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standLes classes s’ouvrent aux écoliers et élèves le lundi 18 Septembre 2017. Contrairement aux années antérieures, l’année académique 2017-2018 démarre un peu plus tôt ; suscitant des réactions au sein de l’opinion publique. Comment se préparent les parents d’élèves et écoliers et quelle est l’ambiance qui prévaut dans les écoles et les marchés de fournitures scolaires ? Le constat dans ce reportage.
Encore quelques jours et écoliers, élèves et enseignants retrouveront le chemin des classes. Dans les écoles publiques comme privées, une partie de l’administration est en place et s’affaire pour les préparatifs. Nul ne veut se laisser surprendre par le temps.  Renaud Fidématin est enseignant à l’école maternelle et primaire catholique Sacré-Cœur de Cotonou. Pour lui, son école est déjà à pied d’œuvre, malgré la surprise constatée dans l’approche de la rentrée des classes : «  ici, nous lançons, d’habitudes, les inscriptions et réinscriptions dès le début des vacances et on attend que la rentrée. Mais il faut noter que la rentrée qui est prévue pour le 18 septembre prochain pose problème pour les élèves et  les enseignants ». A la question de savoir si les  enseignants sont prêts  pour commencer les cours à cette date, il répond que psychologiquement, ils semblent ne pas être prêts pour la rentrée prochaine, mais qu’ils n’ont pas le choix. Il poursuit en expliquant qu’en dehors des enseignants qui ont été surpris par cette date, il y a aussi les parents qui pourraient en souffrir.  « Il faudrait revoir la date. Et je ne crois pas que les parents soient prêts, car tout le monde compte sur le salaire du fin septembre pour répondre aux  préoccupations des enfants, en ce qui concerne l’achat de kits scolaires et les frais d’inscription. Voilà les raisons qui font que les mouvements qu’on doit observer à la veille de la rentrée ne s’observent pas. Cela veut dire que le gouvernement est prêt mais il y a problème ». Au moment où nous interrogions Renaud Fidématin en fin du mois dernier, les cours de vacances tendaient vers la fin. « Et comme vous le constatez, nous sommes en plein cours de vacances et nous pensons terminer le jeudi prochain. Alors, quel temps les enfants ont pour se reposer si la rentrée  tient pour le 18 septembre ? », S’est-il interrogé. Cette date de 18 septembre fixée contrairement aux années antérieures où la rentrée des classes démarrait soit, dans la dernière semaine de septembre ou début Octobre, aura-t-elle des impacts sur les rendements ?  Notre interlocuteur répond avec nuances : « Moi j’ai une obligation de résultat. Pour cette raison, je vais puiser du tréfonds de mes potentialités pour donner un bon résultat.
 
Le public à la traine
 
Mais ailleurs, c’est-à-dire dans les écoles publiques, où quels que soient les résultats, les enseignants vont percevoir leurs salaires, cela peut avoir d’impacts négatifs ». Un point de vue que partage M. Boko Enseignant au Ceg Suru-léré de Cotonou. «  Pour moi, il n’y a pas encore de mouvement, comme d’habitude à la veille de la rentée. On a eu les vacances le 14 juillet seulement. Je suis Ace 2016 (agent contractuel d’Etat)  et jusqu’à la date d’aujourd’hui je n’ai pas encore mon salaire. Comment voulez-vous que je sois prêt pour la rentrée ? De plus, je ne crois pas que les enlevés soient prêts, car ils sont allés en vacances le 14 juillet et déjà, le 31 juillet, les cours de vacances ont commencé pour prendre fin le 1er septembre 2017 pour la plupart. Environ deux semaines après (le18 septembre2017), c’est la rentrée scolaire va démarrer. Psychologiquement, les élèves ne seront pas prêts. Même si nous commençons les cours le 18 septembre, nous ne pouvons pas finir les programmes. Le gouvernement doit revoir le fonctionnement du système éducatif ».
Au Ceg Sègbeya où nous étions, la version n’a pas varié. Cette fois-ci, l’enseignant rentré a requit l’anonymat.  « Comme vous le constatez, les élèves sont en train de se faire enregistrer. Ceux qui veulent faire de transfert le font. Mais en ce qui concerne le démarrage des cours, il faut noter qu’il y a problème. Nous ne pouvons pas tout de suite dire que les enseignants sont prêts pour la rentrée. Il y en a de même du côté des parents. Car, il y a le problème d’argent qui se pose. Les parents n’ont pas d’argent pour inscrire les enfants et acheter les fournitures scolaires », a-t-il indiqué. Dans les marchés de fournitures scolaires, l’affluence n’y est pas encore. Que ce soit à l’étoile rouge ou au stade de l’amitié où nous étions, c’est encore le calme plat. Les exposants n’ont pas voulu se confier à nous.  
 
La position de certains parents d’élèves
 
Tous les parents d’élèves interrogés ne sont pas contre cette date du 18 Septembre 2017. A part ceux qui posent le problème de moyens financiers, certains estiment que la date fixée ne pose aucun problème. Jean-Claude Hazoume ne trouve aucun inconvénient à cette date. « A mon humble avis la rentée qui est prévue pour le 18 septembre ne pose aucun problème. Nous devons vite commencer et être au même niveau que les autres pays. Ceux qui disent que c’est une mauvaise décision n’ont pas raison. Laissez le gouvernement faire des reformes.  Seulement, il faillait le dire d’avance pour que les parents prennent leur disposition compte tenue de leurs ressources parce que les ressources deviennent  de plus en plus rare aujourd’hui. ». Jacques Houssou n’est pas du même avis que lui. « Toutes les reformes du gouvernement en place sont dures. C’est l’exemple du 18 septembre pour la rentrée scolaire. Le gouvernement n’a qu’à penser à nous les parents d’élèves en ramenant la date pour le 03 octobre et en payant le salaire des enseignants  pour que ceux-ci s’occupent de nos  enfants comment il le faut ». Pour Antoine Hounyemin, la décision n’est pas mauvaise, même si elle est un peu précipitée, selon lui. « Moi je ne condamne pas la décision prise par le gouvernement. Vous savez, il y a quelque chose que les gens ne comprennent pas. C’est que, s’il y a trop de chaleur, les enfants n’arrivent pas à assimiler correctement  ce que les enseignants leur disent. Mais quand il y a un peu de fraicheur les enfants assimilent correctement les explications. Seulement qu’une décision si importante ne doit pas être prise de façon précipitée ». Huguette Hounkanrin prendra la défense des élèves, estimant qu’ils n’ont pas eu assez de temps pour se reposer.  « Les enfants ont pris les vacances, c’est les cours de vacances qui ont suivi et déjà le 18 septembre la rentrée  est là. Je pense que cela va bousculer les enfants. En temps normal, les enfants, après le travail, doivent se reposer afin de se préparer psychologiquement pour la rentrée prochaine. Mais, avec cette date, il y a pas de repos pour eux c’est dommage. Le temps est dur, 18 septembre ou 03 octobre la rentrée doit commencer. Nous sommes obligés de prendre ça comme ça. Mais c’est difficile pour nous les parents d’acheter les fournitures dans cette situation ».
 
Guillaume Bata
(Stag)
 
Les élèves ne sont pas tous prêts
Les élèves continuent encore les vacances. Ils appellent de tous leurs vœux à un report de la date de la rentrée scolaire ; car disent-ils, le temps des vacances n’est pas suffisant. Pendant ce temps, d’autres sont d’accord et prêts pour le 18 septembre 2017.
 
Félicité, élève en classe de 1ère : « Je suis prête et pressée de retrouver mes amis »
« Oui, je suis prête, parce que pendant les vacances, je ne me suis pas trop amusée, j’ai aussi consacré peu de temps aux études et maintenant, je pense que je suis prête et pressée de retrouver mes amis. Moi, je prépare bien la rentrée, car mes parents ont déjà tout payé pour que je commence dans de bonnes conditions ».
 
Victoire, élève en classe de 2nde : « Je ne me sens prête pour commencer »
« Non, je ne me sens prête pour commencer parce que je n’ai pas encore payé les fournitures. Mes parents ont dit qu’ils n’ont pas encore trouvé d’argent, mais je prie Dieu de me venir en aide pour que je commence au même moment que les autres ».
 
Maxime, élève en classe de Terminale : « je suis prêt…j’ai déjà tout au complet»
« Oui, je suis prêt parce que j’ai déjà tout au complet comme mon sac, mes cahiers et toutes les autres fournitures et aussi je suis prêt à affronter toutes les épreuves pour encourager mes parents et donner le meilleur de moi-même au cours de cette nouvelle année ».
 
Propos recueillis par Ghislaine Akpovo
(Stag)