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SONIA-CHANTEUSEOlga Sonia Houssa est une artiste chanteuse béninoise qui s’est fait connaître du public en 2004. 11 années de carrière musicale, trois albums. Sonia a été absente de la scène pendant 5 années au cours desquelles, elle a souffert d’une terrible maladie. Rencontrée cette semaine, celle-là qui a beaucoup touché le cœur des mélomanes à travers son morceau « Vidomègon » revient sur son parcours. Elle évoque ce passé douloureux, ses difficultés et son envie de donner le meilleur d’elle-même sur le plan musical. Lisez-plutôt.

Le Matinal : Sonia n’est plus tellement présente sur la scène musicale comme les années antérieures. Qu’est-ce qui se passe ?

 Sonia : Je ne suis plus sur scène comme les années antérieures parce que je me retrouve seule à tout faire. Je n’ai personne pour me soutenir musicalement. Je n’ai plus de producteur ni un promoteur. C’est difficile quand on n’a personne pour nous aider dans ce qu’on fait. Je me retrouve seule à faire l’album et la promotion. C’est la raison pour laquelle on ne me voit plus comme ça. J’ai besoin d’un producteur pour que le don qui est en moi, le talent qui est caché en moi ne meurt pas.

 Vous aviez opté pour le Tchink. Mais à un moment donné, vous avez décidé de faire du gospel. Pourquoi ce choix ?

J’ai choisi de chanter pour Dieu parce que après mon 2ème album « Lémidjrodo » en 2008, j’ai été vraiment secouée par une maladie grave. Une maladie qui a failli m’amener dans la tombe. J’ai souffert de ce mal pendant 5 ans. Je ne savais plus que j’allais vivre. Donc j’ai vu la main de l’Eternel dans ma vie. J’ai vu la grandeur de l’Eternel, la manière dont il m’a assistée dans cette épreuve. Ma guérison a été un miracle. C’est là que j’ai décidé de glorifier Dieu. Je me suis dis que la meilleure manière de le faire, c’est de lui consacrer ce que je sais faire le mieux : chanter. J’ai voulu témoigner de ce que l’Eternel a fait pour moi. C’est pourquoi, j’ai chanté « Gblagada ». J’ai fait sortir cet album pour dire à mes fans qu’à part Dieu, il n’y a plus personne qui soit capable de faire des miracles. Il est l’infini. Donc, j’ai vu la grandeur de l’Eternel dans ma vie. Moi, j’étais toujours avec Dieu. C’est juste que dans cette maladie, je l’ai découvert autrement.

 Cette nouvelle aventure musicale avec Dieu, comment l’avez-vous trouvée ?

L’aventure avec Dieu a été fructueuse. Mais j’ai constaté que certains chrétiens évangéliques sont des hypocrites. Ils ne portent pas Dieu dans leur cœur comme ils le chantent jour et nuit. C’est quand je suis rentrée dans le gospel que j’ai découvert que les gens abusent. Moi, j’ai chanté pour remercier l’Eternel pour tous ses bienfaits. Mais d’autres prennent le nom du Seigneur pour s’enrichir. C’est ce que je dénonce. Ils chantent Dieu mais ne l’adorent pas vraiment. L’exemple que je donnerai, souvent quand j’invite mes frères et sœurs à un de mes concerts, ils ne viennent jamais. Mais comment aiment-ils Dieu alors ? Celui qui adore Dieu, doit se consacrer à ses œuvres. Ces attitudes m’ont beaucoup découragé. Mais je ne cesserais jamais de louer mon Seigneur.

 Rappelez-nous votre parcours musical.

J’ai 3 albums. Le 1er album « Vidomègon » sorti le 20 août 2004, sur lequel, je dénonçais la maltraitance des enfants placés. Le second, c’est « Lémidjrodo » que j’ai réalisé en 2008. Il a été officiellement lancé le 19 décembre 2008. Et le 3ème « Glagada » qui est sorti le 22 novembre 2013. Je suis à mon 3ème album actuellement mais j’ai encore des tas de chansons qui figurent sur mes albums mais qui ne sont pas encore connues. Parce que je n’ai pas pu réaliser tous les clips. Je veux encore chanter, mais il me faut de l’aide.

 Avez-vous des projets ? Un album en préparation ?

J’ai des projets. Mes albums sont là et je n’ai pas fini de les promouvoir. Du 1er au 3ème opus, il y a encore beaucoup de chansons que mes compatriotes ne connaissent pas parce que je n’ai pas réalisé tous les clips. C’est parce que je suis limitée sur le plan financier.

 Sonia est mère de combien d’enfants ?

Je suis mère de 3 enfants, deux garçons et une fille. Je suis célibataire avec enfants.

 Célibataire ? Pourquoi ?

On dit qu’on a épousé quelqu’un quand on est légalement marié avec la personne. Je vis en concubinage. Donc je ne suis pas mariée parce que celui avec qui je vis, ne m’a pas encore amené à la mairie. Donc je suis célibataire avec enfants.

 Quelles sont vos relations avec les autres artistes béninois ?

Je peux vous dire que je suis peinée de ce que les gens pensent de nous à l’extérieur. Je préfère donc rester dans mon coin. Certains artistes béninois font des rythmes qui viennent d’ailleurs. On ne nous reconnaît pas à travers notre musique. Et ça me gène beaucoup. Moi, j’ai opté pour le Tchink. Chacun peut travailler nos rythmes et donner une valeur ajoutée à notre musique. Je ne peux pas collaborer avec des gens qui renient leur identité. Si j’amène le « Gota » sur scène, ça impressionne. Il en est de même pour les calebasses dans l’eau ; cela donne un son extraordinaire. C’est ce que les gens veulent de nous. On ne peut pas laisser notre culture et aller s’attacher à d’autres. Je demande vraiment de l’aide. Je veux que quelqu’un m’épaule afin que je relance ma carrière.

 Propos recueillis par Valentine Bonou Awassi