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nourenou-theophileLes opposants Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont officiellement perdu le sommeil. Après les chaînes de télévision étrangères qu’ils ont pris d’assaut de façon systématique (quelques euros gaspillés), c’est le tour de la Cedeao de recevoir le long courrier de ces responsables du bureau politique du Parti. Qu’est-ce qui fait courir les Fcbe?  

Les quelques poursuites lancées contre des responsables du parti Fcbe (soupçonnés d’avoir commis des actes de prévarication) crée la débandade dans la maison cauris. La peur bleue du Juge secoue les anciens députés et ministre Fcbe qui inventent toutes les formes de fantasme. Emissions sur les chaines internationales, financement de jeunes activistes sur les réseaux sociaux, longs courriers et communiqués, bref, tous les moyens sont exploités pour montrer qu’en réalité, ils font l’objet d’acharnement. Ils arborent la toge politique pour brouiller les pistes alors qu’on ne leur demande qu’une chose: prouver devant le juge leur innocence dans les dossiers qui les attendent. Cet exercice est si difficile pour les Fcbe qu’ils cherchent partout des raisons pour prouver que la gouvernance Talon est mauvaise. Cette fuite en avant n’a plus de limite.  La dernière en date, c’est le courrier adressé à la Cedeao. Le thème principal de ce fétide réquisitoire, c’est la crainte de possibles troubles électoraux. On peut de façon très sincère comprendre qu’un parti de l’opposition puisse éprouver des craintes par rapport à une situation critique dans le pays. La démarche peut cacher une bonne foi intéressante, mais à la vérité, on découvre que les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ne sont nullement dans cette dynamique de sincérité. Leur lettre jonchée de contrevérités n’est qu’un montage creux pour alarmer. Sans faire dans la contradiction forcenée, il est intéressant de s’essayer à un exercice simple qui consiste à peser et soupeser les éléments à l’appui de la plainte des Fcbe à la Cedeao. Le premier argument avancé par les Fcbe dans leur courrier, c’est le caractère scélérat des lois votées au Parlement.  Les arguments sont présentés de façon à laisser croire qu’il n’y a aucun député de l’opposition à l’Assemblée nationale. Dans leur second paragraphe du courrier il est écrit :  » Depuis l’avènement de l’actuel régime en avril 2016, une série de lois scélérates, liberticides et attentatoires aux droits de l’homme et à la démocratie ont été prises pour museler et étriquer  notre système démocratique qui jusqu’a une période récente a toujours été cités en exemple dans la sous-région ». Ce réquisitoire qui déjà est très faux a le mérite de clamer la mauvaise foi des députés de l’opposition. Cette mauvaise foi se conforte par le fait que la plupart de ces projets de lois ont fait l’objet de débat à l’Assemblée nationale. En qualité de député de l’opposition, ils ont donné leur avis et certains parmi eux ont voté pour certaines lois qu’ils jugent scélérates aujourd’hui. Ainsi donc si en qualité de députés à l’Assemblée, ils affirment que les lois que l’Assemblée votent sont  »scélérates, liberticides et attentatoire à la liberté (ce qui est faux), on se pose de réelles questions sur le niveau de sincérité de ce courrier adressé à la Cedeao.

 Les Fcbe ont oublié la minorité de blocage ?

 Dans leur courrier, les Forces cauris pour un Bénin émergent ont tenté de démontrer que l’opposition est muselée par une majorité mécanique mais c’est comme s’ils ont la mémoire courte. Se rappelle-t-ils tout au moins de leur fameuse minorité de blocage qui a empêché le merveilleux projet de révision de la constitution ? Se rappellent-ils tout au moins du rejet de la révision technique de la Constitution en juillet par leur fameuse 19 voix de blocage ? Pourquoi après avoir fait tout cela ils se permettent d’écrire dans ce courrier que la minorité parlementaire est écrasée. Si tant est que le Bénin est anti démocratique, est-ce qu’ils auront en ces temps, l’opportunité de susciter ce blocage à l’Assemblée ? Mieux, dans chacun de ces deux cas, la minorité qui a fonctionné systématiquement en mode « blocage », s’est imposée à la majorité, conformément aux lois de la République, et la majorité a accepté le verdict sans crier à une remise en cause de la démocratie. C’est cela l’esprit démocratique justement. On découvre que les députés minoritaires sont de mauvais perdants. Chaque fois que la majorité remporte, elle crie à la remise en cause de la démocratie. C’est le cas des dernières réformes opérées sur le Code électoral. Pour eux, ce texte est attentatoire aux normes démocratiques. Pourtant, les députés Fcbe ont eu le temps de lire le projet de réforme du code plusieurs mois à l’avance. Ils ont eu l’opportunité d’apporter leurs observations au sein des différentes commissions dans lesquelles ils ont été représentés. Ils ont enfin eu l’opportunité de faire les débats publics en plénière. Au cours des débats, aucun député de la minorité (à part la critique sur la caution) n’a affirmé que le code réformé est un outil de préparation de la violence électorale. A aucun moment, ils n’ont prévenu de façon objective sur les parties du code qui confortent cette thèse (encore qu’il n’en a pas). C’est en cela que se trouve toute la mauvaise foi de ces opposants Fcbe. En tout cas, si violence il doit avoir, cela ne viendra pas du code électoral. Les responsables de ces écrits sont les seuls à savoir ce qu’ils en mettent. Chaque jour qui passe démontre la fragilité des arguments des acteurs de l’opposition. Ils partent aux élections totalement sans munitions et même sans foi en l’avenir. Les Fcbe sont vraiment en difficulté !

Abdourhamane Touré