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Signature Talon Ua 2Le Bénin est le 54ème pays africain à avoir signé l’accord sur la Zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf) de l’Union Africaine. Cela, au même moment que le Nigéria. C’était à l’occasion du lancement officiel 07 juillet 2019 à Niamey au Niger. Plusieurs raisons expliquent le retard observé par le Bénin et le Nigéria pour entrer dans les rangs.

Le Bénin et le Nigeria, deux des pays qui n’avaient pas encore signé l’accord sur la Zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf), ont adhéré, dimanche 7 juillet 2019 lors de l’ouverture du 12ème sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine à Niamey. Le président béninois, Patrice Talon, et son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, ont signé l’accord au Palais des Congrès. En effet, ces deux pays voisins ont pris leur temps pour comprendre les tenants et aboutissants de l’accord afin de ne pas se tromper. Représentant le président Muhammadu Buhari en 2018 à l’ouverture des assemblées générales annuelles d’Afreximbank, la ministre des Finances nigériane, Kemi Adeosun, expliquait : « Nous devons faire les choses correctement et c’est pourquoi nous devons suivre tous les processus raisonnables, afin que nous puissions dire que nous avons fait tout ce que nous sommes censés faire». Cette même démarche du Nigéria a été adopté par le Bénin afin d’éviter des erreurs dues à la précipitation. Adopté et ouvert à la signature le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda, l’Accord sur la Zlecaf a enregistré, à sa naissance, 44 signatures. A peine une année plus tard, le nombre de signatures est passé à 54 avec la signature du Bénin et du Nigéria, lors de son lancement officiel à Niamey. L’Érythrée le reste seul pays qui traîne encore les pas. La Zlecaf doit, à terme, constituer un marché de 1,2 milliard de personnes et permettre de faire passer les échanges intra-africains de 15% à 60%, selon l’Ua, et constituer « un pas vers la paix et la prospérité ».

Talon - BuhariLe Bénin et le Nigéria, deux alliés commerciaux

Le Bénin et le Nigéria ont eu des problèmes frontaliers et des divergences économiques auparavant, mais depuis quelques années, ces deux pays voisins entretiennent de très bonnes relations. En témoigne l’inauguration du poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké (frontière bénino-nigériane) le mardi 23 octobre 2018 par Muhammadu Buhari et Patrice Talon. Construit sur une superficie de près de 17 hectares, ce poste de contrôle devrait contribuer à la réduction des coûts liés au commerce et à la logistique entre le Bénin et le Nigeria. Il favorise l’accroissement du commerce inter-régional, l’amélioration de la coopération et de la sécurité transfrontalière et le partage de renseignements entre  les agences de contrôle des frontières. En août 2016, ou le chef de l’Etat Patrice Talon s’était rendu au Nigéria, quelques mois après son investiture, les deux hommes avaient fait le tour des sujets de coopération entre leurs deux pays. « Nous sommes dans une situation un peu complexe parce que le Bénin a besoin de vendre des produits made in Cedeao sur le Nigeria de manière libre (…). Mais au même moment, nous devons veiller à ce que les produits qui ne sont pas autorisés d’importation au Nigeria ne passent pas par le Bénin de manière trop aisée », avait déclaré le chef de l’Etat béninois qui a émis le vœu que les produits béninois puissent pénétrer facilement le marché nigérian. Il a reçu la promesse de Muhammadu Buhari d’instruire la douane nigériane de faciliter les échanges commerciaux licites. La dernière visite de Talon au Nigéria remonte au 20 juin 2019. C’est dire qu’une nouvelle ère de coopération entre les deux pays a vu le jour depuis l’avènement du chantre de la Rupture.

Marcus Koudjènoumè