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baobab
Le baobab, un bouquet de vertus et de mythe

En dehors de ses vertus sacrées, le baobab,  connu  scientifiquement sous le nom d’ « Adansonia digitata», intervient dans l’alimentation et favorise le bien-être de ses consommateurs. Il est également  privilégié  dans le traitement de plusieurs pathologies pour sauver la vie.                

Tous  les éléments constitutifs  du baobab (les feuilles, l’écorce, les racines et les tiges) sont utilisés dans la préparation de plusieurs recettes thérapeutiques très efficaces. Claude Houénoukpo,  alias « Saya » phytothérapeute à Sogon dans la Commune d’Abomey  ajoute que le baobab  intervient aussi dans la pharmacopée. Selon les confidences  du guérisseur, les feuilles vertes servent à préparer une tisane qui chasse les mauvais esprits et guérit les maux de ventre. Les graines pulvérisées luttent contre les plaies béantes,  difficiles à cicatriser. Les pulpes réduites  en cendres,  fabriquent du savon utilisé dans la guérison de plusieurs maux. On peut également préparer une infusion avec l’écorce que le malade prend sous forme de bain,  sous le baobab vers minuit en respectant d’autres  principes précis, afin de conjurer les mauvais sorts et changer le cours de son destin. La même décoction peut parfois être  utilisée par  macération en fonction de la maladie à traiter. L’écorce du baobab sert aussi à tresser des cordes résistantes employées dans le transport. Il en est de même pour les racines. Il est parfois   enfouit  dans le tronc du baobab des talismans, ou des piquets magiques préalablement préparés selon le cas,  pour sauver un malade ou pour le protéger contre les esprits maléfices ou pour faire du mal à un ennemi. Claude Houénoukpo, président des guérisseurs traditionnels du Zou a aussi indiqué qu’en vieillissant, le tronc de l’ « Adansonia digitata » devient creux. Cette cavité sert de logis et de lieu de rencontre aux sorciers. Elle servait autrefois de sépulture pour les griots, poètes musiciens ambulants, dépositaires de la culture orale. Eu égard à tous ces rôles, le baobab est craint et protégé. Sa présence atteste une ancienne  implantation humaine. Cependant il devient de plus en plus rare au sein de la flore des départements du Zou et des Collines puisque personne n’en plante encore.
 Bon dans l’alimentation
 L’ « Adansonia digitata », joue un grand rôle dans l’organisme. Selon le nutritionniste Albert Fagnibo,  il apporte aux cellules plusieurs vitamines pouvant renforcer la défense du corps. Ainsi, les feuilles fraîches, sont aussi bien consommées par le bétail que par l’homme. L’ensemble de ces feuilles avec les fruits  constituent un complément indispensable pour l’équilibre alimentaire de l’homme. Ces feuilles  sont de préférence  récoltées séchées au soleil, puis réduites  en poudre. Cette poudre verte est par la suite conservée et incorporée aux sauces qui accompagnent les plats traditionnels de céréale (boule d’akassa, de mil, du riz…). Grillées, les graines de baobab peuvent remplacer le café. Riche en phosphate, elles sont aussi utilisées dans la préparation du savon et de l’engrais. La pulpe des fruits frais ou séchée (pain de singe) sert de matière première dans la fabrication des boissons rafraîchissantes  riches en vitamines B1 et C, en calcium et en fer. Cette boisson est surtout  conseillée en cas de  constipation pour des vertus astringentes. Certaines personnes en raffolent. C’est le cas par exemple de Martin Lanmatchion. « Le jus de baobab obtenu après trituration des graines est aujourd’hui ma boisson préférée. Il est  sans substance chimique et apporte des éléments nutritifs à mon organisme », a-t-il confié. « La consommation  des fruits du baobab n’était pas une  habitude de mes parents. Mais grâce à moi ils ont commencé par en prendre et l’ont apprécié. », déclare  Robert Sèmondji. Cependant d’autres continuent à être résistants quant à sa consommation parce qu’ils ne sont certainement pas convaincus par sa bienfaisance. « Moi je ne vais jamais manger les fruits du baobab. Ces fruits sont souvent  sources de vers intestinaux. Ensuite l’arbre a un caractère sacré, et sert souvent d’abri aux  sorciers et à d’autres esprits que nous ne maîtrisons pas… », a relevé Judith Wolli.
 
Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou/Collines)