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Le siège de l’Assemblée nationale semble ne pas être une priorité du gouvernement

Parmi les grands dossiers qui font objet de débats depuis sept mois, l’on parle très peu, ou du tout pas de la construction du nouveau siège du Parlement béninois. En souffrance depuis des années, ce chantier qui engage des milliards Fcfa du contribuable béninois mérite un regard bienveillant du gouvernement.   

Le dossier de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale n’est pas encore sur tapis. Après son installation, on s’attendait à voir le nouveau pouvoir commanditer un nouvel audit, diligenter une enquête pour situer les responsabilités. Mais visiblement, aucune action n’est menée ne serait-ce que pour inquiéter ceux qui ont mal géré les nombreux milliards de Fcfa engloutis dans ce chantier. Que ce soit du côté du Ministre Joseph Djogbénou ou son collègue du cadre de vie José Tonato, tout semble être encore au point mort par rapport à ce dossier. Doit-on poursuivre le chantier ou l’abandonner au profit d’un autre? Rien ne se décide, apparemment. Nos sources ne signalent aucune action concrète en vue pour fouiller ce dossier comme ce fut le cas pour le secteur portuaire et beaucoup d’autres sujets annoncés en conseil des Ministres. « Un seul acte a été posé vers le début du mois dernier ; mais il est mineur », apprend-on d’un juriste proche de l’affaire.   
 Le Gouvernement semble négliger un dossier qui pourtant concerne les conditions de travail des représentants du peuple et engage les caisses de l’Etat. D’abord, le chantier ne bouge plus. Le génie-militaire a tenté de relancer les choses, mais n’a rien pu, malgré les moyens mis à sa disposition. C’est vrai que le visage d’un des bâtiments a changé, mais cela n’augure une évolution du chantier en question. Et probablement, les députés devront attendre encore longtemps avant d’espérer quitter le Palais des gouverneurs  pour s’installer dans un nouveau bâtiment. Peut-être que l’actuel hémicycle va s’effondre d’abord avant qu’eux-mêmes ne s’intéressent véritablement au sujet. Pour l’état des lieux, on retient simplement que les élans du régime défunt, en dehors des exploits réalisés en terme de dilapidation de milliards de Fcfa, n’ont permis que de faire ce qui nous accueille souvent à l’entrée de la ville de Porto-Novo. 
Dans le fond, les choses semblent avoir bougé. Mais pas pour le bonheur des députés et du peuple béninois. La justice a réparé une injustice en condamnant les comportements du régime défunt vis-à-vis de certains entrepreneurs qui ont travaillé sur le chantier. A l’étape actuelle, en attendant une autre décision de justice très prochainement, l’Etat béninois devra s’attendre à payer plus de trente milliards de Fcfa aux entrepreneurs. A vrai dire, c’est un trou creusé par le régime Yayi et que devra fermer Patrice Talon, d’une manière ou d’une autre. 
 Urgence signalée !!!
 Si le Ministre José Tonato dormait, c’est le moment pour lui de se réveiller. Il n’y a pas que les domaines publics de l’Etat qui sont vendus. Ce chantier en souffrance est aussi important. A défaut de mobiliser des fonds pour la reprise immédiate des travaux de ce chantier, il importe pour un régime neuf de s’intéresser au dossier à travers des audits. Si des décisions de justice existent déjà, il faudra les mettre en application en sanctionnant les coupables, ou tout au moins les citer nommément. Ces actions pourraient calmer la colère des Béninois qui cotisent dans les caisses de l’Etat et qui ont financé à plus de 15 milliards de Fcfa, l’ouvrage inachevé à Porto-Novo. Se taire serait une manière de narguer le peuple. Si le gouvernement a pu fouiller dans beaucoup d’autres secteurs pour, tout au moins situer les responsabilités, il importe de le faire pour ce dossier-ci. Il est temps de faire connaître la vérité sur un dossier à polémique depuis six ans. Qui sont les coupables ? Où sont passés les milliards de Fcfa décaissés ces deux dernières années dans le cadre de ce chantier ? Patrice Talon ferait bien de s’intéresser à cette affaire et faire rendre gorge.
 Le rôle des députés eux-mêmes       
 En décembre 2012, Mathurin Coffi Nago, alors président de l’Assemblée nationale, avait crié au scandale, parlant de ce dossier de construction du nouveau du Parlement. C’est lui qui avait dit que l’entreprise en charge des travaux était montée pour la circonstance. A sa suite, Yayi Boni avait parlé d’un cuisinier devenu entrepreneur. Mais plus tard, ces deux personnalités ont été démenties. Elles avaient fait des déclarations mensongères car le temps et la justice ont démontré le contraire. Des députés ont aussi passé leur temps à poser des questions au Gouvernement. Mais jamais, leur action n’a été au-delà. Evidemment, ils diront qu’ils n’en pouvaient plus.
Hier, encore, c’est Adrien Houngbédji qui a exprimé sa déception, comme l’a relayé un quotidien de la place. Tout comme si cela aurait un impact sur le dossier. Chaque année, le budget de l’Etat passe devant les députés. Mais on a comme l’impression qu’ils ne s’intéressent pas au sort réservé  au chantier.  Cette année encore, les parlementaires vont étudier le budget de l’Etat. Si en 2017, ce chantier doit évoluer, cela dépendra de ce qui aura été prévu par le Gouvernement dans le budget général de l’Etat. Tout le monde attendra la réaction des députés pour prendre en compte l’achèvement des travaux du nouveau siège. Les prévisions budgétaires peuvent être faites et les discussions vont se faire après sur l’opportunité ou non de finir les travaux en cours depuis 2009 ou entamer de nouveaux autres ailleurs.
Félicien Fangnon