à la Renaissance du Bénin (Rb) si l’opposition politique fait bien ses calculs et vise des victoires meilleures très prochainement. Léhady Soglo peut donc se tenir tranquille et savoir qu’une simple erreur va mettre à mal la survie des forces de la gauche. C’est un deal stratégique qui s’impose.

Léhady Soglo, prochain Maire de la ville de Cotonou ! Cela ne devrait pas étonner ou constituer un suspense. Comme le dit souvent un adage, « il faut être prudent pour ne pas jeter le bébé avec l’eau de bain ». C’est vrai que par le passé, la Renaissance du Bénin a commis des erreurs en tournant dos à l’opposition pour bénéficier des bienfaits du pouvoir. Mais, elle est revenue à la dernière minute, au moment où elle était indispensable. D’ailleurs, ce parti n’était pas seul. Le rejeter en lui arrachant ce qui lui reste de plus cher, en ce moment, serait très grave et remettrait en cause les liens de solidarité qui renaissent au sein de l’opposition. La suite ne sera pas forcément favorable à cette opposition. Arracher la Mairie à la Rb pourrait la fragiliser, mais cela ne donnera aucun renfort aux forces de l’opposition. Bien au contraire, cela pourrait laisser des fissures au pouvoir. « La chicotte, oui mais l’enfant aussi », dit-on. Ce que la Rb a fait n’est pas la première dans l’histoire politique. La trahison politique de 1996 avec le retour de Mathieu Kérékou est encore dans la mémoire de tous. Pendant combien de temps va-t-on continuer à se faire rembourser les coups politiques ? Le Parti du renouveau démocratique (Prd) dont le leader a été soutenu lors de la présidentielle de 2011 avait aussi claqué la porte à l’Union fait la Nation. Si, pour gagner le perchoir, Me Adrien Houngbédji a été soutenu par toutes les forces politiques de l’opposition contre celles du Pouvoir, le problème ne devait pas aussi se poser dans le cas précis pour la Renaissance du Bénin. A la Mairie de Cotonou, c’est le seul parti à avoir plus de conseillers que les autres et à qui reviendrait le poste de Maire si l’Un et le Prd ne décident pas autrement. Tel Houngbédji avait été soutenu en mai dernier, Léhady Soglo devrait l’être aussi demain. A Porto-Novo, Sèmè-Podji et autres, le Prd règne en maître. L’Union fait la Nation est assise dans le Couffo et s’imposera par endroit dans le Mono, le Zou, le Plateau et autres. La Renaissance du Bénin ne lorgne que trois Communes : Cotonou et Bohicon et Abomey. C’est vrai qu’elle les contrôlait, il y a longtemps. Mais, en réalité, quel problème cela pose si on lui donne l’occasion de les reprendre, une fois encore face à l’ennemi (la mouvance) qui attend la moindre erreur pour se positionner ? Léhady Soglo, à la tête de la Mairie de Cotonou, serait le positionnement le plus raisonnable que l’opposition ferait.

 Ce ne sera pas gratuit

 Léhady Soglo devra payer fort avant de garder son ‘’gombo’’. La classe politique est en pleine recomposition. Si aujourd’hui, il a besoin des autres pour se faire réélire, il doit comprendre qu’il lui faut faire des concessions. Dans le bureau qui devra diriger le conseil communal, la Rb ne doit plus être totalement majoritaire. Elle pourrait, par exemple, laisser le poste de premier adjoint, deuxième et troisième adjoint aux autres formations politiques. Des arrondissements aussi pourraient être sacrifiés pour conserver la Mairie. Elle ne perdrait rien à le faire car, il y a d’autres postes stratégiques pour lesquels le Maire pourra nommer ses alliés. A côté de cela, il y a l’élection présidentielle de 2016. A ce niveau, ce serait un risque pour la Rb et les autres forces politiques si elles ne s’entendent pas du tout. Il vaudra mieux laisser la Mairie à la Rb et pouvoir la convaincre de baisser, à nouveau les bras pour la présidentielle au profit d’un candidat unique de la large opposition (à définir). La seule condition pour s’assurer de la victoire en 2016, c’est plus d’unité à l’opposition. Cette fois-ci, le régime au pouvoir n’est pas candidat et même s’il soutenait un candidat, l’opposition aura des chances et arguments de le faire échouer. Si l’alliance de 2016 doit réussir, cela doit se préparer dès maintenant en donnant à la Rb ce qui pourrait la calmer prochainement. Autrement, l’opposition prendrait des risques.

 Félicien Fangnon