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yayi-talonLe Gouvernement a fait semblant de remuer certains dossiers d’Etat pendants devant la justice : objectif : tenter d’étouffer le projet de candidature à l’élection présidentielle de 2016 au Bénin.

Ça y est ! Yayi Boni a donné le top ! Les hostilités ont été lancées hier nuit et on peut s’attendre désormais à ce qu’il lance la justice aux trousses de Patrice Talon. Pour commencer, le conseil des ministres a fait semblant de rappeler les dossiers d’Etat qui sont pendants devant la justice et a cité quelques uns, notamment la Sbee, la Soneb, la Sonacop et autres. Mais en réalité, c’est le cas Talon qui était le plus préoccupant pour le conseil. Non seulement, le relevé a consacré une bonne partie à l’opérateur économique ; mais il est allé jusqu’à réveiller des dossiers qui datent d’autres régimes et qui avaient été vidés depuis. De la Sodéco jusqu’à la Cour commune arbitrale de la justice en passant par l’affaire Bénin-Contrôl, le conseil a tout dit et a essayé de culpabiliser Patrice Talon. Il a été présenté méchamment comme quelqu’un qui a des contentieux avec son pays. Et comme si cela ne suffisait pas, le conseil des ministres a fait des affirmations graves et diffamatoires contres la Ccja. Le relevé du conseil comporte des propos que devront certainement justifier le Gouvernement et son chef. Lorsqu’on jette du discrédit sur une décision de justice commune et qu’on tente de présenter la décision comme n’était pas bonne, on a sûrement les preuves pour se défendre. Pire, le conseil des ministres estime que cette décision en faveur de Patrice Talon ne l’engage pas.

On l’avait toujours dit. Il n’a jamais pardonné profondément. Dans son cœur, ça brule toujours contre Patrice Talon et c’est certain que son retour dans son propre pays l’énerve. Et comme l’a dit quelqu’un, il n’y a pas longtemps, « Yayi est extraordinaire. Il vient toujours là où on l’attend. Même s’il ne vient pas au moment venu, il viendra forcément ». Tout le monde savait qu’il n’était plus dans sa peau depuis que Talon est rentré dans son propre pays. On s’étonnait depuis même du fait qu’il ne réagissait pas. Maintenant, il a déclenché sa machine à nuire et à ennuyer Talon. Ces dossiers remués en conseil des ministres ont pour objectif unique d’embrouiller la candidature de ce citoyen opérateur économique. Sinon, pourquoi attendre quatre mois seulement des élections pour se souvenir de ces dossiers ? Où était Yayi depuis que la Haute Cour de justice trainait ses pas ? Où était-il quand ces députés ont voté pour le désordre financier qu’il y a eu dans l’affaire PpeaII pour protéger Barthélemy Kassa ? Pourquoi maintenant ? Où est l’urgent et pourquoi c’est maintenant qu’on pense réveiller ces nombreux dossiers déjà pendant devant la justice ? C’est simplement la peur de partir du pouvoir. Yayi a peur de quitter le pouvoir en Avril. Et comme il sait que Patrice Talon est au cœur de tout, il affiche sa panique et sort sa haine.

Une chose est certaine, Yayi, comme d’habitude, veut créer de la tension dans le pays. On a comme impression qu’il n’aime pas voir le Bénin dans le calme. Et ces affaires qu’il vient de ressusciter inutilement vont occuper l’actualité nationale, voire embrouiller le quotidien des Béninois en cette période électorale ; pendant que tout le monde réfléchit sur les qualités de l’homme qu’il faut choisir pour lui succéder dans six mois.

Qu’il pleuve ou qu’il neige, Yayi Boni va partir en Avril 2016 et le peuple élira un autre candidat pour lui succéder. Il peut créer toutes les sortes de brouille dans le pays. Les élections tiendront en toute quiétude. S’il ne vise rien, pourquoi chercher à vouloir régler ses comptes avec un citoyen à quelques mois de la fin ?

AT    

De la pression sur la justice

La gaffe a été commise. En effet, le Conseil des ministres du 25 octobre 2015, a étalé ses insuffisances juridiques avant de procéder à des nominations. En décidant de faire accélérer les dossiers pendants devant les juridictions, le gouvernement vient d’interférer dans l’appareil judiciaire. Le Bénin qui pleure un de ses artisans du renouveau démocratique, en la personne de Mathieu Kérékou, est un Etat de droit. Comme tel, il est inadmissible que l’Exécutif fasse injonction au pouvoir judiciaire. Les juges sont inamovibles et ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi. Ils rendent justice au nom du peuple souverain. Ils sont indépendants vis-à-vis de tout pouvoir. Ils ne subissent que l’influence de leur conscience. C’est la raison pour laquelle, il y a une formule consacrée à la magistrature qui s’énonce : « le magistrat (celui du siège) juge selon son intime conviction. » Et le président Yayi Boni le sait mieux que quiconque. Ce sont des subterfuges qui n’aboutiront à rien. Le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin, réputé très intransigeant, et très actif sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, ne l’admettra pas. Il défendra quoi que cela lui coûte l’indépendance de ce corps de métier pendant qu’il demeurera en activité. Au besoin, il assignera les instigateurs d’une telle aventure pour pression sur l’appareil judiciaire. Ce qui est évident, c’est que la cause des membres du conseil des ministres en général, et celle du président Yayi Boni en particulier est déjà entendue. Mais ce serait peine perdue que de vouloir provoquer une force tranquille au repos. Combien de procès Yayi a-t-il remportés contre Patrice Talon ?

 Jean-Claude Kouagou

 Des comportements de voyou

Yayi Boni et consorts…ont des comportements de voyou. Ce gouvernement a la facilité de se rebeller contre les décisions de justice. Il refuse de payer ses dettes suite à des prestations dont il a bénéficié. Alors qu’il a réquisitionné les usines de la Sodeco pour l’égrenage du coton, le gouvernement refuse de payer les factures ou de ne pas les reconnaître. Le voilà aujourd’hui chanter, que Sodeco, une société dans laquelle il possède des parts, a été gérée par l’Administration Talon sans qu’il ne soit associé. Ce n’est ni plus ni moins, une stratégie pour ne pas payer des factures. Quant à la décision de la Ccja (Cour commune de justice et d’arbitrage), Yayi Boni trouve qu’elle ne l’engage pas. Ce n’est pas un comportement digne d’un Etat sérieux dont le président est en exercice à la tête de l’espace Uemoa, territoire de compétence du Tribunal communautaire. En s’en prenant aux juges de la Ccja, en qui il ne fait pas confiance, insinuant une odeur de corruption dans la sentence rendue par cette instance arbitrale, le chef de l’Etat béninois fait honte au pays et démontre à suffisance qu’il n’aime pas la justice. Tout ce qu’il a dit sur la justice supranationale est un précédent grave. Ce qui fait mal, c’est ce que nous ne sommes pas et qu’il laisse croire que nous sommes. Au lieu de dire directement que son gouvernement ne veut pas payer les préjudices causés à Patrice Talon par le fait d’une gouvernance arbitraire et dictatoriale, il rejette le tort sur la justice.   *

 FN