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DeglaL’année 2015 aura marqué comme les autres années des personnalités. Les faits majeurs de cette année des élections législatives, communales, municipales et locales et en même temps une année précédant l’élection du président de la République, a enregistré le rappel à Dieu du président Mathieu Kérékou. Sa disparition le 14 octobre ainsi que ses obsèques qui se sont déroulées à Natitingou le 12 décembre, après des hommages officiels nationaux qui lui ont rendus entre le 9 et le 11 décembre de Cotonou à Natitingou en passant par de grandes villes, ont retenu l’attention de plusieurs personnalités.

Benoît Dègla sur l’élection et la gestion du président Adrien Houngbédji: « Tout va pour le mieux »

Le député Benoît Dègla des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), ne regrette pas l’élection de Me Adrien Houngbédji pour la troisième fois au perchoir. Dans cet entretien, il apprécie positivement la méthode de gestion du président Houngbédji qui n’a fait que surprendre agréablement.
 Le Matinal : Avec du recul, quelle analyse faites-vous de l’élection de Me Adrien Houngbédji à la tête de l’Assemblée nationale ?Etes-vous surpris ?
 Benoît Dègla : Merci beaucoup ; c’est une page que nous avons voulu vite tourner au niveau de la mouvance, puisque nous étions prétendant, au poste de président de l’Assemblé nationale, et vous avez vu le résultat étriqué qui a permis l’élection du président Adrien Houngbédji. En pareille circonstance les premiers moments sont des moments de méfiance, chacun essais de se garder, de voir ce que ferait l’autre. Mais nous avons compris, les semaines passant, que le président Houngbédji est resté  dans la logique, dans l’engagement qu’il a pris vis-à-vis de l’ensemble des députés, à savoir « être le député de tout le monde », travailler pour qu’il y ait une certaine cohésion au sein de l’Assemblé pour nous éviter les couacs, et je pense que c’est ce qui est en train d’être fait. L’Assemblé est dirigée, j’avoue, de façon très consensuelle.
 On va y revenir. Vous avez parlé de score étriqué. On se rappelle que c’était 41 voix pour la mouvance contre 42 pour l’opposition. Comment avez-vous vécu cela ?Comme un échec ?
 Vous savez  en politique, l’échec aujourd’hui peut être synonyme de victoire demain. En politique, n’est pas dit que tous vos efforts doivent être couronnés de succès. Ce dont il faut s’armer c’est se dire qu’après l’échec,on doit pouvoir se relever. , après l’échec il faut s’armer de courage pour vaincre la défaite et  atteindre un niveau plus élevé. Il est élu démocratiquement même si c’est à 1 point près, il demeure le président de l’Assemblé nationale et à ce titre,nous le prenons comme le premier responsable de l’Assemblé, et  lui-même de part la méthode  de gestion, nous adhérons aujourd’hui, enfin, du moins pour l’instant, il n’y a pas encore eu de sujet qui ait été abordé avec virulence pouvant entrainerdes sanctions au sein de l’Assemblée.
 Alors il revient à un poste qu’il a déjà occupé deux fois par le passé. Pour vous, qu’est-ce qui a payé ? Le charisme ?La personnalité de  l’homme ou c’est l’ensemble de l’opposition qui s’est tout simplement réuni ?
 Vous savez pour se déclarer candidat il a dû faire un travail autour de lui.Je suis heureux que mon pays le Bénin ait un président dont l’expérience parlementaire force l’admiration. C’est une très bonne chose. Quant à nous  au niveau de la mouvance il est notre président et nous n’avons pas d’amertume par rapport à l’échec que nous avons eu.Mais bien au contraire, nous avonsadhéré parfaitement à la stratégie qui consiste à faire travailler tout le monde ensemble. Que l’Assemblée soit dirigée de façon consensuelle, qu’il n’y ait  pas un camp qui pense que c’est lui qui domine l’Assemblée. Je crois que c’est dans cet esprit qu’il travaille et c’est ce qui nous rassure par rapport à au lendemain, par rapport à ce qui pourrait advenir des annéesaprès. Mais pour l’instant je pense que tout ce passe bien.
 Quelle est l’attitude du président par rapport aux valeurs de ponctualité, dictature des textes… ?
 Ecoutez,ce n’est pas nouveau. Moi j’ai connu le président Mathurin Nago qui avait parlé exactement comme ça.Mais l’Assemblée nationale a ses réalités, donc c’est toujours normal qu’on rappelle au début, les grands principes. Mais dans la réalité, les présidents se rendent eux-mêmescompte quece n’est pas si facile.
 Ça a changé ?
 Bien sûr !Je vous rappelle que nous sommes à l’Assemblée. Tous les députés s’équivalent.Nous sommes tous des collègues.C’est ce que les gens doivent comprendre. A l’Assemblée, il n’y a pas de chef, nous sommes tous des élus du peuple, il est mis là juste pour diriger.Nous qui l’avons mis là, du jour au lendemain on peut décider qu’il ne soit plus là. Vous comprenez.Parce qu’il a été élu que pour 5 ans.Il a intérêt à se comporter de manière à avoir toujours avec lui le grand nombre. Autrement dit, il peut un jour partir. Mais nous n’en sommes pas là du tout. Je pense que tout se passe bien et nous souhaitons qu’il en soit ainsi pour les semaines les mois à venir.
 Pour vous qui êtes de la minorité parlementaire, il ne vous a pas souvent stigmatisé ?
 Je ne sais pas ce que vous appelez minorité parlementaire ou mouvance parlementaire, aujourd’hui.Quand vous regardez l’Assemblée vous vous demandez est-ce qu’il y a une minorité est ce qu’il y a une majorité ? La vivacité de notre démocratie c’est en fait cela, nous sommes arrivés à  un moment où majorité et minorité se ressemblent, parce que sur les textes fondamentaux nous arrivons à faire l’unanimité, c’est çà ce qui est important. Donc, tant que c’est comme çà le présidenta un boulevard qui est ouvert devant lui pour circuler librement, donc les relations …
 Tout va bien, vous êtes satisfait de son mode gestion jusqu’à présent ?
 Ecoutez !Je dis tout va bien. Il ne s’agit pas de personnaliser les choses.Je parle en tant que député qui vit au quotidien  la gouvernance du président Houngbédji. Tout n’est pas rose, mais ce n’est pas important par rapport à l’aspect général, par rapport aux intérêts des uns et des autres. Il peut avoir quelques petits problèmes. Je dis aujourd’hui, là où nous en sommes c’est que tout se passe bien, que l’intérêt général est chaque fois préservé.C’est çà le plus important.
 Sur quel chantier l’attendez-vous en 2016 ?
 Vous savez, nous rentrons dans une phase délicate de la vie politique de notre pays. Il s’agit du choix du candidat, il s’agit de l’élection du président de la République dans deux mois…
 Qu’il vous soutienne ?
 Mais pourquoi pas ? Nous notre appel, on le réitère tous les jours, avoir avec nous toutes les forces politiques parce que nous avons un projet de société dans les mains de Monsieur Lionel Zinsouqui rassemble et qui optimise les chances du Bénin dans son devenir dans son développement.Il s’engage à continuer les acquis, qu’il faut perfectionner. Vous savez, le chef, le président Yayi Boni est arrivé au pouvoir en 2006 et le Bénin était comme un tarmac d’un aéroport avec des trous partout. L’hélico ;l’avion ne pouvait pas décoller.Il faut d’abord fermer tous les trous avant qu’il ne puisse décoller. Fermer les trous c’est quoi ? Chaque trou représentait une priorité, la santé, l’éducation, l’enfance malheureuse, les infrastructures etc. C’était autant de priorités. Le chef de l’Etat a voulu réussir tout çà, malheureusement nous sommes un pays sans ressources de sous-sol, en dépit de cela nous avons eu une croissance constante et en matière de résultat, en matière d’acquis sociaux. Je pense que dans la sous-région nous sommes le pays le moins pauvre. Lorsqu’on compare la sous-région nous sommes le pays le moins pauvre.
 D’accord en claire  vous vous souhaitez que Adrien Houngbédji ou peut-être le Prd vous soutienne, est ce que vous les avez approché, c’est acquis, c’est dans la boîte ?
 Non, ce n’est pas ici que je vais le dire (« journaliste : d’accord ») les tractations sont encours. Tout le monde voudrait avoir le Prd, tout le monde voudrait avoir la Rb, tout le monde voudrait avoir l’Union fait la Nation, les tractations sont en cours. Je pense que les jours à venir chacun sera édifié et je suis persuadé en tout cas que le choix qui est le nôtre est le choix gagnant.
 En 2016, qu’est-ce que vous souhaitez à Adrien Houngbédji en tant que président de l’Assemblé nationale ?
 Qu’il reste dans cette dynamique de rassemblement, de recherche constante du consensus, de l’apaisement et si les choses se passent comme ça, il n’y a pas de raison que nous ayons des discordes, que nous ayons la tension au niveau de  l’Assemblée nationale.
Réalisation Rèliou Koubakin