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La police réprimera dans la douceur

Le Commissaire de Police Richard Akodandé a expliqué ce à quoi devront s’attendre les motocyclistes ce jour. Pour le responsable de police, il y aura une répression douce. (Lire l’interview accordée à la radio Océan Fm).

Océan Fm : Que se passera-t-il réellement demain (ce jour) ? Est- ce que vos agents vont investir les grandes artères, commencer par réprimer et faire descendre systématiquement les motocyclistes?

Commissaire Akodandé : Demain (ce jour), attendez-vous à voir une Police béninoise plus professionnelle. Comme vous insistez, je vous dirai un peu ce qui va se passer. Des agents seront positionnés aux carrefours sensibles. Ils inviteront ceux qui n’ont pas de casque à retourner aller les chercher. Ils inviteront également ceux qui ont oublié de les porter, mais qui les ont sur eux, de les porter. Ces agents inviteront également ceux qui dépassent un poste de police et enlèvent le casque, de le remettre, à chaque fois, puisqu’ils seront interpellés plusieurs fois. De la même façon, ceux qui sont remorqués seront concernés. Car, qu’est-ce qu’on a constaté ? Dès que la mayonnaise avait pris et que les conducteurs ont commencé par porter, les passagers ont commencé par mourir parce que, quand il y a accident, ils sont touchés. Donc, la même opération va consister à montrer aux passagers que l’accident ne choisit pas sa cible et qu’il faut qu’ils prennent l’habitude de porter leurs casques. Il ne s’agira pas d’une répression maladroite. Il va s’agir de montrer aux citoyens leur intérêt à porter le casque. Ce faisant, ils vont contribuer au développement du pays. Je crois bien que les nôtres ne sont pas aveugles et qu’ils le feront. C’est l’occasion de rappeler que le travail sera fait avec la rigueur, mais avec la douceur également. Il s’agira d’une répression douce, une répression très lente.

 Cela veut-il dire qu’on ne va pas saisir de motos ? Il n’y aura pas aussi les petits gestes qu’exigent vos agents ?

Vous savez que lorsque les problèmes sérieux sont sur le tapis, on ne parle pas des problèmes simples. Je ne parlerai pas des agents maladroits qui exigent ce que vous dites. Je parlerai de la personne humaine et de la sécurité. Et là-dessus, je voudrais vous rassurer. Vous pouvez compter sur moi. Aucune moto ne sera arrachée demain. On ne va pas, dès demain, commencer par arracher des motos aux gens. On va attirer l’attention des gens et, c’est lorsque nous allons constater que malgré ce que nous disons, les gens sont décidés à en découdre avec la police que nous allons revoir notre manière de faire. Nous allons revoir la tactique pour que cela soit correctement huilé pour le bonheur du Béninois.

 Ne craignez-vous pas des actes de violence ?

Permettez-moi que je vous fasse une confidence. Le peuple béninois n’est violent que lorsqu’il est provoqué. Lorsque le Béninois constate que son intérêt est quelque part, il n’est jamais violent. C’est pour cela que je suis content dans ma position. Nous avons un des peuples les plus paisibles de l’Afrique. Il n’y aura aucune violence. Bien au contraire, les Béninois n’étaient pas contents quand cette mesure avait eu du plomb dans l’aile. Comment pouvons-nous comprendre que d’avril à aujourd’hui, il y ait eu plus de 60 morts et c’est dans la tranche d’âge de 25 à 40 ans. Le Béninois s’offusque plutôt contre ce tableau sombre, lugubre que pour d’autres raisons. C’est plutôt cela qui gêne la population. La population nous accuse même de ne pas la rappeler à l’ordre, de temps en temps. Vous verrez que, lorsque vous allez promener votre caméra, les gens vont applaudir. Pour peu, que la police soit professionnelle dans ce rappel à l’ordre.

 Mais, les jeunes agents sont fougueux. Vont-ils suivre vos directives ?

Un travail est fait pour que des gradés puissent les accompagner et dire aux populations que nous ne sommes pas là pour casser, pour réprimer, pour tirer à boulet rouge sur la population. Nous sommes plutôt là pour demander à la population de reprendre avec le port de casque. C’est de cela qu’il s’agit. Un plan de communication existe et sera décliné à nouveau. Vous verrez que la population béninoise, surtout les jeunes qui sont en vacances et qui meurent de façon banal, vont nous accompagner avec l’aide de toutes les couches de la société. Allez dans les hôpitaux et vous allez voir. C’est triste ! Les traumatismes crâniens et les fractures ont décuplé.

 Est-ce que c’est seulement à Cotonou que la mesure sera observée ?

Normalement, c’est sur toute l’étendue du territoire national. Mais, il se fait que le problème d’accident avec traumatisme se pose avec acuité dans les grandes villes. Souffrez donc qu’on commence par là pour voir ce que cela va donner.

 Transcription : Léonce Adjévi