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Le chef de l’Etat a réaffirmé son ambition

Le discours du Chef de l’Etat Patrice Talon à la conférence internationale de l’Unesco portait sur les profondes aspirations de l’institution. Fervent défenseur de la circulation des biens culturels, le Président de la République s’est positionné comme un référant dans ce débat sérieux instauré par l’Unesco au cours de ce colloque international.

Le Chef de l’Etat Patrice Talon est resté fidèle à sa position en rapport avec la circulation des biens culturels et au combat de l’Unesco. Au cours de son intervention, il a fait savoir, de façon claire et sincère, la position du Bénin sur la question de la circulation des biens culturels. En effet, très tôt après son accession au pouvoir, le Chef de l’Etat du Bénin s’est positionné comme le chantre du retour desdits biens dans la perspective d’une propriété  universelle et de partage de l’histoire. Cet engagement s’est laissé transparaître dans son discours à l’Unesco. Selon le Chef de l’Etat, il est d’une importance capitale pour le Bénin de privilégier la restitution de ses biens culturels. La réalisation de ce vœu permettra, de réhabiliter et d’offrir au monde l’épopée de ses rois et de ses amazones, les vestiges du plus grand port ouest-africain de l’histoire de l’esclavage ainsi que la richesse des arts et cultures de son patrimoine vodoun. « Vous convenez avec moi que ces biens ont une âme et que, revenus sur leur terre de création, exposés parmi les leurs, là où tout est en cohérence avec leur essence, ces témoins exceptionnels de notre histoire vivront enfin le même rayonnement que leurs semblables des autres contrées de ce même monde », a-t-il précisé. Depuis des années, Patrice Talon reste le seul Chef d’Etat à poser cette préoccupation. Il est la seule personnalité à demander de façon formelle depuis le 26 août 2016, aux autorités françaises la restitution des biens culturels patrimoniaux détenus dans les musées français. Au-delà de cet acte que certains qualifieraient d’audacieux, le Chef de l’Etat s’est révélé, par la qualité de son discours. Dans tous les foras depuis son accession au pouvoir, il a toujours fait montre d’une audace et d’une franchise dans ses interventions. Un peu distant de la trop grande diplomatie hypocrite des rencontres officielles, le Président de la République a souvent arboré, dans un ton tout aussi cordial et amical, un discours franc qui laisse toujours transparaître les vraies thématiques du moment. Il n’a pas dérogé à la règle cette fois-ci, car à son avis, la question de la circulation des biens culturels et du patrimoine partagé est indissociable de celle de leur histoire originelle et surtout de la reconnaissance des vrais dépositaires de cette histoire. Au-delà d’un discours, la question de la restitution des biens est pour le Chef de l’Etat un combat décisif qu’il mène avec foi et engagement. A travers cet engagement, Patrice Talon s’est positionné comme le porte-voix d’un peuple africain privé, pendant des années, de son âme, de ce qu’il a de plus cher. Il s’agit d’un combat de tous les Africains et des peuples opprimés par les vicissitudes de l’histoire. Dans son intervention, Patrice Talon a mis un point d’orgue sur les grands projets touristiques en cours au Bénin. « Ce faisant, le Bénin compte avec la restitution de ses biens culturels, réhabiliter et offrir au monde, l’épopée de ses rois et amazones », a-t-il fait savoir.

 

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L’intégralité de l’allocution du président Patrice Talon

– Mesdames et Messieurs les ministres ;

– Madame Zohour Alaoui, présidente de la Conférence générale ;

– Monsieur Lee Byong-hyun, Président du Conseil exécutif ;

– Madame Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco ;

– Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Délégués permanents ;

– Mesdames et Messieurs ;

Mon pays le Bénin se réjouit de la tenue de cette conférence dont le thème, depuis peu, est au cœur de son programme de développement culturel et touristique.

Depuis deux ans en effet, le Bénin s’est engagé dans un important programme de développement du secteur de la culture et du tourisme pour augmenter son potentiel d’attractivité et d’investissement dans un secteur réputé porteur de développement socioéconomique.

Au-delà des considérations d’ordre politique, historique, sociologique ou philosophique, la restitution, le partage et la circulation des biens culturels sont désormais pour le Bénin, un moyen de lutte contre la pauvreté, un facteur de création d’emplois et de richesses, un outil de développement socioéconomique ; toute chose qui relève des objectifs de l’aide au développement et de la coopération.

C’est dans cette dynamique que le Bénin a entrepris de construire trois musées dotés des moyens les plus modernes de conservation et d’exposition pour révéler au monde, dans un esprit nouveau, sa contribution et son rôle dans l’évolution de l’humanité.

Ce faisant, le Bénin compte, avec la restitution de ses biens culturels, réhabiliter et offrir au monde, l’épopée de ses rois et de ses amazones, les vestiges du plus grand port ouest-africain de l’histoire de l’esclavage ainsi que la richesse des arts et cultures de son patrimoine Vaudou.

Une telle ambition, comme on peut l’imaginer, exige de la volonté et des actions fortes au plan de la coopération internationale.

C’est dans cet esprit que le Gouvernement du Bénin a formellement saisi, le 26 août 2016, les autorités françaises d’une demande de restitution de ses biens culturels patrimoniaux détenus dans des musées français.

Ces biens uniques et exceptionnels, dont l’histoire a du mal à être contée avec aisance dans leurs lieux actuels de rétention, n’attendent que d’être retournés dans leurs environnements naturels en vue de leur renaissance.

Mesdames et Messieurs,

Vous convenez avec moi, que ces biens ont une âme et que revenus sur leur terre de création, exposés parmi les leurs, là où tout est en cohérence avec leur essence et où leur histoire révèle davantage leur grandeur que leur asservissement, ces témoins exceptionnels de notre l’histoire vivront enfin le rayonnement que vivent leurs semblables des autres contrées de ce même monde.

Vous convenez enfin avec moi, que les biens culturels sont une composante majeure de l’identité des peuples dont ils incarnent l’histoire.

De ce fait, ils doivent rester la propriété de ces peuples tout en continuant d’être accessibles à toute personne en quête de découverte et de savoir.

C’est pourquoi, la question de la circulation des biens culturels et du patrimoine partagé est indissociable de celle de leur histoire originelle et surtout de la reconnaissance des vrais dépositaires de cette histoire.

Mesdames et Messieurs,

Bien que les uns et les autres aient évolué dans l’approche réparatrice de cette question, il n’est pas superflu de rappeler à notre attention, le consensus que traduit la Résolution 3187 de l’Assemblée générale des Nations Unies qui stipule que la restitution constitue une juste réparation du préjudice historique.

Dans le même esprit, je m’en voudrais de ne pas rappeler l’appel du Directeur général de l’Unesco, il y a exactement quarante ans, en faveur du retour des biens culturels à ceux qui les ont créés.

Pour sa part, le Bénin reste convaincu d’une chose: quelles que soient les circonstances historiques de délocalisation des biens, la coopération et le partenariat restent le moyen le plus efficace pour leur renaissance et leur rayonnement durable au profit de tous.

Mesdames et Messieurs,

La restitution et la circulation des biens culturels et patrimoines partagés est une cause que devra servir la coopération internationale.

Pour nous les pays en quête de développement, c’est aussi un moyen franc, sincère et efficace d’aide au développement. Je ne doute pas que les éminents spécialistes, décideurs et intellectuels du monde entier ici réunis, trouveront l’inspiration nécessaire à la bonne formulation des recommandations et approches permettant de relever un défi désormais à notre portée, celui de la renaissance de certains biens culturels.

Il en va de la vocation universelle du patrimoine culturel qui, nous le reconnaissons tous, constitue un élément essentiel de la construction des nations.

Il en va de sa préservation et de sa circulation entre les sociétés, tout en reconnaissant l’exigence de propriété.

Il en va enfin du dialogue approfondi entre les États, tant ces biens culturels sont porteurs d’identité, de diversité et d’enrichissement mutuel, facteurs de bien-être partagé, de cohésion et de paix.

Je souhaite pleins succès à nos échanges et vous remercie pour votre attention.