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zinsou lionel
Lionel Zinsou imposé par le chef de l’Etat

Avec Lionel Zinsou comme candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent, Yayi Boni nous propose de passer de sa démocratie « nescafé » à la démocratie « café au lait ».Une imposture de plus, sous ce règne…

Dans son célèbre livre au titre plutôt glaçant, Nègrologie, le journaliste-écrivain français, Stephen Smith affirmait que « depuis cinquante ans, l’Afrique travaille à sa recolonisation ». Cette assertion avait bien sûr choqué nombre d’Africains. Et voici que le Président béninois est en passe d’apporter de l’eau au moulin de Stephen Smith. En imposant, à ses affidés, Lionel Zinsou comme candidat à l’élection présidentielle, il confirme bien de thèses des afro-pessimistes. Déjà que la première chaîne de télévision française, TF1, déroule le tapis rouge à ce digne continuateur de la « mission civilisatrice de la France en Afrique ». Lionel Zinsou, à en croire TF1, « est une exception parmi les dirigeants de ce monde : c’est le seul Français à la tête d’un pays d’Afrique ». Evidemment, TF1 appartient à Bouygues. Et Lionel Zinsou,  à la tête de la nouvelle colonie du Bénin, est bon signe pour les affaires et la fameuse… « France à fric »pour ne pas dire françafrique !
Blanc comme…nègre
  La France, disait le général de Gaulle, « n’a pas d’amis ; elle n’a  que des intérêts ». Yayi Boni est personnellement, aussi, dans la même dynamique. C’est donc absolument pour des intérêts inavoués, parce que, sans doute inavouables, qu’il a imposé à ses partisans la candidature de Lionel Zinsou. Ceci, au mépris des règles élémentaires de la décence… Mais, ce péché originel n’a pas empêché notre nouveau « général Dodds » de rentrer rapidement dans ses habits de candidat au « pays des nègres ».Vous aviez dit Nègrologie ? Et pourquoi pas des nègrologues ? Au plan de l’apparence, l’homme qui se sentait  juste « un peu béninois », a décidé de faire sa mue. A la guerre comme à la guerre ! D’abord, au plan de l’apparence. Il  a  abandonné ses costumes pour des tenues traditionnelles locales. C’est vrai que dans ces  genres de déguisements, il  fait plutôt penser à un touareg venu droit du désert. Mais bof ! Pas trop grave… Ensuite, notre « Zinli » national a décidé d’user de toutes les recettes éculées  du système Yayi. En effet, en 2006 le candidat Yayi Boni nous avait tapageusement vendu du « ça peut changer, ça doit changer, ça va changer ». Du vent ! Avec son  « héritier» Zinsou, ce  sera « lumière pour tous », et sans doute « ténèbres pour chacun ». Le baptême de feu du candidat Zinsou (c’est vraiment le cas de le dire) a commencé par une séance ubuesque de distribution de lampes torches aux populations. Depuis, comme Yayi Boni, Lionel Zinsou est tous les jours  sur le terrain. Parfois même accompagné de son père et d’un « tuteur » comme ce fût le cas à Adja-Ouèrè. Sûr que maman était empêchée. A moins que…. Comme Yayi Boni, Lionel  parcourt le pays en hélicoptère, usant et abusant des moyens de l’Etat, en violation flagrante des articles 62 et 63 de nos textes fondamentaux. A ce propos, l’incident de Djougou du week-end dernier, avec l’hélicoptère devenu présidentiel, apparaît à bien des égards comme un avertissement sans frais… Comme Yayi, Lionel a désormais à sa totale dévotion la télévision publique, au mépris des règles de l’équité et de la déontologie journalistique. Les journaux télévisés ne sont désormais que des hymnes dédiées à sa cause. Et les « journaleux » du Palais, genre Henri Ziwota, se surpassent pour servir le nouveau messie. La servitude, disait Vauvenargues, avilit l’homme jusqu’à l’en faire aimer. Bref, exactement comme Yayi, Lionel Zinsou, relativise les grands scandales au sommet de l’Etat. Ainsi pour lui, l’énorme scandale du Ppea 2 n’est qu’un « accident de parcours ». Comme Yayi, Lionel Zinsou brasse du vent à longueur de discours. Comme Yayi, il est déjà adepte du culte de la personnalité. On l’a vu plier son immense silhouette en quatre pour saluer son « Dieu » Yayi. Les réseaux sociaux en ont fait leurs choux gras…
 Droit d’inventaire
 C’est dire donc que, comme Yayi, une fois installé sur son trône du Palais, Lionel sera un « roi nègre ». Comme aux temps bénis des colonies, que chantait Michel Sardou, le « grand chef blanc » jouera les « rois nègres » jusqu’à la caricature. Peut-être même qu’il en profitera pour devenir polygame comme quelqu’un…C’est bon l’Afrique et « y’a bon banania ». Le soleil aidant, on peut s’y permettre tous les interdits ! C’est dire que la simple dignité nous oblige à barrer la route à cette grotesque imposture de Yayi. Notre pays ne doit pas rentrer à reculons dans l’histoire des nations, en acceptant cette farce de mauvais goût. Lionel Zinsou est en service commandé, dans son second pays qu’il connaît à peine. S’il avance pour l’instant masqué, c’est simplement par stratégie. Il a un « deal » avec Yayi, et un cahier de charges. Ce marché  de dupe conclu sur le dos du peuple est assez clair : Yayi Boni recherche à tout prix un poste d’atterrissage à l’international. Il veut aussi, coûte que coûte, protéger ses arrières, surtout avec la menace Talon qui pointe à l’horizon. Lionel Zinsou peut lui garantir ce double avantage, tout en offrant notre pays sur un plateau, à ses mentors de l’hexagone. En imposant Lionel Zinsou comme dauphin, Yayi Boni tient à nous priver de notre « droit d’inventaire », sur ses dix années de gabegie, de corruption, de concussion, de pillages et de viols à la tête de l’Etat. C’est clair donc que deux grands camps s’affrontent désormais : celui de la rupture et de la reforme, avec en face, le camp de tous ceux qui veulent perpétuer le système abject de Boni Yayi. Lionel Zinsou n’est finalement qu’un simple miroir aux alouettes. Malheureusement, ce genre de miroir n’attrape pas que des oiseaux… D’où l’urgence d’un sursaut national face aux sombres desseins de Yayi Boni et de son pion venu de France. Ici et maintenant.
Ben Olawalé