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Rosine Soglo, la doyenne d'âge de la 7ème législature de l'Assemblée nationale
Rosine Soglo, la doyenne d’âge de la 7ème législature de l’Assemblée nationale

Chacune de ses interventions est toujours un coup de gueule. Elle n’a pas dérogé à la règle. Invitée à se prononcer pour clôturer la cérémonie d’installation des députés de la 7ème législature, Rosine Soglo, n’a pas marché ses mots. La doyenne d’âge du parlement a regretté que certains « fossoyeurs de l’économie » se réfugient au parlement et a dressé un bilan sombre de la gestion du Bénin. Lire un extrait de ses propos…

«  Je voudrais dire ceci ; que nous sommes la deuxième institution de la République. Et pour cela, je voudrais que nous respections cet auguste assemblée, cette auguste institution. Il me serait désagréable de savoir que parmi nous se cachent, comme des repères, des gens qui ne sont pas catholiques, qui ont des cadavres dans leurs placards et qui sont ici, alors qu’ils sont des fossoyeurs de l’économie nationale. Je le dis haut et fort parce que je le pense. Il me semble que dans la vie d’un homme, on doit dire ce qui est vrai. On ne peut pas être d’accord qu’on vienne se cacher ici parce que nous avons l’immunité parlementaire pour ne pas répondre de ses actes devant la justice ou devant qui vous voulez. Nos collègues, s’il y en a, doivent avoir le courage de se démettre de leurs fonctions. C’est ça qui serait bien.

Le Bénin est affamé. On se croirait au bas empire. Nous en sommes là ; les billets, on les jette à foison, alors qu’il y a des gens qui n’ont pas un repas par jour. J’ai dit un repas, on m’a même dit un demi-repas. C’est une honte que nous en sommes là aujourd’hui. Qu’est ce qu’on fait concrètement ? Depuis dix ans qu’est-ce qu’on a fait pour les jeunes ? Les femmes, on les aligne ; on leur donne trente mille francs si vous montrez votre carte de partis. Ce n’est pas ça gouverné, sans parler des scandales. On en a tellement eu qu’on ne sait plus où on en est. Le dernier, c’est la Hollande qui crie et qui veut s’en aller. On dit trois milliards par ci, cinq milliards par là. De quoi parlons-nous, c’est du Bénin ? »