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Syndicats
Les syndicalistes et le gouvernement se retrouvent pour aplanir les divergences

L’incertitude gagne les cœurs ! De gros nuages noirs s’amoncèlent sur le toit de l’enseignement au Bénin. Les plus pessimistes explorent déjà des « hypothèses catastrophiques », mais les informations conviennent à espérer. La rencontre entre le Gouvernement et les Centrales et Confédérations syndicales prévue pour ce mardi 13 mars 2018 à l’Infosec est décisive. Enfin le bout du tunnel?

Tout le monde a raison et que dans le même temps tout le monde a tort. La guerre froide actuelle entre le Gouvernement et les Syndicats a l’avantage de présenter deux acteurs qui affichent une bonne foi qui tarde à se traduire dans les actes. Il est vrai qu’aucun d’eux, comme ils le disent si bien (et ceci ne fait pas de doute), n’a l’intention de nuire à l’avenir des apprenants, mais à force de tirer le drap, l’irréparable ne sera pas impossible. Les salles de classe sont toujours fermées, les apprenants toujours dans la rue. Ce jour, les deux acteurs se rencontrent une fois encore pour échanger. Il est d’ailleurs préférable qu’ils s’écoutent davantage, car il semble que c’est désormais la meilleure attitude pour sortir de l’immobilisme actuel. La prise en compte des vérités des autres pour parfaire ou ennoblir la sienne tout en acceptant de consentir des sacrifices réciproques, telle est sans doute l’attitude espérée de la part de chaque acteur. Les jours se décomptent inexorablement et toute posture de raidissement pourrait conduire dans le gouffre. Les partenaires sociaux en premier lieu ont claqué la porte il y a quelques semaines en raison de la question de la défalcation. Cette question devenue épineuse et sans doute fâcheuse est posée au fronton de la maison syndicat. Ils (les responsables syndicaux) s’y accrochent mordicus et exigent avec brusquerie que c’est le premier point à satisfaire avant tout autre. En d’autres termes, sans accord au sujet de la rétrocession des défalcations, point de négociation. C’est la première barrière que la sagesse syndicale et gouvernementale devra permettre de franchir sans heurt. Difficile de prédire ce que réserve ce jour, mais il semble bien que le passage en force risque d’être fatal. De l’autre côté, à voir la posture syndicale, il semble qu’aucune brèche n’est envisageable. Le gouvernement doit dire ‘’oui ou oui’’ par rapport à la question de la rétrocession. Cette démarche risque d’écorner un peu l’espoir placé en ces négociations. Le sacrifice espéré des partenaires sociaux est un minimum de concession sur ce point, car la flamme ravivée doit permettre d’avancer.

 Plusieurs points à aplanir

 La grande difficulté actuelle se trouve au niveau des verbes pouvoir et vouloir. Le gouvernement estime qu’il ne peut pas (en raison de l’incidence financière) satisfaire, à l’étape actuelle, certains points de revendications des travailleurs. C’est en fait une difficulté exprimée de répondre favorablement à cette exigence des travailleurs. Mais de leur côté, les partenaires sociaux estiment qu’en fait, le gouvernement ne veut pas satisfaire ces points de revendication. Le baromètre qui les renforce dans leur argumentaire, c’est ce qu’ils appellent «  salaires exorbitants » accordés à certains cadres  de la République. Ces montants en question les confortent dans leur certitude que le gouvernement a la capacité de répondre pleinement et d’ailleurs confortablement à leurs aspirations. Et donc, tout argument tendant à faire croire que l’Exécutif est dans l’incapacité de satisfaire leurs revendications, fussent-elles dispendieuses, est rejetée en bloc et sans détour par ceux-ci qui brandissent la mauvaise foi du gouvernement. Du coup, on est dans une situation de procès d’intention. Comment réussir à prouver aux syndicats (qui sans doute ont déjà leur chapelle) la bonne foi du gouvernement ?L’exercice ne sera pas une sinécure. Dans un contexte pareil, les phrases aussi bien élaborées et les mots n’ont plus de sens. Ça sonne comme du déjà entendu. Il faudra agir maintenant en consentant un minimum de sacrifices. Soit, accepter de prendre les textes (arrêtés) sollicités et de reporter la mise en œuvre pratique ou soit de couper la poire en deux en consentant un minimum de sacrifices. Le même sacrifice est demandé aux partenaires sociaux. Il ne sera pas exagéré de leur demander de prendre ce qu’on leur donne et d’accepter de poursuivre les négociations. On n’est presque jamais sûr d’avoir à tous les coups ce qu’on veut, mais on peut déjà s’assurer de ce qu’on a. Chacun des acteurs doit regarder la nation et surtout les enfants. Les syndicats ne représentent pas que les travailleurs, ils sont aussi des acteurs à part entière de la société. Les membres du gouvernement ne vivent pas sur une galaxie, mais dans le peuple. Chaque acte qu’ils posent doit être imprimé par cette volonté de mettre  les préoccupations de la masse au cœur de leurs priorités. Vivement que la rencontre d’aujourd’hui tranche en faveur du peuple.

HA