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deputes-ass(Pas un coup d’arrêt à l’action du gouvernement)
Après le rejet du projet de révision par les députés, quelques analyses s’imposent. Il s’agit de comprendre les déterminants d’un vote plutôt étrange.
Le funeste sort réservé par 23 députés au projet de la  nouvelle constitution demeure une énigme pour les analystes politiques. Partout ailleurs en effet, quand on élit un dirigeant politique, on lui lâche les brides, en lui fournissant les armes pour agir. Cette vérité politique est d’autant plus opportune dans un pays où une majorité de citoyens est toujours sans ressources suffisantes pour mener une vie décente. Tout dirigeant politique averti, aurait donc cherché, comme Patrice Talon, à redéfinir les règles pour  une action plus efficace dans le temps. Plus sérieusement, il se pose désormais la question de la confiance faite aux dirigeants, mais surtout celle de la légitimité de qui doit réviser. Car, au-delà des querelles byzantines, plusieurs enseignements sont à tirer du fait politique majeur que constitue le vote des députés mardi dernier. Première leçon capitale. Le  Projet de révision de la Constitution soumis au Parlement n’est pas si mauvais que cela. La preuve, sur les 83 députés de la 7ème législature, 60 lui ont accordé leurs suffrages. Il a juste manqué trois voix pour que le projet soit accepté. Cela veut dire qu’il y a quand même du bon dans ce texte. Certes, le texte était perfectible, mais ç’aurait été une occasion de faire le pas vers la modernisation de cette loi fondamentale. Selon les observations glanées depuis la nuit dernière, ce n’était pas le texte qui était en défaut, mais le contexte et le processus de son élaboration. L’opération de déguerpissement des espaces publics illégalement occupés, la chasse aux faux médicaments, la lutte contre les faux diplômes, entre-autres , ont créé beaucoup de mécontentements, et suscité une haine à peine voilée contre le Chef de l’Etat et son gouvernement.  D’autre part, malgré les nouvelles taxes et impôts en vigueur, le panier de la ménagère ne s’est pas amélioré. Beaucoup de Béninois laissés sur le quai de l’extrême pauvreté par les errances de l’ancien régime n’arrivent toujours pas à s’en sortir. Leur impatience est palpable. Car, ventre affamé n’a point d’oreille, dit l’adage.  Pour eux, la priorité n’est sans doute pas la révision de la Constitution.  Mais, cette façon de penser, relayée par diverses personnalités, est erronée. Il est en effet connu de tous que Patrice Talon est un réformateur. Certes, il veut aller vite. Dans cette logique, la révision de la Constitution était comme un nouveau pacte à signer avec son peuple, afin d’atteindre les objectifs au plus tôt. La question de la révision étant une vieille rengaine qui pollue régulièrement l’environnement sociopolitique, il fallait s’en débarrasser une fois pour de bon. Cela devenait un obstacle à l’action. Malheureusement, une fois de plus, l’histoire a bégayé. Tout réformateur est confronté à la fronde et au scepticisme d’une partie de sa classe politique. Une attitude souvent pas très loin de l’obscurantisme.

W.N