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Les députés peuvent donner carte blanche à la révision

Selon les dires du ministre porte-parole du gouvernement, le projet de texte devant  servir à la révision de la Constitution  doit être au Parlement d’ici à demain jeudi. C’est la dernière ligne droite, estime-t-on, d’un processus qui devrait s’achever sans autre forme de procès.

Réviser la loi fondamentale n’est jamais un exercice facile. Cela remet en cause et gêne les intérêts de certains. Dans le cas actuel, les détracteurs tentent de dissuader le régime Talon. Tout est fait, ou presque, pour voir le régime échouer et ses réformes s’enliser. Sinon comment comprendre cette levée de boucliers à laquelle on assiste à l’annonce de chaque réforme. Or, depuis son avènement, le projet qui fait le plus couler d’encre et de salive, c’est le toilettage de la loi fondamentale. C’était une promesse de campagne du chef de l’Etat, en vue de corriger quelques anomalies auxquelles notre système politique est en proie. Pour autant, comment comprendre tout le raffut et l’agitation qui meublent le débat actuel ? On peut dire, sans grand risque de décevoir, que la révision de la Constitution suscite autant de polémiques aujourd’hui, juste parce que c’est Patrice Talon et son gouvernement qui s’y attèlent. Justement,  parce que les uns et les autres savent qu’il aime aller vite, très vite. Et pour cause, le chef de l’Etat a pris le temps de recueillir l’avis des experts. Ils ont travaillé d’arrache-pied pendant trente jours, avant d’accoucher le projet. C’est pourquoi il est difficile de s’attaquer au motif de cette révision. La cause était entendue depuis la campagne présidentielle de 2016. Le texte tel que voté en 1990,  devrait être amendé et remis au goût du jour. Tout  le mode en convient. N’eût été sa personnalité et la période de fin de mandat choisie sous Yayi, ce qui pouvait mécaniquement induire une nouvelle République, cette révision serait déjà actée. Pour avoir compris la sensibilité  de la question, le Chef de l’Etat, Patrice Talon, a sans doute voulu s’en débarrasser le plus tôt, histoire d’avoir du temps à  consacrer aux réels problèmes de développement pendant le reste du temps que dure son mandat. Le projet sous sa monture actuelle ne plaît sans doute pas à tout le monde.
Faire économie du temps et de l’argent
 Le contraire aurait surpris en fait. Car, en effet, c’est la proposition de mandat unique qui semble le plus cristalliser les passions et braquer une certaine frange de l’opinion publique. A cela s’ajoute la stratégie choisie par l’Exécutif : privilégier la voie parlementaire, plutôt qu’un référendum coûteux. Le postulat de base étant que les 83 députés sont des élus du peuple, et donc ses mandants, ils peuvent dans ce contexte d’une révision purement technique  qui ne remet pas en cause l’essentiel de la philosophie sous-jacente à la Constitution du 11 décembre 1990, jouer pleinement leur participation. D’ailleurs, la Constitution le stipule dans des articles abondamment cités ces jours-ci sur les  réseaux sociaux. Les  4/5 des députés suffisent  pour valider le processus, évitant à un peuple déjà meurtri, les grandes dépenses et la perte du temps. C’est ce que le gouvernement et son chef ont sans doute compris.
 Wilfrid Noubadan