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roi Gandjègni
Autour du roi Gandjègni, l’igname a été célébrée à Savalou

De tradition, les ressortissants de l’aire culturelle Mahi se donnent rendez-vous à Savalou, la cité de Soha, le 14 août de chaque année,  pour célébrer l’igname. Pour le compte de 2016, les manifestations ayant enregistré la présence des rois et têtes couronnées d’ici et d’ailleurs, ont été marquées par plusieurs activités à divers endroits de la ville.

« Nous fêtons l’igname parce qu’elle fait neuf mois avant d’apparaître. Vous savez, naturellement, l’homme fait neuf mois dans les entrailles de sa mère avant de naître. Donc, l’igname a la vie d’un homme dans le ventre de sa mère qu’est la terre. Raison pour laquelle nous vénérons la sortie d’une nouvelle igname tout comme si c’est un bébé qui vient de naître.»  Cette déclaration faite par sa Majesté dada Gandjègni Awoyo Gbaguidi 14 vient justifier le sens et toute l’importance des retrouvailles de la «15 août». Ainsi, l’on comprend alors aisément la ferveur et l’engouement qui animent le peuple Mahi et autres curieux à prendre d’assaut  le palais royal dans la matinée de chaque 14 août.  Un rituel a été exécuté au pied du grand baobab du palais par les prêtres du Fâ et réédité devant le grand public sur l’esplanade du palais royal en présence des délégations des rois et têtes couronnées du Bénin et d’ailleurs, puis des populations et des invités de marque de Savalou. A la fin du rituel, les révélations sont bonnes : la nouvelle igname peut être consommée sans crainte. C’est par acclamation que les populations, qui ont compris le message des prêtres du Fâ relayé par la Tassionon (sœur du roi), ont accueilli la nouvelle. Cela autorise la consommation de la nouvelle igname dans toutes les maisons de la ville. Et pour donner l’exemple, l’igname pilée «royale» a été servie aux invités de Dada Gandjègni Awoyo, dans la salle de réception du palais. Pour conclure le rituel relatif à la nouvelle igname, le roi de Savalou a procédé à la décoration de Thierry Rouzier et de Benoîte Hounvo pour leurs œuvres sociales au service du développement de Savalou. Ils ont été élevés au rang d’ambassadeurs du palais royal. En dehors du match de football de l’après-midi, les populations n’ont eu que quelques instants de répit avant de rejoindre les trois podiums d’animation musicale installés à des points stratégiques de la ville.  De la musique béninoise, tant traditionnelle que moderne, en live comme en playback, a été distillée très tard dans la nuit. La journée du 14 août dernier à Savalou n’a laissé aucune place à l’ennui. La ville a vibré, depuis la matinée jusqu’à tard dans la nuit,  au  rythme de diverses activités inscrites au programme. Au nombre de celles-ci, la messe d’action de grâce à l’église Notre Dame de l’Assomption. La réussite de ces retrouvailles est tributaire d’un comité d’organisation très dynamique présidé par Gabin Allognon. Avec ses collaborateurs, il a su transcender les clivages politiques pour donner un cachet spécial à la fête.

Zéphirin Toasségnitché

(Br Zou-Collines)  

Impressions de quelques personnalités

Lionel Zinsou : «Je vais tout faire pour le développement de Savalou et de mon pays »

« Nous savons que notre pays connaît un problème de changement climatique.  Nous avons une saison sèche trop longue maintenant et donc, il va falloir que tous les citoyens travaillent si on veut des ignames demain. Ça c’est bien au-delà de la politique. Je dois remercier le roi et les autorités de la République. Moi, je suis ici en tant que simple citoyen, un simple sujet de sa majesté. Comme le citoyen de Savalou, je vais tout faire pour le développement de Savalou et de mon pays ».

Christelle Houndonougbo : « D’année en année, ça devient une fête nationale »

«Je crois que c’est toujours avec un grand plaisir que nous venons à Savalou chaque année pour la fête de l’igname. Et vous savez ce que s’est que l’igname pour les gens des Collines de façon générale et les Mahi en particulier. Nous sommes venus pour le devoir. Ce qui est particulier, c’est que, d’année en année, ça devient une fête nationale. Je pense que cette année, il y a eu quelques innovations. Il faudrait que les années à venir, on aille au-delà de la cérémonie officielle.»

Danatien  Nonhouégnon, préfet des Collines : « Il faut que l’on évolue vers le développement »

«C’est un plaisir pour moi de vous voir tous assis autour de sa Majesté pour célébrer la fête de l’igname qui a une histoire séculaire. Au-delà de ces retrouvailles, il faut que l’on évolue vers le développement du département des Collines en général et celui  de la commune de Savalou en particulier. Ce serait notre prochain combat et notre prochaine victoire. Cette mission qui nous incombe, nul ne sera de trop dans l’atteinte des résultats parce que d’énormes défis restent à être relevés. Il va falloir alors taire les divergences et s’unir autour du développement car, l’arme de vengeance d’un croyant fervent, ce n’est que l’amour et le pardon.»

Valère Tchobo, député à l’Assemblée nationale : « C’est une identité culturelle du peuple Mahi » 

« La fête de l’igname est incontestablement l’identité culturelle du peuple Mahi dont Savalou en tête naturellement. L’évènement qui nous réuni aujourd’hui est un évènement festif et capital. Loin d’être un creuset politique, ça doit plutôt faciliter le brassage culturel de l’aire Mahi. Nous devons profiter de ces retrouvailles et penser au développement de la commune de Savalou. Les élections sont terminées, donc, la politique, nous pouvons la classer quelque part ».

Odile Atanasso, ministre de l’enseignement supérieur : « La présence du gouvernement marque la fin de la division de Savalou »

« La présence ici du gouvernement marque la fin de la division de la Commune de Savalou. Majesté Gandjègni Awoyo Gbaguidi 14,  vous nous avez honorés parce que vous avez réussi à rassembler  tout le monde autour de cette fête. Notre présence ici marque un Nouveau départ. Nous avons donc fait la rupture avec les mauvaises pratiques que nous avons eues jusque-là. Egalement, nous avons enclenché le nouveau départ pour le développement de la Commune. Savalou est engagée à partir d’aujourd’hui. Je parle au nom du gouvernement que je représente ici. Et je vous rassure que le gouvernement actuel est prêt à accompagner Savalou dans son développement. Le Chef de l’Etat nous a promis des choses et un comité regroupant toutes les composantes de la Commune sera mis en place pour le suivi des actions promises par le Chef de l’Etat…»

Ginette Gbaguidi : « J’ai décoré le roi parce que c’est un vrai roi »

«J’ai décoré mon roi parce que c’est un vrai roi. Un roi qui sait se mettre au-dessus de la mêlée. C’est un roi rassembleur et non un roi qui prône la division. Lors de l’intronisation de sa Majesté Gandjègni Awoyo Gbaguidi 14, je n’y étais pas parce que je n’avais pas digéré la mort de Tossoh. Mais les oiseaux de mauvais augures l’ont utilisé comme prétexte pour me séparer du roi. Mais ce dernier étant sage n’a pas prêté flanc à leur machination. Cela mérite, selon moi, une reconnaissance publique ».

Propos recueillis par Z. T. (Br Zou-Collines)