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Luc Martin Hounkanrin, invité de « Zone franche »

Le projet de révision de la Constitution béninoise transmis à l’Assemblée nationale est désormais connu de tous,  et ses nouvelles dispositions animent les débats. Reçu sur l’émission « Zone franche », Me Luc Martin Hounkanrin a reconnu la nécessité de la révision et la pertinence des nouvelles dispositions.

Les pouvoirs du chef de l’Etat tels qu’encadrés par la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 sont exorbitants. La superpuissance du président fait le lit à des dérives de tous genres. C’est pour Me Luc Martin  Hounkanrin  un argument suffisant pour réviser la Constitution. Il faut, selon l’invité, dépasser les polémiques et s’intéresser plutôt au contenu du projet. « Quand vous prenez le texte, vous voyez qu’il y a un équilibre qui est fait », a-t-il fait remarquer. Ainsi, l’avocat au barreau de Cotonou a reconnu la pertinence du mandat unique de 6 ans. Selon lui, il est d’ailleurs ce qui correspond le mieux à l’environnement politique africain. Cette option  a l’avantage d’instaurer l’alternance au pouvoir dans les habitudes des pays africains. « Le mandat unique assure l’équilibre des piliers de l’Etat. C’est aussi un moyen de lutte contre la corruption », a-t-il soutenu. Le mandat unique, à en croire l’invité, est gage de bonne gouvernance. En ce qui concerne le mode de désignation des membres et des présidents des institutions telles la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Me Hounkanrin trouve que la configuration et les nouvelles conditions posées sont optimales et participent de l’équilibre des pouvoirs d’une part et, d’autre part,  de la fragilisation des pouvoirs exorbitants du président. S’agissant du renforcement du système partisan, l’invité est convaincu de ce que la formation de grands blocs de partis politiques est une exigence au regard de la profusion des partis politiques au Bénin. « Même dans les pays développés, il n’y a pas autant de partis politiques. Il faut nécessairement créer de grands ensembles pour que le pays en profite. Mieux, le gouvernement décide d’y mettre de l’argent. Il y a là une volonté d’accompagner les partis politiques », a-t-il argumenté. Le régime de fonctionnement de la Haute cour de justice est tout aussi judicieux selon l’invité. « Le président et ses ministres, dans l’exercice de leurs fonctions,  ne peuvent pas être traités comme de simples justiciables », a-t-il indiqué.
 
APA