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Le parlement va examiner de nouveau le projet de révision de la constitution

Contrairement à la volonté du chef de l’Etat de fermer la page de la modification de la loi fondamentale du pays, le groupe des 60 députés ayant soutenu l’initiative à l’Assemblée nationale veut remettre le couvert. A travers une déclaration rendue publique hier, ils ont affiché leur volonté de ne pas laisser tomber le projet.

Les 60 députés ayant voté « Oui » pour la prise en compte du projet de révision de la Constitution n’entendent pas renoncer à l’initiative. Au détour d’une déclaration rendue publique hier au Parlement, ils ont laissé transparaître leur volonté de revenir à la charge en vue de procéder au toilettage du texte. Le projet de révision de la Constitution était en effet, une occasion en or pour véritablement fouetter le développement du pays. Mais contre toute attente, 22 députés ont bloqué le processus en votant « contre ». Ce qui n’a pas permis au projet d’aller à son terme malgré toute l’ouverture dont a fait preuve le président Patrice Talon. Il avait exprimé toute sa volonté d’accepter tous les amendements qu’adopteraient les députés. Malheureusement, la politique politicienne, le mensonge et la manipulation du peuple ont fait échouer l’initiative présidentielle. Face à l’histoire, le groupe des 60 députés n’exclut pas la possibilité de se saisir du projet gouvernemental tout en retirant le point relatif au mandat présidentiel unique qui avait suscité un tollé général en son temps. Il  veut se saisir de l’initiative pour l’amender, le transformer, en faire un document consensuel pour permettre l’abolition de la peine de mort au Bénin. C’est aussi pour permettre à la Haute cour de justice de fonctionner effectivement afin de réduire la corruption et combattre plus efficacement l’impunité, pour permettre un financement public conséquent de l’activité politique des  partis politiques. De même, il s’agira de réduire ainsi drastiquement l’influence des  «télécommandes» néfaste à toute bonne pratique démocratique, de permettre aux femmes d’être, enfin mieux représentées, et ce, dès 2019, à l’Assemblée nationale. Face à ce défi, la question se pose alors de savoir les moyens dont dispose le groupe des 60 députés pour faire aboutir le projet. Le chef de l’Etat fera-t-il volte-face en apportant sa caution à une telle initiative, surtout après cette détermination d’une frange de la classe politique décidée à en découdre avec lui ? Les dernières sorties médiatiques du président Talon sont-elles favorables à une telle initiative ? A quel moment ce projet sera-t-il réintroduit à l’Assemblée nationale, surtout quand on sait que le chef de l’Etat, après le rejet du projet, a décidé de tourner la page et de s’engager dans la réalisation du programme d’actions du gouvernement ? Autant d’interrogations que suscite l’engagement du groupe des 60 députés. Toujours est il que la Constitution prévoit en son article 154 que l’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République, après décision prise en Conseil des ministres, et aux membres de l’Assemblée nationale. C’est dire donc que le groupe des 60 députés dispose des moyens de réintroduire le projet de révision de la Constitution au Parlement.

Odi I. Aïtchédji

(Coll)