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Adrien-Houngbedji2Le président de l’Assemblée nationale a laissé parler son cœur, le jeudi 11 janvier 2018, à la tribune de l’Institution, lors de la cérémonie de présentation de vœux. Il a réaffirmé la nécessité pour le Parlement de respecter les autres Institutions et l’Etat de droit.

Me Adrien Houngbédji, homme de droit et homme politique averti, ne pouvait ne pas savoir que « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ». Dans un franc-parler, l’homme qui est arrivé à la tête de l’Institution parlementaire, il y a trois ans, a dit à l’endroit de ses collègues qu’il n’y a pas de raison que le Parlement ne respecte pas les décisions de la Cour Constitutionnelle. Contrairement à l’impression que l’opinion garde de l’Institution parlementaire, sur les dernières événements survenus au sein de l’hémicycle, le Président Adrien Houngbédji a démontré que le Bénin a une longue tradition démocratique, et pour cela, reste un model démocratique en Afrique. Dans une démarche explicative, il a montré au plan législatif ce qui s’est passé.Evoquant le vote de la loi sur le statut de la magistrature, il a déclaré : « c’est avec un pincement au cœur que nous avons voté la loi. Le droit de grève pour les magistrats, c’est le fruit d’un long combat ; c’est le moment et le lieu de rétrospection : pourquoi nous l’avons votée ? Si nous sommes amenés à renoncer au combat d’une longue période démocratique, c’est en raison des abus constatés, dans l’usage de ce droit. Nous aurions aimé ne pas toucher à ce droit ». Les députés qui sont une émanation du peuple souverain ont donc agi autrement, en mettant fin au droit de grève, dont usent et abusent les agents de l’Etat, au détriment des citoyens, usagers et justiciables. Les grèves sans service minimum dans le secteur de la santé, avec des morts d’hommes, n’ont-elle pas un impact sur les populations ? A en croire le premier des députés, c’est cela l’un des motifs qui ont été à la base de l’acte posé par les parlementaires. Sur le dossier relatif à la non-désignation des représentants au Cos-Lépi, le Président Houngbédji a, maintes fois, répété, que le Parlement respecte la décision de la Haute Juridiction : « Aussi bien que nous devons respecter les décisions de la Cour constitutionnelle, nous devons respecter notre règlement intérieur », a-t-il laissé entendre. Soucieux du bon fonctionnement de l’Institution qu’il dirige et du respect des textes de la République, le Président de l’Assemblée nationale a été vu comme quelqu’un qui a désobéi aux 7 Sages. C’est sans peine qu’il a évoqué l’assignation doublée d’astreintes combinatoires, dont il fait objet ; même si la poursuite n’a aucune chance d’aboutir, l’assigné qu’il est,  qualifie la procédure de malheureux. Il reconnaît tout de même que les dérives qui partent de l’Institution peuvent avoir des répercussions sur l’image du Parlement.

 Martin Aïhonnou

 (Coll)