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reparation portableLe secteur du numérique est en pleine révolution. Chaque jour qui passe consacre une nouveauté avec des spécificités évidentes. Dans ce contexte marqué par des téléphones portables de dernière génération, comment s’en sortent les dépanneurs ? Arrivent-ils toujours avec leurs outils souvent dépassés à dépanner ces nouveaux types de téléphone ? Brève incursion dans ce secteur où se côtoient tradition et modernité.

Petit enclos de quelques mètres carré où l’on transpire à suffoquer. L’entrée ne donne aucune impression d’une œuvre sérieuse.  Pourtant, c’est l’atelier de Martial. Il y travaille depuis déjà des lustres et des clients avertis viennent lui rendre visite. A l’intérieur, une petite table aménagée où sont étalées des centaines de téléphones portables usés et neufs. Dans un  coin de la pièce, un ordinateur portable dont on peine à lire la marque et des matériels de travail. En ‘’débardeur’’ couleur grise trempé de sueur, il s’échine à l’aide d’un tournevice, à ouvrir un téléphone portable. Cet appareil a un problème d’allumage. A le voir à l’œuvre, on n’a aucun espoir que l’appareil fonctionnera les minutes qui suivront, mais le technicien affiche un optimisme surprenant. « Ça va marcher. Je connais mon travail », lâche-t-il. Le spécialiste nous livre son cours. Pour lui, il existe deux types de dépannage. Le dépannage hard et le dépannage soft. Le premier, selon ses explications, consiste à régler les dysfonctionnements liés aux problèmes de micro, de baffle, de charge et de court-circuit. Le dépannage soft concerne beaucoup plus les téléphones portables actuels. Il s’agit des problèmes d’allumage, d’écran, de programmation, de déblocage etc. Pour résoudre les problèmes hard, de quoi a besoin Martial ? Le dépanneur n’a pas recours à une technologie particulière. Il utilise juste son tournevice, son fer à souder, ses pinces et pincettes. Ces outils communs à tout dépanneur lui permettent d’ouvrir le portable et réparer la panne. L’exercice ne marche pas à tous les coups, mais il se démerde tant bien que mal. Mais ce qui constitue la grande difficulté de ces dépanneurs, même si la plupart le cachent soigneusement, c’est le soft. Les problèmes liés à la programmation, au déblocage, à l’allumage, et souvent à l’écran sont les vrais ennuis de Martial et ses confrères. Pour sortir de cette situation souvent embarrassante, ils utilisent des méthodes variées. Martial, pour sa part, a recours à ce qu’il appelle le flashage. Pour réussir cet exercice dont il est le seul à comprendre le sens, il a recours à un appareil qu’il dénomme boitier et un ordinateur portable. « Le boitier est un outil important pour le flashage. Sans le boitier, il n’est pas possible d’entrer dans le système de l’ordinateur et faire les interventions soft. Mais, nous avons aussi besoin de l’ordinateur car il nous faut faire des recherches sur internet », affirme-t-il. Mahfouz est aussi un dépanneur. Son atelier, apparemment un peu mieux équipé que l’autre, n’a visiblement rien de particulier. Seuls deux ordinateurs de plus et rien d’autre. Mais Mahfouz a visiblement une longueur d’avance sur son ami Martial. Il est un peu curieux et réussit souvent à faire des recherches approfondies sur internet. Il sait comment entrer dans le fichier de l’appareil via internet. Ce processus, affirme-t-il, lui permet de détecter les pannes au niveau de la mémoire de l’appareil et résoudre le problème. Une forme de scannage qui lui offre les pannes qu’il résout souvent avec succès. Mais là encore, Mahfouz n’est pas véritablement à la pointe. Il fonctionne encore avec une grande marge d’imprécision. Pas d’appareil ultra moderne, pas de dispositif de pointe. Il affirme sans hésiter qu’il dépose souvent les armes quand le portable a des problèmes de connexion de réseau. Les téléphones usés qui jonchent sa pièce renseignent à suffisance sur sa difficulté à satisfaire les besoins des usagers. « Je n’arrive pas à réparer tous les téléphones portables. Quand je ne réussis pas, je trouve les mots pour expliquer au client », affirme-t-il.

 Des clients à peine satisfaits

 Les témoignages ne sont pas toujours en faveur de ces techniciens. Les clients sont partagés, mais la majorité pense qu’il vaut mieux se prémunir de leur service. Pour Maryse, étudiante, ces dépanneurs sont, pour la plupart, dans le bricolage. « Ils ne réussissent pas toujours à réparer les téléphones qu’on leur confie. Des fois, tu leur remets et ça marche et une ou deux semaines après ça s’éteint, encore », déclare-t-elle. L’exercice ne marche donc pas à tous les coups, mais derrière cette réticence, il y a  aussi une raison économique. Pour certains clients, il est inutile de solliciter les services d’un dépanneur si l’on sait que le prix du dépannage est supérieur au prix d’achat du téléphone. « J’achète le téléphone à 5000 FCfa. S’il se gâte, je vais voir un dépanneur et il me dit qu’il va prendre 7000 FCfa. Dans ce cas, je n’ai pas autre choix que de rassembler les sous pour acheter un autre téléphone », confie Mamoudou, commerçant. Les raisons avancées par ces clients sont diverses, mais elles convient à décourager le recours à ces dépanneurs.

Urgent besoin de formation des acteurs

La technologie avance et les besoins d’actualisation des connaissances sont grands. Ces dépanneurs pratiquement aux méthodes archaïques, se doivent de se faire former. D’où la nécessité pour eux de se mettre à l’école des nouvelles technologies. Ceci permettra d’éviter les multiples  désagréments que cette situation impose aux clients.  L’instauration d’un cadre élargi de renforcement de capacités de ces acteurs est désormais une exigence.

 Guilène Oussou

(Stag)