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L’utilisation des réseaux sociaux de plus en plus prisée

Les réseaux sociaux ont le mérite de révolutionner le monde de la communication. Seulement, ils sont parfois utilisés à des fins peu recommandables. C’est le cas de certaines jeunes filles qui les utilisent pour faire du marketing sexuel.

C’est inédit, mais les réseaux sociaux sont des plateformes modernes de rencontres et de prostitution. Des jeunes filles de mœurs légères sont recrutées via Whatsapp, Viber, Facebook pour offrir des services sexuels. Le phénomène paraît banal, mais c’est carrément un marché virtuel de sexe qui est en vogue à Cotonou. Inutile désormais pour les hommes ayant soif du plaisir sexuel d’aller vers les filles de joie pour avoir un moment salace. Il leur suffit seulement de prendre leurs Smartphones pour solliciter les services de ces jeunes filles recrutées par des proxénètes de groupes de discussions spécialement conçus pour ça. Les clients contactent ces filles qui, pour la plupart, sont des lycéennes et des étudiantes, depuis leurs domiciles ou leurs chambres d’hôtel. De ce fait, des rencontres sont organisées. 30.000 fcfa, 50.000 fcfa, 100.000 fcfa, les prix à payer pour satisfaire ses fantasmes varient en fonction du service sollicité. Expertes dans la bisexualité et le lesbianisme, ces filles s’adonnent volontiers à cette activité du fait de leur situation économique. A la différence de la prostitution traditionnelle qui s’exerce sur les trottoirs et dans les lupanars, cette forme de prostitution est peu visible. En général, ces filles offrent des services sexuels virtuels en envoyant à leurs clients des photos qui exposent leur nudité et des vidéos érotiques contre rémunérations faites par transfert mobile money ou flooz. « Des détails, il faut s’en passer. Mes parents ignorent que je fais ce genre d’activité. C’est pour subvenir à mes besoins », se défend D.B.Leurs clients sont en particulier, des acteurs politiques, des commerçants, des banquiers, des hommes d’affaires, des jeunes ou encore des étrangers. « Je suis marié, mais je ne peux pas ‘’tripoter’’ ma femme en temps voulu à cause de ses voyages. Donc, je fais recours parfois à ces filles pour satisfaire ma libido », déclare M.H.  Fidjrossè, l’une des plages les plus fréquentées de Cotonou et plusieurs boîtes de nuit sont ainsi prises d’assaut tous les weekends et parfois en semaine. R.L, l’administrateur d’un groupe de sexe sur whatsapp, explique que ce sont les filles elles-mêmes qui demandent à intégrer des groupes de sexe. En revanche, il exige des clients de leur accorder du respect. Pour lui, c’est un principe à respecter. « Chacune de ces filles ont leurs raisons pour vouloir faire cette activité », ajoute-t-il. Avec ce business, ces proxénètes satisfont leurs besoins et entretiennent leurs familles. L’important est qu’ils en tirent profit même si pour cela il faut livrer de nombreuses jeunes filles innocentes vivant dans la précarité, à la prostitution.

 L’avis du sociologue Jacques Aguiah

« L’évolution des technologies a contribué au développement du marché du sexe. Ce marché existait et de nouvelles contraintes le nourrissent. Mais ce phénomène provoque un grand impact sur la société. Cela donne les moyens de réduire le champ de contrôle social parce qu’il est plus facile pour les forces de sécurité de mener des opérations dans des maisons closes que d’opérer sur le champ virtuel. Parce qu’il n’y a pas suffisamment de moyens pour exercer un contrôle sur les plateformes. Il augmente aussi la cote de suspicions et d’infidélité,  réduit l’exercice de l’autorité parentale et de confiance entre les partenaires, permet au phénomène d’aller à un rythme très avancé parce que s’opérant sur un terrain plus ou moins caché. Ce marché se démultipliera parce que de chez soi, on peut négocier les services des filles. Ça a un certain caractère inconnu puisque, celui qui est de l’autre côté, tu ne le connais pas assez. C’est quelqu’un qui l’a mis dans le forum et comme ça, il est difficile de s’assurer vraiment de la nature du partenaire à rencontrer. A la différence des travailleurs de sexe qui ont tous les moyens de contrôler ce qu’ils font, les jeunes filles et jeunes garçons qui s’adonnent à la sexualité à travers les réseaux sociaux, ne sont pas suffisamment structurés, organisés et formés à cela. Du coup, le risque est élevé de tomber dans des chocs. Ce dernier peut être un bandit, un réfractaire, et une nuit peut signer la mort de quelqu’un. Une expérience peut préparer votre déchéance systématique. Mais l’administrateur de ces forums n’a pas les moyens de contrôler toutes les personnes qui entrent dans le  groupe alors que les responsables d’une maison de sexe contrôlent les clients de la maison suivant des codes et des règles. Mais la réglementation sur le forum n’est pas suffisamment contraignante pour contrôler les clients et pour la sécurité de ces filles. Le risque est élevé et après, c’est l’hypocrisie totale au sein de la société. Le risque est aussi que les couples sont fragiles, parce que ce qu’on vit sur ces réseaux, on n’a malheureusement pas la chance de le vivre ça dans un foyer. On a du mal à concrétiser des fantasmes avec sa partenaire surtout si  cette dernière en fait un mythe  et une désacralisation. Le marché du sexe à Cotonou et dans les grandes villes prend de l’ampleur. Il ne faut pas régler des problèmes pour en créer d’autres plus difficiles à gérer. Supprimer ce marché sera  en partie une erreur. Les sociologues tentent de dire avec difficulté que la prostitution est régulatrice de l’ordre social, assure l’équilibre social, entretient la cohésion et que cela est un fait social, donc faisant partie intégrante de l’ordre social. L’exemple est tout simple. Fermez à Cotonou tout ce qu’il y a comme maison de sexe et vous verrez le taux de crime sexuel et d’agression sexuelle dans la ville. Le taux de viol baisse parce que l’accessibilité au marché sexuel augmente. Plusieurs foyers doivent aussi leur équilibre à ces offres.  Malheureusement, il vaut mieux que ces offres sexuelles existent. On peut réduire la tendance actuelle en offrant aux forces de l’ordre la possibilité de contrôler l’espace sexuelle virtuel. Cela permettra de réduire la question de prostitution chez les adolescents. Il faut faire des enquêtes à propos. Si l’accessibilité au marché sexuel descend, le taux de viol augmentera puisqu’il y a des personnes qui vivent un désir sexuel instinctif et psychologique, mais qui parce qu’il y a une offre disponible, ne s’adonnent pas au viol ».

Barell Saizonou

(Stag)