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cccccLa révision de la Constitution était au centre des échanges politiques à la Fondation Friedrich Ebert, jeudi 30 mars 2017 à Cotonou. Abraham Zinzindohoue, Mathias Hounkpè, Ibrahim Salami et Orden Alladatin ont évoqué, sous l’œil attentif du Prof Maurice Ahanhanzo-Glèlè, les tenants et aboutissants du projet soumis par l’Exécutif à l’attention des députés.
Le débat se fait de plus en plus vif autour du projet de révision de la Constitution cher au chef de l’Etat, Patrice Talon. Comme à l’accoutumée, pour dépassionner le débat, la Fondation Friedrich Ebert a invité quelques personnalités à échanger autour du thème « Révision constitutionnelle, parlons-en» jeudi 30 mars 2017, à son siège à Cotonou. Malgré les avis parfois tranchés, et,  à première vue,  contradictoires, les débatteurs se sont entendus autour de l’essentiel : le texte malgré des avancées, reste perfectible dans le fond et la forme. En  effet, en  introduisant les échanges, le journaliste Georges Amlon s’est efforcé de mettre les intervenants devant une question essentielle : « Qui est contre la révision de la Constitution ? » a-t-il demandé. Pour l’ancien ministre Abraham Zinzindohoué, la Constitution n’étant pas un « fétiche », rien ne  s’oppose à sa révision. C’est d’ailleurs, a-t-il poursuivi, ce qui lui permet de s’adapter à l’évolution de la société.  Pour le politologue Mathias Hounkpê également, « rien ne s’y oppose ». Seule exigence qui lui tient à cœur : éviter que le processus ne heurte l’Etat de droit et la démocratie, c’est-à-dire les souhaits et intérêts du peuple. Quant au  professeur Ibrahim Salami, la révision ne peut être l’affaire de quelques juristes. Il faut y intéresser les populations. En réponse, le député Orden Alladatin a rappelé  le contexte politique et les  termes  de la campagne du président de la République. Ce qui, en partie, a logiquement abouti à  la mise en place de la Commission en charge des réformes politiques et institutionnelles, dont les 30 membres se sont prononcés en amont sur le projet. Pour Orden Alladatin,  le chef de l’Etat, Patrice Talon, avait d’abord voulu, dans un premier temps, consulter le peuple. Mais, il s’est vu opposer  l’exigence des jurisprudences de la Cour constitutionnelle, selon lesquelles la consultation du Parlement reste primordiale et incontournable.
 « Les quatre intervenants ont reconnu les avancées proposées par le nouveau texte »
 Abraham Zinzindohoué a,  alors, renchéri, et rappelé que « le peuple peut participer au processus de différentes manières ». Selon lui, dès  le départ, le chef de l’Etat, Patrice Talon, a fait montre de son souci d’avoir le « consensus » autour de son projet.  D’où la composition de la Commission Djogbénou qui a fait la part belle à toutes les composantes et couches de la société.  L’ancien ministre de la Justice s’est ensuite, dit optimiste, depuis que l’intervention du  président de la République a ouvert une brèche  pour les discussions et amendements, et dit que son texte est « perfectible ». A cela s’ajoute, le rejet de la procédure d’urgence par les députés. Le débat est donc ouvert. Le reste des échanges s’est fait autour du contenu du texte. Si les quatre intervenants ont tous  reconnu les avancées proposées par le nouveau texte, chacun a fait part de son état d’âme et ses critiques. Que ce soit sur la question du mandat unique, l’immunité des ministres et députés, l’inamovibilité des magistrats, le financement des partis politiques, la composition de la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, la Haute cour de justice, l’impunité, rien n’a été laissé au hasard. On peut retenir, après les deux heures de débat, le souhait de tous sur le fait que le nouveau texte soit rédigé par un comité de lecture, afin d’éviter ce qui peut apparaître comme des dispositions contradictoires. Pour sa part, le Professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè a invité la classe politique à ne pas s’éloigner de l’esprit et la lettre de la Constitution actuelle dans le fond et la forme, en sauvegardant le respect des libertés individuelles.
 W.N