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Patrice Talon peut compter sur Joseph Djogbénou et Candide Azannai

Après moult débats et controverses autour de son arrivée, l’opérateur économique et magnat du coton, Patrice Talon, est rentré au bercail ce mercredi. Pour en arriver là, il a pris toute la classe politique au dépourvu, privilégiant la stratégie d’une arrivée plutôt discrète, à une arrivée fortement médiatisée.

La principale pièce manquante à l’élection présidentielle de l’année prochaine est désormais présente. Longtemps repoussé, le retour du richissime homme d’affaires béninois, Patrice Talon, est depuis hier mercredi une réalité tangible. Du coup, la fièvre de la précampagne montera d’un cran dans les heures à venir. Le camp adverse avait réussi, usant de la malsaine propagande habituelle, à intoxiquer les esprits faibles et faire admettre qu’il ne pourrait pas rentrer. Avec les rumeurs les plus folles et outrancières répandues ces dernières années sur sa personne, Patrice Talon, écorché vif, blessé dans sa fierté et revenant de loin, se mettra à cœur de vite remettre les pendules à l’heure et les choses à l’endroit. D’ailleurs, autant son retour au bercail après ses trois années d’exil, s’est fait dans un anonymat absolu, autant la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. C’est dire que l’homme aimé par les uns, craint ou haï par les autres, ne laisse personne indifférent. Il se savait attendu. Avec calme, et l’esprit plus apaisé, il peut désormais s’atteler à l’immense tâche de l’ascension vers la Marina. « J’ai déjà assez parlé de cette question. Je crois qu’il n’y a plus de doute là-dessus. Cette question ne se pose plus pour moi. Il ne reste qu’à en définir les contours et le cadre », a-t-il déclaré à la presse sur ce qui passait toujours pour une éventualité. De plus, avec une mentalité de guerrier forgée dans l’adversité, avec des succès éclatants engrangés dans le monde des affaires, Patrice Talon se dit déterminé à aller au charbon pour trouver les solutions à la fatalité qui a fini par faire son lit dans l’esprit des Béninois. Il sait que ce challenge ne sera pas une tâche aisée. « Je peux vous avouer que, aller au charbon et vaincre la fatalité avec mes concitoyens est désormais mon défi ultime. Je vais y aller et je voudrais pouvoir avec vous, avec mes concitoyens, avec tout le monde, contribuer à mettre ce pays sur le chemin du développement », a-t-il ajouté. Autant dire que la machine est lancée.

Wilfrid Noudadan        

Un homme avisé, crée la surprise

Longtemps attendu au pays pour recevoir un accueil digne d’un héros couvert de médailles, Patrice Talon a refusé l’exhibitionnisme et le populisme. En homme avisé, il a compris que faire du bruit autour de son arrivée pourrait être un terrain fertile à une agitation politique.

Celui qui manquait sur le terrain politique béninois est enfin là. Patrice Talon est rentré en toute tranquillité, loin des micros et cameras et même sans la ferveur de ses nombreux fans et admirateurs qui, il y a très longtemps, se sont préparés pour l’accueillir avec clameur et passion à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin. Qu’ils réservent leur énergie pour les batailles qui s’annoncent très âpres. On les reverra sans doute sur le front aux côtés de leur leader dès que les choses sérieuses vont commencer. A leur endroit, Patrice Talon s’est excusé et ne leur a pas caché sa gratitude. Lorsqu’après toutes les humiliations subies, toutes les souffrances vécues et tous les désaccords auxquels il a été exposé, lorsqu’après avoir surpassé toutes ces rancœurs accumulées, il est important de tirer leçon du passé pour ne pas tomber dans un piège. A plusieurs reprises, Patrice Talon a indiqué qu’il a pardonné et tourné cette lugubre page de triste mémoire. En réalité, à bien analyser la stratégie utilisée pour organiser son retour, il n’y a qu’à conclure que c’est la parfaite illustration de ses intentions d’apaiser et de déminer la tension entre le régime et lui. Car, de l’autre côté, le pardon accordé apparaît plus comme un mot qu’un acte. En témoignent les velléités et les invectives qui sont toujours d’actualité pour abattre l’ennemi. Beaucoup redoutaient un malheur à l’arrivée de l’homme d’affaires, beaucoup aussi se demandaient s’il allait pouvoir rentrer chez lui, et enfin beaucoup étaient convaincus qu’il ne sera pas autorisé à rentrer dans le pays, sans oublier qu’une partie de l’opinion publique rapportait à qui veut l’entendre que le laissez-passer délivré à Patrice Talon n’est qu’un piège imaginé par les autorités étatiques pour le mettre en cage. En tout cas, tous ou presque pariaient sur la volonté affichée de Yayi Boni de foutre le bordel. Face à ses doutes, certitudes et incertitudes, il fallait conjurer toute agitation susceptible de traîner le pays dans les flots du sang. Connaissant bien Yayi Boni, même si ses pairs de la sous-région lui ont téléphoné pour qu’il laisse tranquille son ami d’hier, il est capable de renoncer à ses engagements vis-à-vis des présidents de la sous-région et du peuple qui n’a pas oublié son pardon de mai 2014. Certes, au finish, les rumeurs qui se sont amplifiées et les signes avant-coureurs d’un coup en préparation ont laissé place à une ambiance décrispée et totalement plate. Le contraire aurait pu se produire si Patrice Talon avait été accueilli triomphalement à son arrivée. Une telle stratégie représentait un grand risque pour la sécurité du candidat. On aura sans doute une image d’un aéroport noir de monde. De l’aéroport à son domicile, des milliers de sympathisants et d’amis munis de banderoles ornées de slogans favorables à l’homme d’affaires auraient pu spontanément se manifester. Mais Patrice Talon a choisi   de négocier ce premier virage en toute discrétion et finesse. La tête est désormais tournée vers le scrutin présidentiel pour lequel il a confirmé sa candidature.

Fidèle Nanga