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Marche oppositionAnnoncée à grand renfort médiatique, la marche initiée par les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et quelques résidus des autres partis de l’opposition a effectivement eu lieu hier lundi 11 mars 2019. Seulement, il n’y a rien à se mettre sous la dent.

Il est huit heures trente hier lundi matin. A cette heure de la journée, il n’y avait pas encore une foule compacte sur l’esplanade du stade de l’amitié. Juste quelques groupuscules de jeunes et des irréductibles du Parti communiste du Bénin (Pcb) qui faisaient le pied de grue. Autour de 8h 40, les grands moyens ont commencé par être déployés. Des bus pleins d’hommes et de femmes ont commencé par s’immobiliser. L’esplanade du stade Général Mathieu Kérékou se bonde. Du côté de la rue longeant l’hôtel du stade, on voit également des gens venir en grand nombre. En l’espace d’une trentaine de minutes, l’esplanade s’est emplie. Quelques jeunes ont également effectué le déplacement à moto. Autour de 9 heures, le  »muezzin » circonstanciel a commencé par appeler les militants au regroupement à l’intérieur du stade de l’amitié. En ce moment déjà, quelques leaders étaient à l’intérieur. Les retardataires sont venus après et la marche a commencé. De façon générale, tout donnait l’impression d’une action spontanée, mais il est difficile d’être  péremptoire. Çà et là, on peut  apercevoir des groupes de 5  ou 10 personnes qui  écrivaient  des noms sur  des papiers  blancs. En termes vulgaires, on dira qu’ils font la fameuse liste pour certainement avoir une contrepartie. Mais les indéfectibles ont tôt fait de dire qu’il s’agit juste d’une formalité pour avoir une idée des militants présents à la marche. La pilule était difficile à avaler, car les actes après la marche ont permis de s’en convaincre. Après les discours officiels et le départ des ténors, il est demandé à chaque militant de prendre deux sachets de pur water et de rentrer. C’était le slogan officiel, même si dans la foulée, plusieurs dames à qui ont été confiés les kits d’eau ont disparu. Après le mot d’ordre, on s’attendait à ce que les militants marcheurs rentrent après avoir pris leurs sachets de pur water, mais erreur. Ils ne sont pas repartis. Certains ont prétexté de la fatigue d’après marche, mais il semble que les raisons étaient ailleurs. 10 à 20 minutes après la marche, le grand nombre était toujours là. Après trente minutes, quelques-uns ont commencé par rentrer très courroucés. Dans la foulée, de petits groupuscules  ont commencé par se constituer pour sans doute remplir les formalités d’usage. Certains rentrent le visage rayonnant,  mais d’autres partent en ronchonnant en silence. Pendant ce temps, certains bus ont pris le départ avec à bord des militants. Plus d’une heure après la marche, des militants faisaient toujours la ronde attendant cette promesse qui ne viendra certainement pas. L’après marche n’a pas été une partie de plaisir pour certains qui étaient obligés d’affronter à pied, le soleil cuisant de lundi. Pendant ce temps, les leaders pour la plupart sont rentrés dans leurs véhicules climatisés et ont fait certainement le débriefing autour de bonnes bières et des repas chauds.

 Une marche famélique

 La raison avancée par certains opposants pour justifier le recours au bus est qu’il y a certains militants qui étaient venus des localités un peu éloignés de Cotonou. Cet argument a priori compréhensible est un aveu d’échec sans appel. Comment diantre tous ces leaders peuvent dire qu’ils sont incapables de mobiliser des militants de taille à Cotonou. Pourquoi se sont-ils sentis obligés de recourir à des militants éloignées qui seront sans doute payés alors que ceux de Cotonou seuls pourront suffire à animer ce petit spectacle d’hier. En dépit de la forte contribution des irréductibles du Pcb, la grande mobilisation attendue n’était pas au rendez-vous.  La marche d’hier est un baromètre de la difficulté réelle de l’opposition. Pourtant, il y a eu par le passé, des marches historiques dont l’opposition actuelle peut s’inspirer. En effet,  pendant que la vraie opposition marchait sur sa ville de la Place Lénine à l’Etoile Rouge, le pouvoir d’alors était obligé de survoler Cotonou pour s’en apercevoir. Il faut que l’opposition d’aujourd’hui revoie ces vidéos pour s’en inspirer. Le plus sage de cette marche était que dix à quinze minutes après, plus une seule âme ne traînait sur la place de l’Etoile rouge. Hier, même après une heure, les gens attendaient toujours ce que tout le monde sait. Une attente pour le service rendu.

 Abdourhamane Touré