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La ministre des Affaires sociales Adidjatou Mathys a ouvert l’atelier d’appréciation technique du bilan des 10 ans d’existence du Fonds national de la microfinance (Fnm). C’était hier mardi 24 août au Chant d’oiseau à Cotonou.

Déjà dix ans qu’elle existe pour contribuer à la dynamisation du secteur de la microfinance au Bénin. Le temps est passé mais est-ce que le Fnm a été à la hauteur des attentes? C’est à cette question que tentent de répondre depuis hier les acteurs des Systèmes financiers décentralisés (Sfd) partenaires ainsi que les cadres de la structure. Pendant deux jours, ces principaux acteurs  devront relever les acquis et les insuffisances notées dans la mise en œuvre de la politique de gouvernance de cette structure. Pour l’autorité de tutelle, le défi de relance du secteur de la microfinance est collectif. C’est d’ailleurs pourquoi elle a convié tous les acteurs présents à s’impliquer réellement en vue d’amener l’institution à être en phase avec la mission à elle assignée. Au cours de son intervention, le responsable suivi-évaluation de la structure, Pascal Kounnou a présenté le tableau représentatif du patrimoine du Fnm. Le bilan fait état de ce que le budget général alloué au Fnm de juin 2006 au 31 décembre de 2015 est de 69,6 milliards de francs Cfa dont 63 milliards de francs Cfa financés par l’Etat et 6,6 milliards de francs Cfa par la Banque ouest-africaine de développement (Boad), la Banque islamique de développement (Bid) et la Banque africaine de développement (Bad). Les montants décaissés sont de l’ordre de 134,8 milliards de FCfa dont 93,7 milliards de FCfa remboursés et 41,13 milliards de FCfa en suspens. Le bilan n’est pas gai et montre clairement que l’institution fait face à des difficultés évidentes. Les insuffisances notées sur la durée sont liées entre autres à l’implication trop forte de la tutelle dans la gestion des dossiers, le difficile décaissement de fonds au trésor public, l’absence d’outils de gestion adéquats au démarrage des activités du Fnm et des difficultés récurrentes de dysfonctionnement de la solution biométrique. Un dysfonctionnement qui fait que des bénéficiaires se font servir dans plusieurs Sfd. Le Fnm a estimé à plus de 1,5 million de FCfa, le nombre de bénéficiaires. Selon les conclusions des groupes d’études, les Sfd partenaires ont laissé l’efficacité opérationnelle dès qu’ils ont commencé à recevoir les appuis du Fnm. Aussi, ont-ils noté que des Imf non-conformes à la nouvelle règlementation continuent de percevoir les assistantes du Fnm.

La pérennité du Fnm en question

Au cours des débats, les avis ont convergé sur la nécessité de faire du Fnm, une structure mixte (Etat-privé) tout en renouvelant son Conseil d’administration. Il a été également souhaité la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie en vue d’une meilleure rentabilité. Une rentabilité qui jusque-là n’a pas encore dépassé la barre des 3% bien que la norme recommandée à l’institution soit de 15%. Le Fnm entend donc dans ses perspectives, aider les acteurs de l’agriculture pour l’accès au crédit, rationnaliser les choix budgétaires et assainir les portefeuilles de crédits des Sfd. A l’horizon 2025, l’institution se veut juridiquement solide et financièrement pérenne au service du secteur de la microfinance. Mais une grande question se pose. Est-ce que le Fnm peut poursuivre ses activités sans les subventions de l’Etat ? Sans occulter les insuffisances déjà précitées, les échanges se sont plus accentués sur la question.