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bastien-robertL’émission « 90mn pour convaincre » de la radio nationale du dimanche 10 juin 2018, a reçu l’avocat Bastien Salami et l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Robert Dossou. Il s’agit d’un rendez-vous d’échanges sur la Haute juridiction, mais aussi de conseils à la nouvelle équipe.

La nouvelle équipe de la Cour constitutionnelle a essuyé et continue d’essuyer des critiques depuis la désignation jusqu’à l’installation de ses membres. Les deux invités de la radio nationale ne se sont pas laissé prendre à ce piège hier. Selon Robert Dossou et Bastien Salami, il faut absolument bannir le jugement a priori. « Je suis contre le jugement a priori. Il est vrai que je ne suis pas d’accord avec Joseph Djogbénou ministre, maintenant il est président de la Cour constitutionnelle. C’est une nouvelle mission. Il faudra attendre pour apprécier », a fait savoir Me Robert Dossou. Tout en restant unanimes sur les qualités de l’actuel  Président  de  la  Cour, ils  ont insisté sur certains principes essentiels qui  doivent guider son parcours.  A en croire  Robert Dossou, la technique et le devoir d’ingratitude doivent primer sur tout. « Il faudra rester technique. Même si votre cœur vous dit de rendre service et que la loi ne le permet pas, n’essayez pas car cela se lit tout de suite dans votre décision. Vos enfants vous l’opposeront demain », a-t-il indiqué. Il a également insisté sur la nécessité de préserver les fondements de l’Etat car nous avons, affirme-t-il, un État assez fragile. Bastien Salami de son côté invite le président Djogbénou à rester sourd aux ragots et à travailler avec « l’intégrité qui l’a toujours caractérisé ». Les deux invités n’ont cependant pas été unanimes sur tous les points. Par rapport surtout aux lois qui sont votées, l’ancien Président de la Cour a condamné l’absence de débat qui les caractérise. Il semble selon lui qu’il y a une volonté d’aller trop vite. « Le Parlement à intérêt à diffuser les projets de loi pour qu’on en discute et qu’on fasse des propositions. Dans le passé, les propositions et projet de loi sont diffusés dans la presse. Aujourd’hui vous apprenez qu’il y a telle proposition, vous cherchez partout vous ne la trouvez pas. Rendez public les lois dans la presse. Ceci permet à tout citoyen de faire son opinion et de faire des propositions à travers des articles etc. », a-t-il précisé. Le défaut de débat autour des textes donne selon lui, du travail à la Cour qui est obligée de l’épurer à chaque fois. Non ! A rétorqué Bastien Salami a qui soutient que les projets et propositions sont diffusés sur les réseaux sociaux. « A mon âge, vous pensez que je pourrai encore utiliser ces choses? Mettez dans les journaux on pourra lire. Le Code pénal nouvellement voté par exemple peut être publié dans  les journaux à travers des livres de façon successive. C’est important pour le citoyen, c’est aussi  important pour  la doctrine », a déclaré Robert Dossou. A écouter les propos de Me Bastien Salami, le besoin d’aller vite avec le vote des lois ne signifie pas que le Parlement bâcle systématiquement le travail. Il ajoute également que la défaillance réside dans le fait que les concernés ne participent généralement pas à la rédaction de ces projets ou propositions de lois. « Les députés ne maîtrisent pas tous les domaines. Ils sont souvent assistés des sachant. Maintenant pour des projets ou propositions intéressant des corps spécifiques, le Parlement invite les concernés mais certains ne viennent jamais. Vous découvrez par la suite que ce sont les premiers à condamner les textes après vote », a-t-il martelé. Les deux invités sont aussi restés unanimes sur le fait que la séparation des pouvoirs n’empêche pas une collaboration entre les institutions. Robert Dossou quant à lui, a exprimé sa disponibilité à partager à qui veut, son expérience afin d’éclairer à mieux conduire les destinées de cette institution forte qu’est la Cour constitutionnelle. Les invités n’ont pas manqué de faire l’historique du parcours de la Cour constitutionnelle. De Elisabeth Pognon à Théodore Holo, la Cour ont-ils reconnu, a contribué à garantir et maintenir les piliers de l’Etat de droit et de la démocratie.

 HA