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Atao-hLa politique est un sable mouvant. C’est connu depuis des lustres.  Mais, c’est surtout un jeu de rapport de forces. Le jeune député Atao Hinnouho Mohamed, qui croupit actuellement en prison, l’a appris à ses dépens. C’est pourquoi le ralliement,  in extrémis, ou le retour   de son parti à la mouvance présidentielle le weekend dernier à Porto-Novo est tout  sauf un évènement majeur.

Finalement Atao Hinnouho et sa clique ont atterri, comme d’aucuns s’amusent à le dire sur les réseaux sociaux, pieds et mains liés,  dans la mouvance présidentielle. Le weekend écoulé, malgré la distance et son absence près des siens, le jeune trublion député de la 15è circonscription a, semble-t-il,  convaincu ses partisans de la nécessité de contribuer à l’œuvre de développement entamée par la « Rupture » et donc, de faire marche arrière. Au fond, cela n’est que justice, ou plutôt le bon sens retrouvé. Car, dans un passé récent, à l’entre-deux tour de la présidentielle de 2016, le député Atao Hinnouho Mohamed avait été le 1er à rejoindre la Coalition de la rupture ayant soutenu Patrice Talon.Il avait, à l’époque, surpris la classe politique par la célérité  et la clarté de son choix politique. C’était un soutien sans ambages  à Patrice Talon, pour fermer la page des délétères et pestilentielles années « Yayi ». On avait tôt fait de lire dans la décision du jeune député un signe de « maturité politique ». On s’attendait alors qu’il marque cet ancrage par une fidélité sans faille au nouveau pouvoir. Et qu’il se comporte en véritable politicien, non mû par ses intérêts personnels, mais par l’intérêt général. Mais hélas ! Une fois de plus, et contre toute attente, le député a tourné casaque et commencé par tancerla politique menée par le gouvernement. Atao Hinnouho, peut être insatisfait après les premiers actes et arbitrages de Patrice Talon, s’est ouvertement déchaîné contre celui qu’il a porté au pouvoir.  Il avait,  en fait,  oublié d’où il venait. Il a certainement aussi,  oublié qu’il a quitté, sans crier gare et sans autre forme de procès,  le parti qui l’a formé et lancé en politique. « N’est-ce pas un signe d’ingratitude ? », s’étaient demandés ses pairs militants du parti.   Il a également oublié qu’un jeune leader comme lui, devrait être exemplaire. Il a, pour finir,  certainement oublié, que son élection en 2016 comme député, a été faite en deux temps.

 Un vendeur ambulant de la « mort » !

 N’eût été la « clémence » d’une certaine Cour, il se serait déjà retrouvé lancé dans le  vide. C’est ici qu’il doit être reconnaissant à Me Kato Attita, qui a fait parler son « bagout » et son expérience pour aider à son repêchage.Mais, le jeune et fringant politicien, certainement mû par sa position et son aisance financière, a tôt fait de prendre la grosse. Il était trop pressé et trop ambitieux, il voulait aller trop vite.  Mais erreur suprême, et signe d’une certaine précocité, Atao Hinnouho a oublié qu’il était un « grossiste », et un « vendeur ambulant de la mort ». Certes, il avait bénéficié des largesses et  insuffisances d’un régime dont il a su, à merveille, exploité les failles, pour faire prospérer son commerce illicite. Mais,  un élu du peuple ne peut pas s’adonner à un tel commerce, sous prétexte d’avoir l’immunité. Mieux, il est impardonnable de se servir  de sa couverture politique pour s’enrichir. C’est contre la morale et l’éthique. C’est donc logique qu’il paie aujourd’hui le prix d’une certaine « agitation » et  inexpérience. Il aura laissé, sur le carreau, dans cette précipitation pour atteindre le sommet, de nombreux jeunes désœuvrés à Akpakpa, qui croyaient en lui. S’il advenait que son absence sur l’échiquier politique soit définitive, ou du moins, perdure, ce serait un véritable boulevard pour ses opposants et anciens « amis » politiques de la 15è circonscription électorale. Il ne s’attend qu’à cela. Ainsi va la politique. Toute erreur se paie « cash ».

 Jean-Paul Mahugnon