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Odile Atanasso, soucieuse de la qualité de l’enseignement supérieur

06 avril 2016-06 avril 2017. Un an jour pour jour que le régime du Nouveau départ a pris les rênes du pays. Elu sur la base des réformes qui lui ont servi de thème de campagne, le président Patrice Talon et son gouvernement ne se sont pas fait prier pour diligenter des audits afin d’identifier les causes réelles de la mal gouvernance dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur.
Des résultats des audits diligentés dans le secteur de l’éducation, il ressort des anomalies graves qui ne sont pas de nature à augurer d’un bel avenir pour le développement du pays. Ainsi, il a été décidé d’opérer des changements utiles pour véritablement relancer le secteur de l’éducation au Bénin. Au nombre de ces réformes mises en œuvre par le gouvernement du Nouveau départ pour améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, la carte universitaire, la réorganisation du système d’attribution des bourses en République du Bénin, la création de l’Agence pour la qualité et l’évaluation (Aqe), l’amélioration de la qualité des prestations des œuvres sociales dans les Universités du Bénin et l’organisation des examens nationaux Licence et Master pour les Epes, la création de la Cité internationale de l’innovation et du savoir (Ciss) et la création de l’Agence béninoise de la recherche et de l’innovation (Abri). De 2012 à 2015 en effet, le Bénin est passé de deux (02) à sept (07) universités publiques avec vingt-quatre (24) centres universitaires dont deux créés à l’étape d’arrêté. L’option a été donc de créer plus de centres universitaires sur toute l’étendue du territoire pour faire face au problème d’effectif des étudiants. Cette politique n’a pas permis de régler le problème. Mieux, elle a créé d’autres situations du fait de l’insuffisance d’enseignants qualifiés pour ces nouveaux centres, de l’insuffisance d’infrastructures d’accueil des étudiants et de matériels didactiques, de la baisse effrénée de la qualité de l’enseignement. Cette politique empêche également le brassage interrégional et favorise la régionalisation du pays. Pour corriger la donne, il a été procédé suite à un état des lieux, à la restructuration de la carte universitaire faisant ainsi passer le nombre d’universités de 7 à 4 à savoir, deux universités pluri-thématiques (Université d’Abomey-Calavi et Université de Parakou). Deux universités thématiques à savoir l’Université nationale d’agriculture (Una) et l’Université nationale des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. A travers ces réformes, le gouvernement vise quatre objectifs principaux. Il s’agit     de renforcer l’Unité nationale,     d’améliorer la qualité de l’enseignement, d’optimiser l’utilisation des ressources humaines et de rationaliser les ressources financières.
Sélection des nouveaux bacheliers dans les Unb
Après le baccalauréat, il est organisé des concours dont la finalité est de retenir les meilleurs sur la base des places disponibles dans les écoles et instituts professionnels des universités nationales du Bénin. A l’analyse, il  a été constaté que l’organisation d’un tel concours au lendemain de l’examen du Bac est confrontée à plusieurs difficultés dont un surcroit de travail pour les candidats, les enseignants et les organisateurs. Aussi, entraine-t-il la non-maîtrise des dépenses d’une année à une autre du fait des multiples revendications  liées aux frais de surveillance et de correction d’une part et le retard dans le démarrage des cours dans les premières années, d’autre part. Pour remédier à cela, une décision a été prise pour procéder à la sélection des nouveaux bacheliers sur la base des performances au Bac en remplacement du concours d’un critère d’excellence. Ainsi, à partir d’un logiciel approprié et sur l’exploitation des résultats du baccalauréat avec d’autres critères définis, la sélection des candidats en fonction du nombre de places accordées dans chaque filière s’est faite par une commission nationale. L’objectif visé à travers cette réforme est d’assurer l’équité  en matière d’accès à l’Enseignement supérieur et de promouvoir le mérite dans l’attribution des bourses et autres places disponibles dans les premières années des écoles et instituts professionnels des universités nationales du Bénin.
Réorganisation du système d’attribution des bourses au Bénin
Pour corriger les différents dysfonctionnements dans l’attribution des bourses de l’Etat, une réforme globale de réorganisation du système d’attribution des bourses au Bénin a été initiée. Elle vise comme objectifs à mettre le système d’attribution des allocations universitaires en adéquation avec le système Lmd en application depuis 2010 au Bénin, à moderniser le système par l’informatisation et la mise en réseau de tout le dispositif, à ouvrir le paiement des allocations à d’autres banques, à    assurer le paiement mensuel des allocations universitaires afin qu’elles soient véritablement utilisées par les bénéficiaires en temps réel, améliorant ainsi leurs conditions d’études. Par décision adoptée en Conseil des ministres et suivant les différents actes/arrêtés ministériels, la mensualisation des allocutions universitaires est devenue effective au Bénin pour le bonheur des apprenants.
Création de l’Agence pour la Qualité et  l’Evaluation
Les principaux objectifs visés à travers cette réforme sont de    mettre en place des procédures internes et systèmes d’évaluation pour permettre aux établissements publics et privés de l’Enseignement supérieur d’atteindre un niveau d’excellence académique, de définir les normes et standards pour l’évaluation des enseignants, d’évaluer de manière périodique les filières de formations pour les mettre en adéquation avec les besoins de l’économie en main d’œuvre qualifiée et en compétence avérée, d’apporter aux équipes enseignantes et de recherche des éléments de comparaison dans le but d’améliorer la qualité du service rendu, de proposer aux étudiants les informations nécessaires à leurs choix d’orientation, de répondre aux besoins d’informations des entreprises sur la qualité des formations et des diplômes et sur les compétences des diplômés et d’informer de façon fiable et transparente la société civile sur les activités des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
Amélioration de la qualité des prestations des œuvres sociales dans les Unb
Le sous-secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a connu au cours des dix dernières années une explosion en matière d’effectifs dans les universités nationales. Les effectifs sont passés de 43 884 en 2008 à 108 943  en 2014, soit une croissance de 148% sur la période. Cette situation n’est pas sans conséquence sur la qualité des prestations des services liés aux œuvres sociales. De même, il est à noter qu’une forte proportion des dépenses du Mesrs est affectée aux œuvres sociales (42% des dépenses courantes de fonctionnement du budget des dépenses du Mesrs). Malgré ces fortes dépenses qui y sont consacrées, le taux de couverture des bénéficiaires des œuvres sociales est faible (respectivement pour l’hébergement (5%), la restauration (7%) et le transport (3%). Face à ce phénomène, le gouvernement a jugé indispensable de faire recours à d’autres formes de gestion afin de réorienter les ressources vers l’amélioration de la qualité de formation, d’où la raison d’être de la réforme engagée dans ce sens. L’objectif principal visé est de faire un partenariat avec le secteur privé dans la gestion des œuvres universitaires que sont le transport, la restauration et l’hébergement.
Organisation des examens nationaux Licence et Master pour les Epes
L’état des lieux fait dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur privé ne laisse personne indifférent quant à la qualité de l’enseignement qui y est dispensé et aussi quant à la situation discriminante de la reconnaissance des diplômes délivrés par ces Epes. Face à cette situation et en vue de se conformer aux exigences du système Lmd, une réforme majeure a été entreprise. Il s’agit de l’organisation, dès 2017, des examens nationaux niveau Licence et Master pour les étudiants fréquentant ces Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur. Une disposition qui permettra de faire la promotion de l’excellence, de réduire substantiellement les inégalités et injustices observées dans l’accès aux concours de l’Etat, d’assurer l’équité à tous les apprenants et de légitimer davantage le travail remarquable que font les Epes.

O. I. A.