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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Le chef de l’Etat, Yayi Boni

Le débat sur le scandale financier de Investment Consultancy and Computing Services (Icc-Services), qui éclabousse le président Yayi Boni, donne l’occasion de revisiter un certain nombre de scandales commis sous différents régimes et d’en faire des comparaisons. Il en découle que les gouvernements successifs du président Yayi Boni ont ravi la vedette à tous les précédents régimes dans des domaines où la performance de ce niveau n’est pas recommandée.

L’affaire « Icc-Services » qui défraie actuellement la chronique et déchaîne les passions n’est qu’un des nombreux scandales d’Etat sous le président Yayi Boni. Il faut d’abord reconnaître pour l’histoire et pour la postérité que les scandales politico-économiques ne sont pas l’apanage du seul président Yayi Boni au Bénin. L’histoire renseigne, outre les perturbations de stabilité politique enregistrées entre les premières heures de l’indépendance et le début du quatrième trimestre de l’année 1972, que des scandales politico-économiques ont eu lieu dans le pays. De 1972 à 2015, le pouvoir d’Etat est partagé entre trois hommes politiques : l’Officier supérieur des armées, Mathieu Kérékou, l’Inspecteur des finances, Nicéphore Dieudonné Soglo et le banquier, Yayi Boni. Sous les différents régimes du président Mathieu Kérékou, de la révolution marxiste-léniniste au Renouveau démocratique, de sales affaires se collent à sa personne. Il s’agit fondamentalement de « l’affaire Kovacs » du nom de Louis Kovacs, qui aurait financé le coup d’Etat du 26 octobre 1972. Il s’agit ensuite de « l’affaire Koda » que d’aucuns ont qualifié de la plus grande magouille de la fin du 2ème millénaire avec feu Moucharaf Gbadamassi, en 2000. « L’affaire Sonacop » où l’argent de la Sonacop aurait servi à racheter la Sonacop dans un processus de privatisation. Enfin, « l’affaire Titan » au service des télécommunications avec Barthélémy Agnan. Soit quatre grands dossiers en 29 ans, dont les montants cumulés entre 1972 à 1991 d’une part, et entre 1996 et 2006 d’autre part, sont en deçà de 150 milliards. A la surprise générale et au profit du président Soglo, il est difficile de coller à ses gouvernements des scandales politico-financiers ou économiques.

 L’imbattable Yayi Boni

 En termes de statistiques et d’impacts criminels, le régime de Yayi a été celui de tous les records. Les affaires scandaleuses sont nombreuses et variées. Comme un athlète aux jeux olympiques, Yayi Boni a mis la barre haut au point d’être assurément imbattable. Les affaires qui reviennent fréquemment à l’esprit sont : Cen Sad, machines agricoles, affaires escorte de véhicules d’occasion, affaire Ppea 2 avec plus de 3 milliards de F Cfa détournés provenant de la subvention néerlandaise. Le syndicat de la direction des transports terrestres crie souvent au scandale, chaque fois que des projets de construction de route sont lancés. Ce syndicat critique souvent le gouvernement sur les méthodes peu orthodoxes des procédures de passation de marchés et dénoncent aussi les montants chiffrés. Et pour tout corroborer, l’affaire Icc-Services, la plus vaste des escroqueries jamais commises au Bénin. Cette dernière, à elle seule, affiche une prévarication de plus de 156 milliards de francs Cfa, représentant 5% du produit intérieur brut (Pib). Calquée sur le modèle de Charles Ponzi, l’affaire Icc-Services est, pour le moment la plus vaste escroquerie. Le nombre des affaires scandaleuses sous Yayi Boni, cité supra, n’est pas exhaustif. D’autres échappent à la mémoire en ce laps de temps. En termes d’impacts sur les Béninois, on peut convenir que ces gâchis sont à l’origine des peines qu’endure le pays à atteindre une croissance à 2 chiffres. C’est vrai, chacun porte ses dessous. Seulement, ils ne sont pas tous du même éclat.

 Jean-Claude Kouagou