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Yayi arrache les libertés
Le Pcb contre le coup de force de Yayi Boni

La question de concession ferroviaire du Bénin à Bolloré prend une ampleur nationale. Partis politiques, syndicats et Société civile se mobilisent pour dire non à cette machination sous Yayi Boni. (Lire leur déclaration conjointe).

Déclaration

Réunis le mardi 28 juillet 2015 à la Bourse du travail de Cotonou, sur invitation du Premier secrétaire du Pcb, Président de la Convention patriotique des forces de gauche et à propos du funeste contrat de concession ferroviaire de notre pays à Bolloré, les responsables d’organisations politiques, syndicales de travailleurs, de jeunes et de femmes, de défense des droits de l’homme et de la société civile en général ci-dessous citées, rendent public la déclaration suivante :

  • Considérant l’heureuse décision des hautes autorités de nos pays à savoir le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger de construire une boucle ferroviaire moderne reliant ces pays ainsi que le Togo, comme élément d’intégration régionale ;
  • Considérant que le chef de l’Etat béninois a le devoir constitutionnel de veiller sur les intérêts vitaux du peuple béninois ;
  • Considérant   l’appel d’offres international n°5498/Mdcttp-Pr/Mtac/Dc/Sg/Ocbn du 4 août 2008 lancé par le Bénin et le Niger à l’issue duquel le Groupe Pétrolin du compatriote Dossou-Aworet Samuel soumissionnaire, est déclaré adjudicataire par lettre N°001/2010/Mtta/Mtttaptp/Pr/Cpc signée par les autorités du Bénin et du Niger ;
  • Considérant que le groupe Bolloré n’était pas soumissionnaire à cet appel d’offres.
  •      Considérant que contre toute attente et légalité, les deux gouvernements du Bénin et du Niger sans au préalable avoir repris la procédure d’appel d’offres, confient au groupe Bolloré la réalisation de cette voie ferrée au détriment du Groupe Pétrolin ;
  • Considérant que, contrairement à toutes les études préalables réalisées en matière ferroviaire, aux recommandations de l’Union internationale des chemins de fer (Uic) qui préconise la construction de rails modernes à écartement standard (1435 mm) déjà appliquées dans la plupart des pays du monde, et contrairement à la directive n° 01/2014/Cm/Uemoa adoptée le 27 mars 2014 par l’Uemoa et demandant à tous les pays membres de se mettre à la norme moderne, le groupe Bolloré tient, coûte que coûte, à imposer à notre pays ainsi qu’au Niger les voies ferrées vétustes, coloniales condamnant nos pays pour des années encore à l’arriération et nous isolant des pays de la sous-région notamment le Nigeria et le Ghana ;
  • Considérant que jusqu’à ce jour le Groupe Bolloré opère en l’absence de tout cahier de charges ;
  • Considérant que la signature d’une telle convention est contraire aux obligations constitutionnelles résultant du serment prêté par le chef de l’Etat de défendre partout les intérêts du Peuple béninois et donc est constitutive de haute trahison et de parjure.
  • Vu les diverses protestations des hommes et femmes patriotes du Bénin contre cette haute manœuvre de violation des textes en vigueur dans notre République notamment la Constitution du 11 décembre 1990, la lettre des Membres du Comité technique interministériel de suivi de la Convention Bénirail adressée au ministre du Développement et de l’analyse économique en date du 1er avril 2015… ;
  • Vu que cette détermination du groupe Bolloré et de ses complices que sont les Gouvernements du Bénin et du Niger à imposer, coûte que coûte, à nos pays un projet aussi obsolète révèle la volonté manifeste de destruction de nos pays et de piétiner la dignité de notre patrie à des fins que nous ignorons ;
  • Vu qu’un tel plan ne peut jamais être accepté par des Patriotes, au risque d’être complices d’un Crime et d’en répondre devant l’Histoire ;

Les Responsables des Organisations politiques, syndicales et de la société civile soussignées

1°- Déclarent que :

– La question de la concession de la voie ferroviaire à Bolloré relève d’intérêt national qui dépasse les clivages de partis politiques en ce sens qu’elle constitue une question vitale pour le développement économique de notre patrie en même temps qu’elle touche au respect des textes en vigueur dans notre pays.

– Elle est aussi une question patriotique de défense des intérêts d’un Compatriote contre un abus de droit.

2°- Saluent toutes les actions protestataires menées jusque-là par les patriotes béninois de toutes catégories contre cette opération funeste.

3°- Saluent la motion sur la boucle ferroviaire adoptée le 25 juillet à Cotonou par les Unions et confédérations syndicales de l’Uemoa réunies à Cotonou en Rencontre des Organisations syndicales de la sous-région ouest-africaine et qui « s’opposent résolument à toutes constructions de rails obsolètes dans nos pays » et « demandent aux gouvernements des deux (02) pays de surseoir au contrat avec le groupe Bolloré sur ces bases».

4°- Déclarent, par conséquent, qu’ils ne sauraient accepter une pareille humiliation de notre patrie au risque d’être comptables devant l’histoire.

5°- Demandent aux gouvernements du Bénin et du Niger de ne jamais signer une telle concession à Bolloré avec des clauses de construction de rails à écartement métrique.

6°- Appellent tous les élus et notamment nos Honorables députés à se saisir de ce dossier patriotique et stratégique par l’interpellation du Gouvernement et l’exigence de l’autorisation parlementaire avant signature de tout contrat de concession ferroviaire qui devra respecter les normes légales, modernes et environnementales en la matière ;

7°- S’engagent à s’opposer par tous les moyens à la réalisation d’un tel projet funeste.

8°- Se rendent disponibles pour d’autres concertations en vue d’actions urgentes et immédiates si le gouvernement du Bénin ne renonce pas au projet funeste avec Bolloré.

9°- Appellent, par conséquent, tout le peuple, à travers toutes ses organisations constituées, à faire barrage, par tous les moyens, à une telle forfaiture pour l’avenir de ce pays et de ses enfants.

Fait à Cotonou, le 28 juillet 2015