Spread the love

65d5e3c0-4401-4019-8259-ffce9a0d04ffUn nouveau docteur dans les rouages de l’université d’Abomey-Calavi. Son nom Jacques Epiphane Bio Guerra. Face à un jury composé des Béninois Paulin Hountondji, Vincent Ayéna et Gervais Kissezounon, du sénégalais Bado N’Doye, de l’ivoirien Thiémélé Ramsès Boa et présidé par le professeur Bienvenu Koudjo Jacques Epiphane Bio Guerra  a défendu avec brio le fruit de ses trois années de recherches dont le thème est  » Technoscience et rectification: Une lecture croisée de Michel Henry et de Jürgen Habermas. Il s’en est sorti avec la  mention très honorable. 

Quatre heures d’horloge, Jacques Epiphane Bio Guerra, l’impétrant au titre de docteur en philosophie  n’a pas manqué de séduire le jury par la qualité de son travail. La soutenance de thèse a eu lieu hier 20 mars 2018 dans l’amphithéâtre de la Flash. Au finish, il s’en sort avec les mentions suivantes : sujet original et d’actualité, démarche appréciée, discussions autour des résultats appréciés etc. Alors Jacques Epiphane Bio Guerra est proclamé docteur en philosophie morale et politique de l’UAC avec la mention très honorable . La problématique de son sujet porte sur les regards que portent Michel Henry et Jürgen Habermas sur la réalité de ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui technoscience. Dans son travail l’impétrant a opté  pour l’approfondissement du champ d’analyse en l’amenant sur l’homme mais sous un prise apocalyptique. En effet, le choix de Michel Henry et de Jürgen Habermas apparaît paradoxal dans le cadre de ce travail. Une telle union, de ces deux que le souvenir d’une partie assez sombre et triste de l’histoire a longtemps prédisposés à la désunion pourrait être taxée de contre nature. Michel Henry, de nationalité française et Jürgen Habermas, Allemand d’origine, tous deux témoins oculaires du tristement célèbre chaos occasionné par les deux horribles guerres, conjuguent leurs efforts, comme une sorte de prophétie, mieux comme dans une sorte de futurologie, l’un pour dénoncer la « barbarie » qui résulte de la science et de la technique et l’autre pour fustiger l’idéologie qui en découle. Tous deux se refusent de demeurer prisonniers d’une technoscience triomphaliste réificatrice de l’homme. Face à ce tableau sombre que présente l’avenir de l’humanité au regard des enjeux de la technoscience, des questions se posent. L’avènement de la technoscience n’augure-t’elle pas la fin de l’aventure humaine sur terre? La volonté manifeste et tenace des technoscientifiques de parfaire le genre humain demeure t’elle la voie royale de ma réification de l’homme? Faut-il enfin rompre avec la technoscience?  Jacques Epiphane Bio Guerra pense qu’il est possible d’envisager de pistes de solution pour une technoscience á visage humain. Il estime  qu’en évaluant les inquiétudes qui surgissent des progrès technoscientifique, on peut dans un premier temps, exclure tout extrémisme pour nous inscrire dans la logique du juste milieu. Inéluctablement, ce juste milieu pourrait bien conduire à puiser d’autres approches de solutions dans l’humanisme africain. Par ce travail qui sonne l’actualité, Le nouveau docteur en philosophie confirme l’affirmation selon laquelle « les philosophes ne sortent pas de terre comme des champignons ; ils sont les fruits de leur temps, de leur peuple, dont la sève la plus subtile, la plus précieuse et la plus secrète circule dans les idées philosophiques ».

      Jockvien Tchobo