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Le processus de distribution des cartes d’électeur est en panne. Près de 500 000 citoyens risquent d’être écartés des élections du 28 juin 2015. Il s’agit des électeurs qui n’avaient pas pu retirer leur carte avant le scrutin du 26 avril 2015 et les nouveaux majeurs qui ont été réintégrés à la liste électorale. Les agents refusent de se rendre disponibles tant qu’ils ne sont pas payés. Un mouvement d’humeur a lieu ce jour au Cnt, selon un des agents concernés.

Les agents en charge de l’opération de distribution des cartes d’électeurs menacent de ne plus se rendre disponible pour la suite de l’opération. Contactés hier, beaucoup d’entre eux ont dit être prêts à tout pour se faire rembourser ce que le Centre national de traitement (Cnt) leur doit. « On me doit 150 mille FCfa ; si on ne me paie pas, je ne répondrai plus présent », a menacé un des agents impayés au téléphone. Un autre l’a appuyé dans sa déclaration : « Nous sommes nombreux à être dans la situation et depuis, le régisseur est introuvable. Moi je suis reparti faire récemment trois jours dans le cadre de la confection de nouvelles cartes, croyant être payé, mais ce fut zéro. Le régisseur ne nous donne aucune explication. Il nous tourne en bourrique seulement ». Selon nos informations, ils sont des centaines d’agents à être dans la situation. Ils n’ont pas été payés, certains pour les travaux de confection et d’autres, pour la distribution des cartes d’électeur.

Et pour cette fois-ci, ils promettent le pire au Centre national de traitement. Les agents (aussi bien du terrain que de base) en question entendent utiliser tous les moyens pour se faire entendre. « Nous allons boycotter la prochaine distribution qui se fera sur les quatre jours. Personne n’ira sur le terrain sans être payé », a insisté un autre agent qui a même annoncé un mouvement de protestation pour ce matin. Un rassemblement est prévu ce matin au siège du Cnt pour un mouvement de protestation. Un des agents a confirmé au téléphone qu’il a reçu un Sms l’invitant à venir manifester ce vendredi pour réclamer ce qui leur revient.

 A quoi joue le gouvernement?

 Des questionnements résistent encore sur ce retard dans le financement des activités électorales, malgré cette rallonge d’un mois faite par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Tout le peuple avait été rassuré de ce que les moyens seront disponibles pour que les élections puissent se tenir. Ce retard de paiement laisse croire que c’est l’échec du pouvoir en place aux législatives qui lui fait peur au point où il pince les moyens. Le régime actuel n’a plus aucun intérêt en jeu. Les élections prochaines ne constituent aucun enjeu pour lui et tout porte à croire que ce qui se passe au Cnt est une autre forme de punition. Il semble qu’on veut priver des gens de leur droit de vote ou carrément faire tout pour embrouiller le processus électoral en cours.

Nous n’avons pu avoir le son de cloche du ministère de l’économie et des finances. Toutes les tentatives pour savoir les raisons qui justifient ce manque de moyens au Cnt ont échoué. En déchargeant le Cos-Lépi des activités liées à la confection et distribution de cartes d’électeurs, la Cour avait ordonné le paiement des agents. Le Gouvernement avait rassuré de ce qu’il jouera sa partition, à l’époque. Pourtant, ce dossier de manque d’argent revient encore alors qu’on se rappelle des assurances données par le ministre de l’économie et des finances et le chef de l’Etat, lui-même, quant à la disponibilité des moyens nécessaires pour la tenue des élections. Difficile de savoir à quel niveau l’argent est bloqué ; mais il est certain qu’au Cnt, il n’y a pas de liquidité ; puisque le coordonnateur a rassuré que les états de paiement sont établis depuis et on n’attend que le top des financiers pour démarrer le paiement.

 Les campagnes électorales s’ouvrent dès le 18 juin

Selon l’article 464 du Code électoral, « Pour l’élection des Conseillers communaux ou municipaux, la campagne électorale est ouverte à zéro heure le dixième jour précédant le scrutin. Elle est close la veille du scrutin à minuit. En tout état de cause, la campagne électorale ne peut s’étendre sur plus de dix jours. Pour l’élection des conseillers de village ou de quartier de ville, la campagne électorale est ouverte à zéro heure le cinquième jour précédant le scrutin. Elle est close la veille du scrutin à minuit. En tout état de cause, la campagne électorale ne peut s’étendre sur plus de cinq jours ».

 Félicien Fangnon