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Sans titre-1Le fameux Comité de la Résistance composé de l’aile dure de l’opposition a effectué une sortie politique la semaine écoulée. A lire avec attention la déclaration de ses membres, on se rend compte que cette sortie ne fait que confirmer quelques pistes fiables pour identifier les commanditaires des violences que le pays a connues.

La justice continue d’enquêter dans le but d’élucider les évènements des 1er et 2 mai 2019 à Cotonou. Alors que le dossier est en instruction, des acteurs de l’opposition soutenant l’ancien Chef de l’Etat ont effectué une sortie politique au cours de laquelle ils ont fait des  déclarations qui n’échappent pas à la vigilance.  Morceaux choisis : « Encore faut-il le rappeler. C’est pendant que la résistance de ses militants et personnalités y compris lui-même Yayi Boni, se menait pour la liberté et l’Etat de droit et surtout pour des élections inclusives que le pouvoir a séquestré ce dernier ». Cette phrase renvoie à l’idée d’un plan monté qui devrait aller à son terme mais stoppé. Les évènements des 1er et 2 mai auxquels l’opposition fait sans doute allusion ne sont donc pas des mouvements spontanés, mais planifiés et organisés par certains leaders qui commencent par enlever le masque. La résistance en question devrait donc passer par ces événements pour obtenir des élections inclusives. Du fait que tout est parti de Cadjèhoun, où habite l’ancien chef de l’Etat, cela laisse croire que c’est Yayi Boni qui devrait prendre  la tête des événements. La déclaration a clairement spécifié que l’ancien chef de l’Etat  était embarqué à l’instar de certains leaders de l’opposition dans une lutte pour les élections inclusives. C’est assez clair. Quand on sait qu’entre le 28 avril et le 1er mai il n’y a eu que quelques jours, on peut tirer des conclusions. L’autre déclaration inconséquente des acteurs politiques de l’opposition, c’est d’avoir félicité les meneurs de Tchaourou. Ils ont été péremptoires. « Le comité national de résistance rend un vibrant hommage à tous les martyrs qui sont tombés à Cotonou, Kandi, Kilibo, Tchaourou, Savè sous les balles parce que réclamant un peu de liberté, de justice et de droit ». Une lecture sereine de cette partie de la déclaration laisse penser que les différents troubles orchestrés dans ces différentes localités avaient une même cause à savoir la défense de la liberté. A partir de cet instant, on peut prendre le risque de pousser la réflexion plus loin. Si les leaders de l’opposition admettent eux-mêmes que c’est pour les  mêmes raisons qu’il y a eu les évènements de Cotonou, Tchaourou, Savè et Kilibo, est-ce qu’ils ne révèlent pas que ces troubles avaient aussi un ou des commanditaires communs? Veulent-ils dire que les « résistants »’ morts ou vivants qui ont pris part aux événements sur les théâtres de violences sont en mission pour la même cause? Si oui, qui les envoyait en mission ? Les leaders résistants ? En tout cas, cette sortie politique aura permis de comprendre encore plus l’intention qui animait certains leaders dans le cadre des évènements successifs qui se sont déroulés. Il y a peut-être quelques pistes qui peuvent certainement servir à des témoignages.

L’erreur à ne pas commettre

Les leaders de l’opposition sont sur une pente raide. Ils négocient crânement leur légitimité en persistant dans leur fameuse résistance. Alors que l’accalmie est revenue et que le pays négocie une sortie de crise apaisée, certains irréductibles se fendent de déclarations incendiaires pour appeler à la résistance. Ces comportements issus de personnes autrefois dans l’appareil d’Etat détruisent toute ambition de construire une atmosphère pacifiée. Le risque dans ce jeu de l’opposition c’est sa perte totale de crédibilité. Ces, ces acteurs ne seront plus suivis par leurs militants dont certains ne sont pas prêts à les suivre dans leur logique de la violence aveugle. Ceci a d’ailleurs commencé avec les désertions notées dans le rang de certaines composantes de l’opposition et les divergences de vue notées au niveau de l’ensemble de l’opposition comme le Pcb. A cette allure, le vide va se créer bientôt. Dans tous les cas, les militants n’ont pas les mêmes objectifs que ces leaders et beaucoup parmi eux n’accepteront pas de se lancer dans cette aventure sinueuse qui exposera leur vie et leur progéniture.

Abdourhamane Touré