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Eugène Azatassou, coordonnateur national des Fcbe
Le thème révision de la constitution rst de l’intox a dit Yayi

La volonté des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de maintenir le projet de révision de la Constitution au Parlement lors de leur congrès extraordinaire du 14 février 2015 semble ne plus constituer l’enjeu du chef de l’Etat. Sur Radio France internationale (Rfi) mercredi 10 juin 2015, Yayi Boni a renié les membres de sa famille politique qui ont fait feu de tout bois pour l’encourager à réviser la Loi fondamentale. Contre toute attente, il a balayé du revers de main l’intention qui lui est prêtée à tort ou à raison de vouloir réviser la Constitution pour s’éterniser au pouvoir après 2016. Selon l’homme fort de la Marina, le fait de penser qu’il va réviser la Constitution est de la pure intoxication. « Il va réviser la Constitution, c’était de la pure intoxication», a-t-il laissé entendre. Mais cette intoxication dont parle le président de la République provient d’où et de quelle chapelle politique ? Pas besoin d’aller chercher loin. Ce sont ses proches collaborateurs notamment Komi Koutché, Eugène Azatassou, André Okounlola, Nouhoum Bida et autres, réunis au sein de l’alliance soutenant ses actions, qui ont déclaré urbi et orbi à l’issue du congrès placé sous le thème « Un nouvel élan pour un Bénin nouveau », vouloir réviser la Constitution pour lutter contre la corruption et engager le Bénin sur le chemin de la prospérité économique. La donne semble avoir changé du côté du chef de l’Etat qui a compris qu’avec la nouvelle composition de l’Assemblée nationale, il est clair que toute éventuelle révision de la Constitution est exclue. Pour ce faire, il a choisi de désavouer publiquement sa famille politique qui doit chercher un autre thème de campagne pour les élections Locales, Communales et Municipales.

Serge Adanlao

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Le président Yayi Boni

 Réelle envie de rester après 2016

Le président Yayi Boni a maladroitement confirmé ce que tous les Béninois savaient sur Radio France internationale (Rfi). La famille biologique du chef de l’Etat, sa famille politique constituée des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) sont les premiers à savoir que le président Yayi Boni ne voulait pas partir au lendemain du 05 avril 2016. Yayi Boni a prouvé à la face du monde qu’il était déterminé à tout mettre en œuvre pour s’éterniser au pouvoir. C’est la raison pour laquelle, il n’a pas préparé de dauphin. Personne dans le camp de la mouvance n’a reçu son onction pour être candidat à sa succession. A la question de savoir qui le remplacera, il s’est contenté de déclarer que « c’est Dieu qui donne le pouvoir. » Une attitude désinvolte pour le premier magistrat dont le mandat constitutionnel est pratiquement à terme. Il est loisible de déduire des propos du président Yayi Boni sur Rfi, que l’envie de se maintenir au pouvoir au-delà des délais constitutionnels était manifeste. Il était certainement sûr du soutien de superpuissances pour accomplir sa volonté. Alors, ayant subi des « revers » de la part de son homologue français, François Hollande, Yayi Boni s’est mis dans ses états. On comprend dès lors que ce qui était devenu le secret de Polichinelle soit réitéré sur les ondes de Rfi. C’est ce que le magnat du coton béninois, Patrice Talon avait compris depuis 2012, en s’opposant à la révision opportuniste de la Constitution. Cela lui a valu l’exile. L’homme d’affaires qui s’est réfugié à Paris depuis bientôt trois ans, lui avait pourtant fait les confidences nécessaires à Yayi Boni, afin qu’il puisse sortir en 2016 par la grande porte, comme Mathieu Kérékou ou encore Nicéphore Soglo. « Le Béninois est très attaché à la démocratie », avait signifié Patrice Talon à son ex ami, Yayi Boni. Mais en n’intégrant pas cette réalité dans les faits, et surtout ne voulant pas l’entendre de cette oreille, Yayi s’est transformé subitement en bourreau pour Patrice Talon. Mais le développement des faits a fini par lui donner raison. Yayi Boni a perdu dans tous les procès contre Patrice Talon. Au finish, le président de la République se ridiculise chaque fois qu’il doit se prononcer sur des sujets importants du pays. Les états d’âme priment sur le bon sens.

 Jean-Claude Kouagou